Gabriel Magalhaes, Odegaard, Havertz, Gabriel Jesus, Gyökeres: comme trop souvent, Arsenal compte ses blessés et doit faire sans un certain nombre de ses joueurs majeurs. Mais, à la différence des saisons précédentes qui ont vu les Gunners payer au prix fort les absences de ses cadors et obligé Arteta à bricoler régulièrement son onze (Merino en faux avant-centre par exemple), tous les postes se voient désormais doublés voire triplés, ce qui change totalement la donne et pourrait bien offrir au club du nord de Londres un titre qu'il attend depuis vingt ans et la fameuse équipe des invincibles. Les coéquipiers de Saliba possèdent aujourd'hui six longueurs d'avance sur Chelsea et sept sur City avec un match de moins au compteur et ont définitivement fait le trou avec un Liverpool à la dérive, largement battu par Forest à Anfield. A vrai dire, on voit mal comment le sacre tant attendu pourrait leur échapper, tant les solutions à la disposition d' Arteta paraissent variées et nombreuses et tant la concurrence présente un certain nombre de carences sans doute rédhibitoires.
L'exemple le plus frappant se nomme Eberechi Eze. Alors que lors des derniers exercices, les résultats des Gunners avaient pâti des longues et récurrentes absences de leur meneur de jeu Odegaard, le recrutement de l'ancienne star de Palace a quasiment fait oublier le Norvégien, au point où l'on peut légitimement se demander si l'international anglais ne serait pas encore meilleur que le Scandinave actuellement. Auteur d'un retentissant triplé face au rival honni Tottenham lors du derby, Eze a sans doute définitivement conquis le cœur des fans et également épaté son entraîneur. Mais les recours offensifs possibles ne se limitent pas à la seule personne du natif de Greenwich, puisque Trossard, Martinelli et Madueke apportent également leur écot et ont planté quatre pions à eux trois. Gyökeres ne flambe peut-être pas autant que prévu, mais on l'a fait venir avant tout pour éviter de perdre trop de points face aux formations supposées plus faibles, et il a marqué face à Leeds, Forest et Burnley lors de trois victoires des siens.
Le constat est le même dans le secteur défensif, puisqu'Arteta n'a pas toujours pu aligner sa charnière centrale et que le surprenant Mosquera, piqué à Valence, et Hincapie, transfuge du Bayer Leverkusen, ont parfaitement compensé les forfaits de Gabriel et Saliba. Calafiori, aussi à l'aise dans l'axe que sur les flancs, n'avait pris part qu'à 19 rencontres de Premier League en 2024-25 et compte déjà douze apparitions dans un rôle de latéral gauche à la Maldini qui lui va comme un gant. Quant à Jurrien Timber, buteur à deux reprises et épatant sur son couloir droit, il n'en finit plus de progresser et devrait disputer la prochaine Coupe du Monde dans la peau d'un titulaire avec les Pays-Bas. Ne perdons pas de vue que leur imperméabilité défensive constitue le principal atout de cette formation d'Arsenal qui n'a encaissé que cinq petits buts et possède de très loin la meilleure défense du royaume, sachant que de très fiables éléments comme White ou Lewis-Skelly (une des révélations de la saison dernière) restent en réserve de la république.
Outre la palette tactique et les ressources humaines dont dispose l'entraîneur espagnol, c'est la bonne dose de réalisme voire de cynisme qu'Arsenal a mis dans son football qui incite franchement à l'optimisme: ce cru 2025-26 s'avère certes moins flamboyant et joueur que nombre de ses devanciers mais il affiche une solidité, une cohérence et un savoir-faire unique sur coups de pied arrêtés qui le rendent particulièrement redoutable et difficile à battre. Comme s'ils avaient été échaudés par leurs échecs récents, les Gunners ont laissé le romantisme au vestiaire et se sont transformés en une espèce de monstre froid et de machine à gagner (26 points pris sur 33 possibles pour 2,36 points de moyenne). Les raisons d'y croire sont nombreuses et la voie du titre semble dégagée, sans compter que cet Arsenal new look fait clairement partie des favoris en Champions League, au même titre que Barcelone, l'Inter, le PSG ou le Bayern. A l'heure où nous écrivons ces lignes, les Gunners, forts de quatre succès en quatre matches sur la scène continentale et demi-finalistes en "titre", appartiennent au club très fermé des cinq meilleures équipes d'Europe.




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