Cela revient peut-être à enfoncer une porte ouverte que d'affirmer que le Bayern Munich serait probablement à l'heure où nous écrivons ces lignes le principal favori au sacre en Champions League cette saison, tant il est vrai que le club bavarois figure tous les ans parmi les candidats au titre (six coupes aux grandes oreilles dans la vitrine et une présence systématique dans le dernier huit depuis 2020). Mais d'une part les partenaires de Kimmich n'ont plus atteint la finale depuis 2020 dans les circonstances particulières que l'on connaît, et d'autre part il convient d'expliquer pourquoi nous faisons des hommes de Kompany les potentiels successeurs de ceux de Luis Enrique. On sait à quel point il est difficile de faire le doublé dans la plus prestigieuse des compétitions de clubs (le dernier exemple en date reste évidemment le triplé du Real avec Zizou sur le banc) et, sans exclure totalement cette éventualité, il semble évident que le Paris Saint-Germain aura une cible dans le dos et que les techniciens adverses auront à cœur de contrer les plans tactiques de l'entraîneur asturien. En prime, le relatif effet de surprise dont avaient bénéficié les Parisiens la saison dernière ne jouera évidemment plus.
Commençons par un petit tour d'horizon des cadors du vieux continent: l'effectif de l'Inter ne rajeunit pas, Liverpool doit digérer son recrutement pharaonique, le Real peine à convaincre dans son expression collective, le Barça s'expose trop et affiche de sérieuses lacunes défensives, le PSG soigne ses blessés, l'Atletico a concédé quatre nuls en Liga et City essaie simplement de se remettre à l'endroit. Parmi les récents vainqueurs de l'épreuve, personne ne fait figure d'épouvantail pour une raison ou pour une autre et seul le Bayern semble armé dans toutes les lignes et sans défaut dans sa cuirasse. Arrivé sur un banc sur lequel personne ne voulait plus s'asseoir, Kompany, avec le concours de Christoph Freund, directeur sportif, et celui de Rummenigge et Hoeness, a construit un effectif absolument redoutable et complet qui semble armé pour tous les défis et toutes les conquêtes. De plus, les Bavarois, qui possèdent déjà sept points d'avance sur le Borussia, risquent fort de se balader littéralement en Bundesliga et d'avoir tout le loisir de concentrer leurs efforts sur le titre continental, laissant également la possibilité à Kompany de faire tourner si le besoin s'en faisait sentir et de préserver le capital physique de ses ouailles.
Nous ne nous attarderons pas sur le cas Harry Kane, auteur de 12 pions en sept journées et qui continue chaque semaine de repousser les limites du possible en compagnie de l'autre phénomène Erling Haaland. On le sait, sans un grand buteur et un gardien irréprochable, point de salut, et faut-il rappeler que le portier du Bayern se nomme Manuel Neuer? Et c'est le secteur offensif bavarois dans son ensemble qui a de quoi faire frissonner dans les chaumières, avec un Olise brillant à la baguette (4 buts en Bundesliga), un Luis Diaz virevoltant et décisif (six passes décisives au compteur déjà), un Gnabry de retour à un niveau satisfaisant et un Jackson en réserve de la république, en attendant le retour d'un certain Jamal Musiala (imaginez une seconde les dégâts causés par une attaque Olise-Musiala-Diaz-Kane, sans beaucoup d'équivalents en Europe). Au milieu, Kimmich, magnifique dans le Klassiker, semble rajeunir et joue avec le cigare à la bouche et Pavlovic, international allemand depuis juin 2024 qui possède encore une belle marge de progression, impose sa puissance, son volume et sa justesse après avoir poussé Palhinha vers la sortie et Goretzka sur le banc.
Ce Bayern impressionnant a planté la bagatelle de 35 buts en neuf rencontres mais aussi, et peut-être surtout, n'en a encaissé que six, imperméabilité défensive qui fait souvent la recette du succès. Le retour aux affaires du monument Neuer, qui fêtera ses quarante printemps en mars et n'avait pris part qu' à 22 matches la saison dernière, conjugué au recrutement de Jonathan Tah et à l'irrésistible ascension de Dayot Upamecano, plus intraitable que jamais, font de ce cru 2025-26 une formidable machine à défendre. Laimer et Boey s'occupent remarquablement des flancs et il ne faut pas perdre de vue que Davies, trop souvent blessé, doit revenir avant la fin de l'année. Sur le continent, seul Arsenal, appuyé sur son inamovible charnière Saliba-Gabriel et meilleure défense du royaume depuis plusieurs saisons, semble en mesure de rivaliser dans ce secteur, et il faudra à coup sûr compter sur les Gunners, qui ont recruté intelligemment dans toutes les lignes (Zubimendi, Gyokeres, Eze, Madueke, Hincapié) et ont injecté une bonne dose de cynisme de réalisme et de cynisme dans leur football. Mais, à la différence du Bayern, ils devront sans doute cravacher jusqu'au bout pour arracher le titre tant désiré des mains de Liverpool, City et autres Chelsea.




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