mercredi 28 janvier 2026

L'exception Hoffenheim

Hoffenheim est une bourgade de 3000 habitants située dans le Land du Bade-Wurtemberg, au sein de la municipalité de Sinsheim, au sud de l'Allemagne, à une centaine de kilomètres de Stuttgart. Son club de football, le Turn und Sport Gemeinschaft (TSG, à ne pas confondre avec une célèbre équipe parisienne), propriété du milliardaire Dietmar Hopp, qui a fait fortune dans l'informatique, a été fondé en 1899 et a évolué en huitième division jusqu'à l'arrivée de l'homme d'affaires. Grâce aux investissements de cet ancien joueur du club, le TSG parvient à monter jusqu'en troisième division, puis finalement jusqu'à l'élite en 2008, avec un certain Ralf Rangnick, ancien entraîneur de Schalke 04, du VFB Stuttgart et du Hanovre 96 qui officiera ensuite sur le banc de United et occupe aujourd'hui le poste de sélectionneur de l'équipe nationale d'Autriche. 

 

La présence du TSG en Bundesliga relève non pas du miracle, parce que ce sont bien les thunes injectées pendant des années par Hopp, le recrutement de joueurs de qualité et la nomination de Rangnick qui lui ont permis de grimper tous les échelons jusqu'au sommet, mais de l'exception footballistique. On ne voit comme possible équivalent sur le continent que l'En Avant Guingamp, équipe d'une petite ville de 7000 âmes qui avait accédé à la première division en 1995, remporté deux coupes nationales en 2009 et 2014 et participé à la Ligue Europa en 2014-15. La ville de Côme, dont l'équipe signe actuellement un parcours remarquable en Serie A, comptait plus de 80000 habitants en 2018 et Oviedo, qui risque malheureusement de redescendre vite fait en Liga 2, plus de 200000. Burnley, qui va également regoûter aux joies du Championship, s'appuie sur une population de 80000 résidents.

 

Les résultats du TSG cette saison dépassent l'entendement, puisque l'équipe occupe tout simplement la troisième place du classement de Bundesliga devant le RB Leipzig et avec seulement trois points de moins que le Borussia Dortmund. Sous les ordres de l'Autrichien Christian Ilzer, l'équipe s'est adjugée douze succès en dix-neuf journées, se payant notamment le scalp du Bayer Leverkusen, du RB Leipzig et de l'Eintracht Francfort. Hoffenheim possède la deuxième meilleure attaque du championnat derrière vous savez qui avec quarante buts marqués (une moyenne supérieure à deux pions par match, vous aurez fait le calcul, fidèle et avisé lectorat) et la troisième défense avec seulement 22 buts concédés. Son bilan à l'extérieur est tout simplement époustouflant, avec six victoires, trois nuls et une seule défaite sur le terrain de vous savez qui. D'ores et déjà quasiment assurés de terminer parmi les six premiers, les partenaires de Kramaric, nantis de douze unités d'avance sur Fribourg, septième, peuvent rêver à une qualification pour la prochaine Champions League.

 

Nous n'allons pas vous faire croire que nous nous farcissons les matches du TSG chaque week-end et connaissons l'effectif sur le bout des doigts, mais nous sommes allés la pêche aux informations sur internénette. Quelques noms ressortent du lot, comme celui de Kramaric, meilleur réalisateur du club et toujours fringant à 34 piges, du portier Oliver Baumann, au club depuis 2014, du Tchèque Vladimir Coufal, ancien de West Ham, de Kabak, sélectionné en équipe de Turquie pour la première fois en 2019, ou du milieu international autrichien Alexander Prass. Les Hajdari, Bernardo, Avdullahu, Burger, Asilani, Moerstedt ou Lemperle (meilleur buteur avec six réalisations) ne vous disent sans doute strictement que dalle, et c'est bien légitime, comme disait monsieur Manatane. Il n'empêche que la saison prochaine, il y aura peut-être au menu du Hoffenheim-Barcelone, du Hoffenheim-PSG ou du Hoffenheim-Inter Milan. Qu'on se le dise dans les chaumières, ce club pas comme les autres n'a sans doute pas fini de faire parler de lui.

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