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lundi 16 février 2026

Marseille, le sketch permanent

Quelques jours après Roberto De Zerbi, qui a expliqué avoir vécu une histoire d'amour inachevée avec Marseille, c'est au tour de Mehdi Benatia, le directeur sportif, de quitter le navire. L'ancien joueur de la Roma et du Bayern paie des résultats désastreux (élimination rocambolesque en Champions League, dérouillée en règle au Parc, nuls face au PFC et Strasbourg après avoir mené de deux buts à un quart d'heure de la fin, le syndrome des guibolles qui flageolent et de la friabilité mentale) et une politique de recrutement sans queue ni tête et court-termiste qui a constitué à chambouler l'effectif à chaque mercato. Qu'est-il advenu des fameux "minots" qu'on nous a survendus pendant des semaines? Robinio Vaz a été transféré à la Roma et Bakola vendu à Sassuolo. Pas grave. On se fait prêter Nwaneri, qu'on aligne à chaque match comme s'il était au club depuis cinq ans. Le seul ancien à qui l'on fait toujours confiance, c'est Balerdi, absolument cataclysmique contre le PSG et capitaine d'un vaisseau à la dérive.

 

Le principe de base qu régit le quotidien marseillais est celui de la frustration, largement générée par l'emballement médiatique permanent. Il faudrait relire les papiers de l'Equipe, torchon notoirement pro-OM, des mois d'août et septembre dernier: l'Europe pouvait trembler, l'OM était de retour avec un entraîneur sur mesure et ultra-compétent, un effectif présenté comme le meilleur de l'hexagone derrière celui de Paris (la bonne blague) et évidemment une ambiance au beau fixe au sein du groupe (comme l'ont prouvé la rixe entre Rabiot et Rowe et le départ des deux joueurs). Il faut bien vendre du papier, ma bonne dame, surtout dans une France largement anti-parisienne. Comme on se doute que le quotidien La Provence n'est pas en reste, on imagine aisément quel décalage énorme peut rapidement s'installer entre belles promesses sur le papier et réalité du terrain. A Lens ou Lyon, on ne fanfaronne pas avant le coup d'envoi de la saison, mais on travaille sérieusement et sereinement, sans tout remettre en cause tous les six mois, sans hurler au complot et à la corruption généralisée et sans annoncer à tout bout de champ qu'on va casser la baraque. 

 

Etablissons un bilan du recrutement marseillais: Aubameyang fait bel et bien ses 36 printemps, Pavard ressemble furieusement à son frère jumeau, Medina a sombré corps et biens, Paixao, l'irrésistible Brésilien recruté pour 35 millions, a marqué quatre buts en Ligue 1, Vermeeren a disparu de la circulation, Angel Gomes a rejoint Wolverhampton, Emerson a coûté la qualification à Lisbonne et O'Riley semble plus fait pour le casting des Aristochats que pour un club de football. Voilà ce qu'on a vendu aux supporters comme les nouveaux visages capables d'aller titiller le PSG et de bien figurer sur la scène continentale, sans oublier que des soi-disant "cadres" comme Rulli, Balerdi ou Höjberg ont failli dans les grandes largeurs lors des rendez-vous décisifs. On ne peut sauver du naufrage que Weah, irréprochable dans son couloir droit, Aguerd, entouré de véritables dangers publics, et évidemment Greenwood, bien trop talentueux pour cette équipe de tocards et qui ferait bien de faire ses valoches: difficile de bien faire avec seulement trois joueurs à peu près compétents.

 

Le principe de frustration aboutit inévitablement au ressentiment et à la colère, colère qui s'est exprimée après la rencontre contre Strasbourg quand des "supporters" cagoulés ont tenté de faire irruption par la force dans la tribune présidentielle. Ces décérébrés notoires ont sans doute oublié que McCourt avait injecté la bagatelle de 650 millions d'euros depuis son arrivée à la tête du club, sans aucun retour sur investissement et pour des résultats sportifs catastrophiques. Où en serait aujourd'hui l'OM sans le pognon de l'homme d'affaires américain, qui a apporté une manne que les dirigeants ont allègrement dispersée aux quatre vents sans aucun discernement et sans la moindre stratégie lisible? Les types qui exercent ce genre de pression physique sur le propriétaire et contribuent à l'atmosphère malsaine et pesante autour du club (la fameuse "passiong" chère à René Malevil et Eric Di Meco) sont sans doute les mêmes qui, comme le rappelait justement Vincent Duluc ce matin, avaient exhibé en 2012 une banderole "Deschamps et tes joueurs, cassez-vous". DD, le dernier entraîneur à avoir offert le titre à Marseille. C'est cela, le "meilleur public de France".

1 commentaire:

  1. Tu as de quoi faire un 2e article avec les news des deux derniers jours :)

    Francky

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