Nous commencerons par citer les propos toujours pertinents et plein de lucidité du sieur Vincent Duluc (monsieur "Zidane + Dugarry = zéro + zéro = la tête à l'Intertoto" en 1995), responsable de la rubrique football à l' Equipe, qui fait office de référence dans ce pauvre pays à l'inculture sportive crasse, qui affirmait au lendemain d'un victoire parisienne tranquille au Vélodrome que le PSG ne devait sa première place qu'à la faiblesse du championnat. Rappelons simplement que certes, le club parisien évolue dans d'autres sphères, mais que Monaco s'est qualifié la saison dernière pour les huitièmes de la Champions League, que Lille s'est payé le scalp du Real et de l'Atletico, que Brest a joué les barrages et que Lyon était encore en passe de voir les demi-finales de la Ligue Europa à quelques minutes du coup de sifflet final à Old Trafford. Alors que les équipes françaises engagées dans les différentes compétitions européennes viennent de signer une semaine remarquable (cinq victoires, un nul et une défaite), voilà monsieur Duluc qui semble faire amende honorable et parler d'une jolie"promesse d'automne", alors qu'on ne voit pas très bien comment le niveau de la Ligue 1 aurait pu s'élever en moins d'un an et après les départs de David, Diakité, Zhegrova, Cherki, Lacazette, Mikautatdze, Luis Henrique ou Adrien Rabiot. Nous autres à LPC n'avons pas attendu les bons résultats des clubs hexagonaux pour apprécier la Ligue 1 comme il se doit. Mépriser notre championnat, c'est de la démagogie de la pire espèce. C'est souffler dans le sens du vent.
Le PSG, à qui on prédisait l'enfer à Catalogne avec son attaque titulaire sur le flanc, Joao Neves et le capitaine Marquinhos absents, a finalement signé une troisième victoire consécutive en terre barcelonaise, grâce à deux pions du titi Mayulu et du supersub Gonçalo Ramos. Grâce aussi à la prestation XXL de ses deux latéraux inégalables et champions du dépassement de fonction, Achraf Hakimi et Nuno Mendes. Quant à l'OM, il a signé une prestation très aboutie face à un faiblissime Ajax (heureusement quelque part que le grand Johan n'est plus là pour voire ça), démontrant au passage que Paixao n'avait rien d'un Vitinha bis (l'autre, pas le petit lutin portugais de l'entre-jeu), qu' Aubameyang pouvait encore expliquer le football à Gouiri à 36 balais et que Nayef Aguerd était une sacrée bonne recrue. Avec le Marocain, superbe défenseur et excellent relanceur, un Pavard toujours aussi couteau suisse, Medina (malheureusement blessé pour deux mois) et Belardi, Marseille peut voyager en première classe, contrairement aux dernières saisons où son arrière-garde donnait des sueurs froides à ses supporters et l'impression de pouvoir encaisser un pion à n'importe quel moment, et ce même contre les adversaires les plus abordables.
Que faudra-t-il pour que Bruno Génésio soit enfin reconnu à sa juste valeur? Après s'être payé le scalp de Guardiola, Ancelotti et Mourinho (entre autres), le technicien lillois s'est offert celui du mythique entraîneur Gian Piero Gasperini, qui a mené l'Atalanta jusqu'aux plus hauts sommets continentaux et coache désormais l'AS Roma. Pour créer ce relatif exploit, Pep Génésio s'est payé le luxe de s'appuyer sur quelques seconds couteaux (Mandi, le revenant Mbemba, Verdonk, Sahraoui, Bentaleb), sur la classe à a fois inouïe et précoce de Bouaddi, le métier de Giroud et le talent intermittent d'Haraldsson, très souvent efficace lors des grands rendez-vous européens. Cette Roma, qui a réussi la performance rare de rater trois penalties en l'espace de quelques minutes, n'est certes pas l'équipe du siècle, mais la belle prestation collective lilloise mérite un coup de chapeau. Et que dire des Lyonnais, qui ont enchaîné un septième succès en huit rencontres et une septième clean sheet grâce notamment à un Niakhaté dominant et monstrueux dans les duels? A l'image de l'inattendu début de saison rhodanien, la lumière est venue de l'improbable Satriano, buteur après un silence de plus de cinq cent jours après un penalty manqué par Sulc. Toujours dans la veine surréaliste et avec les moyens du bord du moment, c'est Kluivert qui a doublé la mise sur un nouveau service de l'épatant Karabec et son pied gauche impeccable. Décidément, tout le monde apporte son écot à ce début d'exercice totalement inattendu.
Considérés parmi les favoris de la plus modeste et abordable des épreuves européennes avec Crystal Palace, la Fiorentina et le Rayo Vallecano, les Strasbourgeois ont fait le boulot en allant s'imposer sur le terrain de Bratislava grâce notamment à un pion du jeune Abdoul Ouattara. Quoi qu'on pense de la multipropriété et du fait que le club alsacien soit devenu une sorte d'antichambre de l'équipe première de Chelsea, Rosenior a pu se permettre de mettre plusieurs titulaires habituels et éléments majeurs au repos (Doué, Barco, Lemaréchal, Moreira, Sarr, Enciso, Paez, Panichelli) et de faire tourner son effectif. Prochains rencards pour les partenaires d'Emegha: la réception de Jaggielonia, un déplacement sur la pelouse d'Häcken avant un confrontation savoureuse avec Palace à la Meinau. Nous nous abstiendrons de tout commentaire sur l'OGC Nice, qui a enregistré un quatorzième match consécutif sans victoire sur la scène européenne et n'a toujours pas offert le moindre succès continental à Frank Haise. Triste bilan, qui contraste avec les résultats plus que méritoires des équipes françaises cette semaine, d'autant que le seul résultat nul a été arraché de haute lutte par l'AS Monaco face à un City conquérant et un Haaland absolument impitoyable.




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