lundi 23 février 2026

Une Juve à la ramasse

On attendait beaucoup de cette Juventus new look avec les arrivées de Jonathan David, Edon Zhegrova, Loïs Openda, Francisco Conceiçao, Nico Gonzalez et Pierre Kalulu. On pensait sérieusement que la sauce pouvait prendre et que la Vieille Dame pouvait signer un retour au premier plan, cinq ans après la fin de l'hégémonie turinoise sur la Serie A. Or, après 26 journées, la Juve n'occupe que la cinquième place du classement, à quatre unités de la Roma et du Napoli, huit du Milan et dix-huit de l'Inter. Elle ne possède plus qu'un point d'avance sur un Côme qui n'en finit plus d'épater son monde et l'a battue nettement et sans bavures à l'Allianz Stadium. Non seulement la Vecchia Signora a définitivement fait une croix sur le titre, mais sa qualification pour la prochaine Champions League semble sérieusement menacée: un triste bilan qui a coûté sa place à Igor Tudor, remplacé par Luciano Spalletti, venu jouer les pompiers de service mais qui ne parvient manifestement pas à éteindre l'incendie.

 

Le bilan chiffré du recrutement piémontais est assez désastreux: David, qui peine à trouver ses marques, n'a planté qu'à cinq reprises en championnat, Zhegrova présente des statistiques vierges, Openda n'a trouvé le chemin des filets qu'une seule fois, Conceiçao n'a signé que deux pions et une passe décisive et Gonzalez (à ne pas confondre avec son homonyme de Manchester City) n'a participé qu'à deux rencontres. Si l'on ajoute à ce sombre tableau que Vlahovic, recruté pour 85 millions en 2022, n'a marqué que trois buts en Serie A, on pige aisément que le secteur offensif turinois ressemble à un grand malade, sauvé du marasme intégral par le seul Kenan Yildiz, une des rares satisfactions de la saison et auteur de huit réalisations en championnat. Face à Côme, Spalletti à aligné le trio Yildiz-Miretti-Openda qui est resté muet à domicile au sein d'une équipe qui n'a cadré que trois tirs.

 

Historiquement, la Juve est une véritable académie de l'art défensif, elle qui a toujours pu compter sur des cadors dans son arrière-garde, de Scirea à Chiellini en passant par Thuram à Montero. A Istanbul contre le Galatasaray, les bianconeri, après avoir mené au score, ont encaissé quatre pions en 37 minutes pour finalement s'incliner largement sur le score de 5-2. C'est tout simplement la première fois depuis 68 ans et une lourde défaite face à Wiener SC en 1958 que la Juventus concède cinq buts dans un match de C1. Les coupables de cette débâcle historique se nomment Di Gregorio, Cambiaso, Kelly, Bremer et Kalulu, dont les patronymes resteront à jamais associés à l'infamie dans l'esprit des tifosi turinois. Contre Côme, Spalletti avait choisi de faire confiance à un improbable trio Gatti-Kelly-Koopmeiners avec McKennie (aligné comme avant-centre à Istanbul, bonjour la cohérence tactique) et Cambiaso sur les flancs de la défense. Cela n'a pas empêché la (très) Vieille Dame de prendre ses 24ème et 25ème buts en Serie A, ce qui fait d'elle la septième défense de la botte à égalité avec la Lazio et loin de la Roma et ses seize pions concédés.

 

On peut se demander qui à part Yidliz on peut bien sauver de ce naufrage collectif (après l'incendie, un peu d'eau ne fait guère de mal, et nous aimons varier dans la métaphore catastrophiste). Peut-être Kephren Thuram, qui a joué 32 matches et enfilé le costume de taulier de l'entre-jeu. Pour le reste, circulez, il n'y a rien à voir. Après le quatrième revers de ses joueurs en cinq rencontres, Spalletti a pointé les débuts de matches calamiteux de son équipe: "Si tu prends treize fois un but sur le premier tir cadré, c'est évident qu'il y a des problèmes". C'est le moins que l'on puisse dire effectivement. Comment une formation qui s'est toujours appuyée sur une énorme culture défensive et une réputation de dureté et d'imperméabilité peut-elle se mettre en difficulté à ce point? Gageons que Gaetano Scirea, disparu tragiquement en 1989, doit se retourner dans sa tombe et que les Bonucci, Barzagli et autres Zambrotta doivent se frotter les yeux devant leur télévision. Sans parler des Platoche, Rossi, Baggio et Del Piero, qui plantaient un peu plus que cinq pions par saison.

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