dimanche 28 septembre 2025

Monaco, l'alerte rouge

Evidemment, il n'y a pas encore le feu à la maison, puisque l'AS Monaco compte douze points et quatre succès après six journées et occupe le premier quart du classement, en attendant les résultats lillois, lyonnais, lensois et rennais. Mais cette seconde défaite consécutive à l'extérieur après la déroute brugeoise et ces sept buts encaissés en deux déplacements a priori guère insurmontables pose question. L'ASM peine à remporter ses matches facilement et confortablement (sept buts inscrits après la 80ème minute), arrive trop rarement à contrôler une rencontre et à se mettre à l'abri et concède trop de buts, même face à des adversaires supposés inférieurs. Le premier bilan reste insuffisant et problématique pour une formation qui se présente comme l'une des meilleures de l'hexagone et prétend à un podium en fin de saison. Toujours positif et optimiste, Adi Hütter semble à court de solutions et son équipe semble bien fragile à l'heure de recevoir Manchester City à Louis II, un rendez-vous déjà capital pour éviter un zéro pointé après deux journées de Champions League qui ferait très mauvais genre.

 

La préoccupation majeure provient du secteur défensif, puisque les partenaires de Maghnes Akliouche ont déjà encaissé la bagatelle de quatorze pions en sept matches disputés. Avec une arrière-garde aussi friable et poreuse, il convient de ranger les ambitions au placard, et on se demande comment les dirigeants ont pu faire confiance à une charnière centrale aussi lente et lourde que celle formée par Kehrer et Dier, deux joueurs très largement surcotés (ils sont tous deux internationaux) et enclins aux bourdes dont l'expérience ne suffit pas. Ils ont également laissé filer Singo à Galatasaray et Matsima à Augsburg, grave faute de goût si l'on considère le faible niveau des centraux à la disposition de l'entraîneur autrichien. Sur les flancs, Caio Henrique possède un bon pied, notamment sur coup de pied arrêté, mais se voit pénalisé par une lenteur rédhibitoire et Vanderson fait ce qu'il peut dans le marasme ambiant. En prime, le club pensait avoir réglé son problème au poste de gardien en faisant signer le très fiable Hradecky, mais le portier finlandais s'est blessé au genou et c'est Philip Köhn, loin d'offrir des garanties tous risques, qui a retrouvé sa place dans les cages.

 

Il faut dire aussi que le pauvre Hütter fait face à une véritable hécatombe, notamment dans l'entre-jeu, avec les absences du capitaine Denis Zakaria (la moyenne de points chute spectaculairement quand l'international suisse n'est pas là) et de son compère Lamine Camara, ainsi que de l'intermittent du spectacle Aleksandr Golovine, en attendant le retour très attendu de Pogba sur les pelouses de Ligue 1. A Lorient, le technicien monégasque s'est vu contraint d'aligner Coulibaly et Teze au milieu, joueurs de bout du banc qui ne constituent que les septième et huitième options. Exceptionnellement, il a troqué son habituel 4-4-2 pour un pour un 3-4-1-2 avec Minamino au soutien des deux attaquants, système qui n'a pas du tout fonctionné à cause notamment de l'expulsion sévère de Thilo Kehrer. Il pensait sans doute solidifier sa base défensive en alignant trois centraux de métier et en faisant jouer Caio Henrique et Vanderson un cran plus haut, mais le déroulement de la rencontre et Pablo Pagis, digne fils de son père, en ont décidé autrement. Hütter donne l'impression de ne plus savoir quoi faire pour donner une assise solide à son équipe, qui concède une pelletée d'occasions lors de chaque rencontre.

 

Son attaque ne se porte pas beaucoup mieux, puisque Mika Biereth, si brillant et redoutable la saison dernière, n'a marqué qu'une fois, et que le toujours très décevant Folarin Balogun s'est vu contraint de céder sa place dans le onze à Ilenikhena, souvent efficace en sortant du banc. Le jeune attaquant nigérian constitue l'une des rares satisfactions de ce début de saison, au même titre que Minamino, souvent obligé de porter sur ses épaules la construction des mouvements offensifs dont Akliouche, trop discret au vu de son nouveau statut d'international, est souvent absent. Les dirigeants de la principauté ont peut-être gagné un pari risqué en faisant venir Ansu Fati, déjà auteur de quatre buts en trois apparitions, mais le manque de poids du duo d'attaque titulaire ne manque pas d'inquiéter. De toute façon, les attaquants auront beau se démener et faire le boulot, l'équipe n'ira pas loin et devra immanquablement revoir ses ambitions à la baisse si elle encaisse deux buts par match, se fait ridiculiser par un néophyte de 22 ans et fait passer l'attaque du Club Bruges pour celle du Brésil 1970. Il va falloir resserrer les lignes et les rangs sous peine d'aller au devant de sérieuses désillusions.

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