lundi 2 février 2026

Pourquoi City peut encore y croire

Battus dans le derby de Manchester et tenus en échec sur la pelouse de Tottenham après avoir mené 2-0 à la mi-temps, les Citizens ont laissé Arsenal, facile vainqueur à Leeds, prendre six longueurs d'avance en tête du classement. Tout semble indiqué que le chemin vers le titre est tout tracé pour les Gunners, pour qui c'est peut-être enfin la bonne année après trois secondes places consécutives. Les hommes d'Arteta tiennent un rythme de futur champion avec 16 victoires en 24 journées et une moyenne remarquable de 2,2 points par match. Ceux de Guardiola ont laissé filer beaucoup de points et concédé cinq défaites, soit autant que le rival United, qui a opéré une jolie remontée malgré un parcours chaotique. City n'a pas su profiter de la relative mauvaise passe d'Arsenal, qui n'a pris que huit points sur les cinq dernières journées, et on pourrait penser que les Mancuniens ont laissé passer leur chance de recoller. Pourtant, les motifs d'espoir et d"optimisme ne manquent pas pour les habitués des travées de l'Etihad Stadium.

 

Un simple coup d'oeil au calendrier suffit à se convaincre que tout est encore jouable pour les partenaires de Rodri. S'ils négocient correctement leur déplacement périlleux à Anfield le week-end prochain (un vrai tournant, puisque les Gunners devraient logiquement s'imposer à la maison contre Sunderland), les Citizens resteront en embuscade avant de recevoir Fulham, Newcastle, Nottingham Forest et Crystal Palace et de se déplacer à Leeds, West Ham, Burnley et Everton. Hormis Chelsea, capable du meilleur comme du pire et qu'ils affronteront à Stamford Bridge le 11 avril prochain, City ne jouera durant huit journées aucune équipe située actuellement dans le top cinq. Obviously, comme disent les Angliches, ce n'est pas parce qu'on est devant au classement que l'on gagne nécessairement (la fameuse glorieuse incertitude du sport), mais il vaut tout de même mieux se coltiner des formations moyennes que des cadors. Et surtout, les Skyblues recevront Arsenal le 18 avril à l'occasion de la 33ème journée, eux qui sont la meilleure équipe de Premier League à domicile avec 29 points récoltés en douze réceptions. 

 

City s'est renforcé au mercato hivernal avec les signatures de l'excellent Semenyo, auteur de trois buts depuis son arrivée et qui donne le sentiment d'évoluer au club depuis cinq ans, et de Guéhi, certes coupable d'un but contre son camp au Tottenham Hotspur Stadium mais qui devrait former une redoutable charnière avec Ruben Dias, qui devrait effectuer son retour sur les terrains d'ici une quinzaine de jours (oui, nous sommes adeptes de la phrase longue et de la subordonnée relative, et si ça ne vous plaît guère, il reste toujours le 10 Sport). Cherki, à l'influence grandissante, continue de s'acclimater et de progresser, et Rodri, indispensable capitaine de route, enchaîne enfin les matches et retrouve du rythme. Et le jeune O'Reilly est l'une des révélations de la saison. Sur le banc de City dans le nord de Londres, on trouvait Reijnders, Nico Gonzalez, Foden (treize pions à eux trois), Aké et Marmoush, sans oublier Doku, légèrement touché contre Galatasaray. Autant dire que Guardiola ne manquera pas de solutions, même en cas de blessures de certains cadres.

 

En outre, et pas seulement à vin, on sait parfaitement (surtout vous, fidèle et avisé de la présente et indispensable gazette) que les Citizens sont les grands spécialistes des dernières lignes droites en boulet de canon façon Jimmy Gressier. Tant que les Gunners sentiront sur leur nuque le souffle de leur principal concurrent, ils devront composer avec une pression potentiellement écrasante et paralysante, eux sur qui reposent les espoirs de tout un peuple qui attend un titre depuis pas moins de vingt-deux piges et la fameuse année des invincibles. Trop souvent victimes de leur fragilité mentale dans les moments décisifs, les Londoniens auraient tout intérêt à se constituer un petit matelas s'ils ne veulent pas s'exposer à un retour de City, qui, rappelons-le, avait conquis son premier sacre de l'ère saoudienne dans les dernières secondes du dernier match grâce à Aguero en 2012. Attention donc pour les Gunners à ne pas se voir trop beaux trop tôt et à devoir reboucher les bouteilles de champagne façon Italie 2000 ou OM 2026.

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