jeudi 2 octobre 2025

Nuno Mendes, roi de Barcelone

On peut l'affirmer avec certitude et aplomb désormais: le PSG possède dans ses rangs les deux meilleurs latéraux du monde avec Hakimi et Nuno Mendes. Qui sur la planète football arrive ne serait-ce qu'à la cheville de ces deux phénomènes? On pourra toujours citer des joueurs tels que Grimaldo, Baldé, Cucurella, Dumfries, Trippier, Llorente ou Frimpong (nous ne mentionnerons pas Cavajal par pure décence), mais ces spécialistes du poste, tous excellents au demeurant, semblent à l'heure d'aujourd'hui à des années-lumière des deux flèches parisiennes. Comme l'a justement fait remarquer Daniel Riolo (loin de se montrer toujours cohérent dans ses propos, notamment envers le PSG, lui qui avait surnommé Luis Enrique Géo Trouvetou et afiirmé que le technicien espagnol menait le club dans le mur, nous ne sommes pas amnésiques à LPC), et même si comparaison n'est pas raison, pour trouver trace d'une telle qualité, il faut remonter à des monstres sacrés du jeu comme Nilton Santos, Brehme, Cafu, Roberto Carlos, Amoros, Zanetti, Lizarazu ou plus récemment Lahm, Ashley Cole, Dani Alves ou Jordi Alba. Les deux joueurs de couloir parisiens, auteurs d'une saison dernière exceptionnelle, appartiennent clairement à cette classe de joueurs là. Et, à respectivement 26 et et 23 ans, ils ont encore de belles années devant eux, et l'heure est loin d'être au bilan en ce qui les concerne.

 

Eminemment modernes dans leurs caractéristiques et leur jeu, les deux compères ont perpétué l'héritage laissé par Lahm et Dani Alves, deux latéraux qui pouvaient évoluer dans l'entre-jeu, participer à la construction des actions, s'intégrer avec aisance dans les mouvements offensifs. Même si Nuno Mendes est sans doute davantage de la race des purs contre-attaquants, comme l'a montré sa chevauchée sur l'égalisation de Mayulu à Barcelone, au contraire d'Hakimi qui officie souvent dans le fait comme quatrième milieu, il possède également cette qualité de savoir prendre part aux attaques placées (n'oublions pas par exemple qu'il a planté un but capital dans le parcours triomphal de son club contre Aston Villa au Parc dans les arrêts de jeu). A son arrivée dans la capitale en 2021, on percevait les qualités intrinsèques extraordinaires du garçon (vitesse, accélération, puissance physique, explosivité) mais il avait encore un côté chien fou et immature qui a maintenant presque complètement disparu, même s'il est toujours capable de rares oublis défensifs. A 23 piges, il incarne le latéral gauche contemporain idéal, et le plus effrayant est qu'il possède sans doute encore une certaine marge de progression.

 

La saison dernière fut celle de tous les tests et examens de passage pour le défenseur portugais, qui avait dû se coltiner des Salah et Saka, qu'il avait tranquillement mis dans sa poche (l'Egyptien est resté muet face à Paris et, même si l'international anglais a marqué au Parc, il n'avait pas eu son influence habituelle sur le jeu des Gunners). Hier soir, on lui prédisait l'enfer face à Lamine Yamal, la nouvelle coqueluche des anciens fans de Vinicius (désormais has been) et des adolescents acnéiques. Or, après avoir subi quelques gestes estampillés YouTube en début de rencontre, il a totalement pris la mesure du petit génie espagnol, qui a progressivement disparu de la circulation, à l'image de son équipe. Et il ne s'est pas contenté de défendre et de boucler son couloir: meilleur Parisien sur la pelouse, c'est lui qui a impulsé le retour des siens après l'ouverture du score blaugrana, transpercé les rangs adverses balle au pied pour offrir l'égalisation à l'improbable Senny Mayulu, préféré à Gonçalo Ramos en pointe et auteur de son troisième pion en Champions League. C'est finalement Koundé qui a fait connaissance avec la version 2025 de Nuno Mendes, tout simplement inarrêtable et irrésistible, hyperactif de la première à la dernière minute et qui a littéralement porté son équipe vers un succès important et symbolique que peu auraient pronostiqué au vu du nombre d'absents côté parisien. Elu homme du match, le Portugais a éclaboussé le match de son talent.

 

Buteur décisif après son entrée en jeu comme souvent, Gonçalo Ramos a rendu hommage à son coéquipier et compatriote, qui quelques minutes avant son action décisive était encore allongé au sol après une vilaine semelle de De Jong ("ça reste pas, ça glisse", copyright Stéphanie Frappart), l'adoubant meilleur latéral du monde. Dans les colonnes de L'Equipe, l'ancien milieu parisien Vincent Guérin a tenu à saluer la performance du jeune Portugais et son rôle essentiel dans la rencontre: "C'est Nuno Mendes qui a sonné la révolte avec sa percée exceptionnelle sur ce but. C'est typiquement ce genre d'accélération qu'il faut placer contre une équipe comme le Barça, qui défend très haut. C'est une action de très grande classe, arrivée en effet au très bon moment, juste avant la pause. Si Paris avait été mené à la mi-temps, on n'aurait sûrement pas assisté à la même seconde période". Et Hakimi, une nouvelle fois excellent, ne fut pas en reste, lui qui a mis Rashford sous l'éteignoir, signé quelques slaloms spéciaux maison et offert un caviar à Ramos pour le but de la victoire. On peut simplement regretter que Luis Enrique n'ait pas souhaité recruter de doublures pour ses deux latéraux, essentiels dans l'expression collective de son équipe et qui mériteraient de souffler de temps à temps, d'autant que le Marocain va participer à la CAN. Mais, par les temps qui courent, il est difficile de critiquer les choix de l'entraîneur espagnol, qui a eu l'intelligence de faire jouer Nuno Mendes un cran plus haut en fin de match pour lui éviter un deuxième carton jaune tout en profitant de ses aptitudes offensives.

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