post-labels {display: none}

jeudi 5 février 2026

Lahm, joueur multifonction

Philip Lahm appartient à cette catégorie de joueurs qui, à l'instar de Gerrard ou Luis Enrique, brillent par leur polyvalence et savent à peu près tout faire sur un terrain, sauf peut-être en ce qui concerne l'international allemand balancer des grosses minasses des 35 mètres. Latéral droit de formation, l'ancien du Bayern fut replacé au milieu par Guardiola en 2013, le technicien catalan décelant chez lui des facultés de récupérateur et d'organisateur et pensant sans soute que ce meneur d'hommes naturel aurait davantage d'influence dans l'entre-jeu. Nommé capitaine de la Mannschaft en 2010 et du club bavarois l'année suivante, Lahm possédait, malgré son physique quelconque (il mesure 1,70m), une forme d'aura et de charisme qui rejaillissait sur ses partenaires. Il donnait surtout l'exemple à ses coéquipiers par sa rage de vaincre, son intelligence tactique, son goût de l'effort et du sacrifice, sa capacité à mettre de l'huile dans les rouages collectifs qui lui ont valu tant d'hommages et de titres. Que ce soit sous le maillot du Bayern ou de l'équipe nationale, il a en effet à peu près tout gagné.

 

Pur produit du Bayern, par qui il est repéré dès l'âge de onze ans, Lahm est rapidement considéré comme l'un des grands espoirs du football d'outre-Rhin. Il dispute le premier match d'une carrière professionnelle qui durera quinze ans à l'automne 2002, à tout juste dix-neuf ans. Barré par les deux Français Sagnol et Lizarazu, il se voit prêté au VFB Stuttgart entre 2003 et 2005 et s'impose très vite comme l'un des cadres de l'équipe de Felix Magath. Un an après son retour au bercail, la retraite de Lizarazu lui offre davantage de temps de jeu au poste de latéral gauche, bien qu'il préfère naturellement évoluer sur le flanc droit. Ce n'est qu'à partir de 2009 qu'il peut évoluer dans son rôle de prédilection, formant avec Robben une doublette redoutable et complémentaire (il délivre une douzaine de passes décisives en 2009-2010). Suite à la prolongation de son contrat fin 2010, Lahm se voit confier le brassard par Van Gaal après le départ de Van Bommel. Après plusieurs saisons au milieu, il retrouve son rôle d'arrière latéral au moment des arrivées de Vidal et Kimmich à l'été 2015. Il mettra un terme à sa carrière le 20 mai 2017 après un match contre Fribourg, recevant un vibrant hommage de l'Allianz Arena. 

 

Les chiffres et le palmarès de Philip Lahm avec le Bayern donnent le tournis: plus de 500 matches disputés dont une centaine en Champions League (seuls Müller, Kahn et Neuer font mieux), huit titres de champion d'Allemagne, un sacre européen en 2013 et six victoires en coupe nationale. Il a porté plus de cinquante fois le brassard de capitaine de la Mannschaft (davantage que Beckenbauer et seulement devancé dans cette catégorie par Matthaüs et Ballack), été sélectionné à 113 reprises (sixième de ce classement derrière Matthaüs, Klose, Podolski, Neuer et Schweinsteiger) et participé à six tournois internationaux. Au total, si l'on prend en compte les rencontres disputées avec les équipes de jeunes, il a pris part à près de 800 matches et n'a jamais disputé moins de vingt rencontres sur une même saison de Bundesliga entre 2002 et 2017, faisant preuve d'une constance et d'une régularité ébouriffantes.

 

Lahm connaît sa première cape internationale le 18 février 2004 contre la Croatie et est retenu quelque mois plus tard pour l'Euro portugais, où l'Allemagne se fera sortir au premier tour. Deux ans plus tard, il fait partie avec Schweini et Podolski d'une nouvelle génération de joueurs allemands qui vont conduire la Mannschaft jusqu'au dernier carré de sa Coupe du Monde à domicile et à la finale de l'Euro 2008 perdue face à l'Espagne de Fernando Torres, inscrivant même le but de la qualification en demi-finale face à la Turquie. A nouveau demi-finaliste du Mondial 2010 et de l'Euro 2012, Lahm connaît enfin la consécration mondiale en 2014 et fait partie aux côtés des Mûller, Khedira et Klose de l'équipe qui flanque une rouste historique au Brésil sur ses terres avant de triompher de l'Argentine de Messi. Quelques jours après avoir soulevé le trophée le plus convoité de la planète football, il annonce sa retraite internationale, mettant ainsi fin en apothéose à dix ans de bons et loyaux services en sélection. 

 

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire