Depuis environ cinq ans, le Betis Séville fait partie des meilleures équipes de la Liga et décroche régulièrement une qualification européenne (sixième en 2021, cinquième en 2022, sixième en 2023, septième en 2024 et sixième en 2025), glanant même un Copa del Rey au passage en 2022. Le club a récemment vu passer dans ses rangs des joueurs comme Lo Celso, Juanmi (20 pions en Liga en 2021-22), Borja Iglesias ou Isco et pratique généralement un football léché et agréable, dans le plus pur style espagnol. Hier, les hommes de Manuel Pellegrini (remarquable technicien, qui a emmené Malaga jusqu'en quart de finale de Champions League et remporté un titre avec City) se sont imposés sur le terrain de l'Atletico Madrid pour s'installer à la cinquième place, quatre unités devant l'Espanyol. Malgré un surprenant revers à Alaves, ils viennent de prendre dix points sur les cinq dernières journées, s'offrant notamment un succès contre Villareal.
Unique buteur au Metropolitano, le héros inattendu de la saison andalouse se nomme Antony, qui s'était totalement perdu à United (comme beaucoup) et a littéralement ressuscité sous la tunique verte et blanche. Acheté 95 millions par le club mancunien à l'Ajax en 2022, le Brésilien n'a marqué qu'une douzaine de buts en trois ans et une centaine de matches avec les Red Devils. Prêté lors du mercato hivernal la saison dernière, il signe d'excellentes prestations avec le Betis, trouvant cinq fois le chemin des filets en Liga, ce qui pousse les dirigeants à lâcher 25 millions pour le conserver. Cette saison, il a déjà planté à six reprises en Liga et délivré quatre passes décisives et brille sur la scène européenne avec quatre pions et trois caviars en six rencontres de Ligue Europa. En quelques mois, Antony est passé du prototype de l'otarie brésilienne à un statut de joueur fiable et décisif.
On retrouve également dans le onze qui est allé chercher les trois points à Madrid le grognard suisse Ricardo Rodriguez, latéral gauche passé par Wolfsburg, le Milan AC et le Torino, l'expérimenté défenseur central Llorente (il y en a combien en Liga au juste?), qui a notamment défendu les couleurs de la Real Sociedad, ou le capitaine Ruibal, au club depuis 2020. Dans l'entre-jeu officie l'excellent Pablo Fornals, auteur de six buts et cinq assists en championnat, qui fêtera ses trente ans dans quelques jours et a été sélectionné sept fois avec la Roja. L'attaque se compose d'Antony dans un rôle de faux ailier droit, du virevoltant international marocain Ezzalzouli à gauche et de l'ancien Sochalien Bakambu, qui avait planté une jolie pelletée de pions avec Villareal il y a une dizaine d'années.
C'est une sacrée performance que de s'imposer sur le terrain de l'Atletico, réputé quasiment imprenable (seul Bodö Glimt avait réussi à y gagner cette saison) et de n'encaisser aucun but face à une attaque composée de Julian Alvarez (remplacé à la mi-temps par Sorloth) et de la clinquante recrue Ademola Lookman. Deux matches a priori abordables attendent désormais les Andalous (déplacement à Majorque, seizième, et réception du Rayo Vallecano, dix-huitième) avant le grand derby sévillan qui aura lieu le 1er mars à l'occasion de la 26ème journée. Treizième du classement avec déjà douze défaites et 38 pions dans la musette (pire défense de la Liga avec Levante), le FC Séville ne fera pas figure de favori face à une équipe du Betis qui ne cesse de progresser et d'engranger de la confiance.




Le Côme de Fabregas mériterait bien lui aussi un article de ta part.
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