On savait que, sur le papier, l'OL disposait d'une solide charnière centrale, de bons latéraux, d'un milieu de terrain complet (même si, après quelques bonnes prestations, Tessmann a replongé et forcé Fonseca à installer Abner dans l'entre-jeu) et d'ailiers de qualité, avec Fofana notamment. On se demandait simplement qui allait bien pouvoir mettre la chique au fond pour concrétiser les mouvements offensifs de l'équipe, étant donné qu'on ne savait rien du niveau réel d'Afonso Moreira et que Satriano, désigné buteur en chef, plantait ces dernières saisons avec la même régularité métronomique que Marcus Thuram avec les Bleus. Le vieil et juste adage footballistique rappelle que sans un gardien décisif et un buteur efficace, il n'y a point d'ambitions possibles, et on ignorait tout du degré de compétence de Greif, sauf ceux qui frisent la monomanie et savaient qu'il avait grandement contribué à qualifier Majorque pour la finale de la Coupe du Roi en 2024. Bref, le doute subsistait à certains postes clé, et on se demandait de quel côté la saison lyonnaise allait bien pouvoir basculer.
Or, non seulement Greif s'avère un excellent portier aussi bien sur sa ligne que dans les airs, mais Lyon s'est trouvé un buteur providentiel en la personne de Pavel Sulc, auteur d'un doublé à Louis II qui porte son total personnel à huit réalisations en championnat et le place au pied du podium du classement des buteurs derrière Greenwood, Panichelli et Lepaul. En tout, le Tchèque, débauché pour sept millions au Viktoria Plzen, a déjà planté à onze reprises depuis le début de saison, puisqu'il a également marqué face au Go Ahead Eagles en Ligue Europa et signé un premier doublé contre Saint-Cyr-Collonges en coupe. Pour Fonseca ainsi que pour ses coéquipiers, le rendement impeccable de Sulc constitue une véritable bénédiction et a beaucoup compté dans la bonne première moitié de saison du club, qui continue à performer malgré les blessures et un effectif particulièrement réduit.
Certes, on pourra toujours arguer que la redoutable efficacité du meilleur buteur lyonnais n'est en fait qu'une demie-surprise, puisque le natif de Karlovy Vary restait sur 33 pions en deux saisons dans l'élite tchèque et quatre buts en seize sélections internationales. Mais de là à le voir s'adapter avec une telle aisance et s'installer parmi les meilleurs attaquants de Ligue 1, il existait une certaine marge qu'il a enjambé avec une grande facilité. Le déclic s'est sans doute produit le 31 août dernier, lorsque Sulc a offert la victoire aux siens contre l'OM (nous nous refusons à employer le ridicule et éculé terme journalistique) à quelques minutes du terme de la partie. Par la suite, il a claqué un vain doublé sur la pelouse de Nice, un autre à Jean Bouin contre le PFC et le but de la gagne face au Havre à Décines. Sans lui, il est certain que Lyon aurait quelques unités de moins au compteur.
Après un été cauchemardesque, les bonnes nouvelles s'accumulent pour Fonseca et son staff, puisque non seulement leurs hommes occupent une plus que méritoire cinquième place à égalité de points avec Rennes et six confortables longueurs d'avance sur Strasbourg, mais le retour de Malick Fofana est programmé pour la fin du mois de janvier et Orel Mangala a enfin refoulé le terrain avant la trêve hivernale. Si l'on ajoute au tableau les prestations épatantes de Kluivert, suppléant de Niakhaté qui dispute la CAN avec le Sénégal, en défense centrale, les jolies apparitions d'Afonso Moreira, l'émergence de Merah, la confirmation du talent de Morton et la parfaite adaptation d'Abner dans son nouveau rôle de milieu de terrain, sans oublier le prêt d'Endrick, qui devrait élargir la palette offensive, il y a vraiment matière à envisager la seconde partie de saison avec confiance et sérénité: deux mots qui ne faisaient pas exactement partie du vocabulaire lyonnais avant le coup d'envoi du championnat.




Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire