L'OM a Balerdi, le PSG a Zabarnyi: à chacun son boulet, à chacun son sketch permanent, à chacun son numéro de cirque. Par sa lenteur, sa lourdeur, sa faiblesse en un contre un, sa mauvaise qualité de placement et sa capacité à commettre des bourdes irréparables, l'Ukrainien évoque un savant mélange de Lugano, Yepes et El-Karkouri, trois défenseurs parisiens qui ont autant marqué les mémoires que les chevilles adverses. Véritable tour de force, l'ancien joueur de Bournemouth (tout comme Huijsen, qui a sombré corps et biens avec le Real) parvient à rendre Pacho, habituellement impérial, vulnérable, et à fragiliser l'ensemble de l'arrière-garde de son équipe. Contre Marseille, Marquinhos était titulaire et Paris n'a jamais été mis sérieusement en danger. A Rennes, c'est Zabarnyi qui officiait aux côtés de l'Equatorien, et les hommes de Luis Enrique en ont pris trois: le constat est aussi simple qu'imparable.
On se demande comment une cellule de recrutement a priori aussi compétente que celle du PSG, qui a fait signer des Vitinha, des Joao Neves et des Pacho, a pu convaincre les dirigeants de claquer la bagatelle de 65 millions pour ce type. Pour être franc, à l'instar de Clovis, nous ne le connaissions pas et faisions confiance aux décideurs parisiens, qui étaient allés chercher Pacho à l'Eintracht Francfort. Force est de constater qu'avoir mis une telle somme sur un joueur aussi moyen relève de l'aberration pure et simple. Voici une liste non exhaustive de défenseurs centraux qui auraient largement fait l'affaire à moindre coût: Lenny Yoro, qui cire le banc de United, Bafodé Diakité, Samson Baidoo, Malang Sarr, Rasmus Nicolaisen, Nathan Ngoy, Jean-Clair Todibo, Wilfried Singo, Lucas Hogsberg, Moussa Niakhate, Kevin Danso, Cristian Romero, Matthijs De Ligt; Cristhian Mosquera, Axel Disasi, Malick Thiaw, Ramy Bensebaini, Min-jae Kim, Marc Pubill, Juan Foyth, Diego Llorente, Pierre Kalulu, Sam Beukema, Pervis Estupinan, Obite Evan Ndicka, En y réfléchissant deux secondes, on en trouve une trentaine.
Qui aujourd'hui, à part Zabarnyi, peut prétendre à une place en charnière centrale aux côtés de Pacho? Un Marquinhos déclinant, qui peut encore faire le taf en Ligue 1 mais peine face aux meilleurs attaquants du continent et auteur d'une prestation catastrophique contre le Bayern. Un Lucas Hernandez qui n'a plus rien à faire en sélection, reste très loin de son niveau bavarois et prend un rouge un match sur deux. Un Beraldo qui ne progresse pas d'un pouce, dont on se demande toujours ce qu'il fait là et ne pourra plus jouer les utilités en coupe de France. Bref, comme l'écrivait le grand Charles, le néant vaste et noir. Comment un club de la dimension du PSG, champion d'Europe en titre et plein aux as en prime, a-t-il pu en arriver là? Comment est-ce possible de se mettre en danger tout seul comme un grand dans un secteur aussi crucial que la défense centrale? Pourquoi miser sur un obscur Ukrainien de milieu de tableau en Premier League quand on peut s'offrir à peu près qui l'on veut? On en viendrait presque à regretter Skriniar.
Au-delà du cas Lucas Chevalier, qui est encore très jeune pour un gardien, à qui il faut laisser du temps et qui en prime est pour l'instant supplée par un Safonov qui donne plutôt satisfaction, le PSG pourrait payer au prix fort sa propension à vouloir se croire plus malin que tout le monde et à donner dans les signatures pour le moins surprenantes. Comment réconcilier un discours qui consiste à répéter qu'on ne veut pas recruter pour recruter, que doubler les postes pourrait semer la zizanie dans le vestiaire, avec le fait de sortir le chéquier pour attirer un défenseur ukrainien qui doit cohabiter avec un gardien russe? Si la situation géopolitique n'était pas aussi préoccupante, on friserait le comique. Pendant ce temps, des équipes comme Arsenal, qui peut compter sur Saliba, Gabriel et Mosquera, ou le Bayern, qui s'appuie sur Upamecano, Tah et Kim, attendent dans l'ombre le tenant du titre. Si tant est que ce dernier franchisse l'obstacle monégasque.




Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire