lundi 19 janvier 2026

La balade d'Olise

L'espace d'un instant, on a pu croire que le Bayern, mené à la mi-temps sur la pelouse du RB Leipzig et sérieusement secoué par son adversaire du jour, allait peut-être perdre son premier match de la saison en Bundesliga. Que nenni évidemment. Les hommes de Kompany en ont tout simplement claqué cinq en deuxième mi-temps, histoire de rappeler à tout le monde qui étaient les tauliers et d'éteindre tout semblant de suspense quant à l'identité du futur champion. Voilà donc les partenaires de Kane nantis de 50 points après 18 journées (16 victoires et 2 nuls), d'onze unités d'avance sur le Borussia Dortmund et dix-sept sur Hoffenheim, surprenant troisième. Ils en outre planté la bagatelle de 71 pions, soit quasiment une moyenne ahurissante de quatre buts par match, pour une différence de buts de +57. Jamais peut-être les Bavarois n'avaient écrasé la concurrence nationale de cette manière, faisant de la Bundesliga le championnat majeur le moins intéressant du vieux continent.

 

Evidemment, Harry Kane, qui est au sommet de son art et a sans doute pris la meilleure décision de sa carrière en signant au Bayern après les années de disette avec Tottenham, contribue grandement à ce festin offensif avec ses 21 réalisations. Excellente recrue, Luis Diaz, un type pour qui le PSG aurait pu sortir le chéquier au lieu de recruter du produit de la Masia de 18 piges, en a planté neuf et offert huit caviars à ses partenaires. Gnabry, ressuscité depuis quelques mois, en a claqué six, et la révélation Lennart Karl quatre. Mais un homme n'en finit plus d'éblouir public et observateurs et de régaler ses partenaires: il s'agit bien sûr de Michael Olise, qui a changé le cours de la rencontre à Leipzig en signant un but et trois passés décisives après son entrée en jeu à la 57ème minute. L'international français en est à 10 buts et 13 offrandes en championnat et va à coup sûr terminer la saison avec des statistiques totalement dingues.

 

L'ancien joueur de Crystal Palace représente une menace singulière, puisqu'il n'évolue pas dans une position de meneur de jeu classique et axial (c'est plutôt Gnabry qui occupe ce poste, même s'il n'est pas non plus un véritable numéro dix) mais amène souvent le danger depuis le flanc droit. Cette position de faux ailier lui permet à la fois de faire parler ses qualités de dribble, de percussion et de passe et de revenir sur son pied gauche pour prendre sa chance. Son adversaire direct (le plus souvent le latéral gauche adverse) ne sait jamais si Olise, joueur imprévisible par excellence, va tenter de le déborder en un contre un pour placer un centre maison ou s'il va revenir vers l'intérieur pour combiner avec ses partenaires, se proposer pour un une-deux, trouver Kane ou Diaz dans la profondeur ou frapper lui-même au but. Défendre sur un tel trublion, capable aussi bien d'éliminer balle au pied, de parfaitement lire les appels de ses coéquipiers que de trouver la lucarne opposée d'un enroulé limpide relève tout simplement du cauchemar. Avec lui, les dirigeants du Bayern ont fait signer à la fois un maestro, un buteur et un déstabilisateur pour le prix qu'à coûté Jamie Gittens à Chelsea.

 

Les perspectives qui s'offrent à Olise lors des prochains mois et semaines doivent lui donner l'eau à la bouche et faim de trophées. Avec ce Bayern irrésistible et au sein du trio redoutable qu'il forme avec Kane et Diaz, il a les moyens de remporter la coupe aux grandes oreilles et de succéder ainsi à Ribéry. Avec les Bleus, dont il est devenu un titulaire indiscutable depuis son festival contre la Croatie (et surtout depuis son arrivée au Bayern, parce qu'on ne va pas non plus commencer à sélectionner des mecs qui jouent à Crystal Palace), il visera rien moins que le titre mondial aux côtés de Mbappé, Dembélé, Doué et autres Barcola. Que ce soit en club ou en sélection, Olise, qui brille par et pour les autres, ne manquera pas de partenaires de jeu et de grands objectifs à remplir. On parle beaucoup de Mbappé, qui porte le Real à bout de bras, et du Ballon d'Or Dembélé, enfin revenu à un excellent niveau, mais Michael Olise pourrait bien être le joueur français de la saison. 

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