post-labels {display: none}

lundi 9 mars 2026

Cinq équipes pour un fauteuil

Il n'y a pas que pour le titre que le suspense règne en maître sur la Ligue 1, avec le duel incroyable auquel se livrent le PSG et le RC Lens, séparés d'une seule unité au sommet après le succès aisé des Artésiens sur Metz. Même si les Lorrains semblent bien mal barrés et que les supporters nantais peuvent déjà commander les caisses de muscadet, rien n'est encore totalement décidé en bas du classement puisque les partenaires d'Abline ne comptent que deux points de retard sur Auxerre, actuel barragiste. Et que dire de la lutte pour l'Europe, et plus particulièrement pour la troisième place? Cinq formations, qui ont connu des trajectoires bien différentes au cours de la saison, se tiennent en six points et peuvent toutes rêver à une qualification directe pour la prochaine Champions League (même si les Marseillais devraient décemment s'en tenir à la Ligue Europa). On ne connaîtra certainement pas avant la dernière seconde de la dernière journée l'identité de l'heureux élu.

 

Dans une période d'agitation et de remous (pour employer deux euphémismes), l'OM est parvenu à ramener trois points du Stadium quelques jours après s'être faits sortir par les Toulousains en coupe. Hormis le regain de forme de Paixao, il en faudra bien davantage pour nous convaincre que les hommes de Beye peuvent conserver leur avance, même s'ils ne font pas face à un calendrier démentiel (réceptions d'Auxerre, Lille, Metz et Nice et déplacements à Monaco, Lorient, Nantes et au Havre). Il faut s'attendre à tout avec cette équipe friable mentalement, capable de perdre à domicile contre Nantes et d'encaisser deux pions en dix minutes sur le terrain du PFC. Le dernier match contre Rennes au Vélodrome pourrait bien prendre des allures de finale pour le podium, pourvu que les Bretons maintiennent le rythme. Imaginez l'ironie du sort si Habib Beye assistait en direct à la qualification des Rennais pour la Champions League, lui qui s'est fait sortir deux fois de la coupe la même saison.

 

Les Lyonnais traversent une sale période au plus mauvais moment, essentiellement due aux cadences infernales et à la cascade de blessures en attaque (Nuamah, Fofana, Sulc, Moreira) qui ont contraint Fonseca à aligner un improbable trio Karabec-Abner-Himbert contre le Paris FC. On peut légitimement se demander si une élimination face au Celta Vigo, sixième de Liga et adversaire à prendre très au sérieux, ne constituerait pas une bonne nouvelle pour les Gones, totalement au bout du rouleau physiquement. Il serait dommage que les coéquipiers de Tolisso, toujours exemplaire dans la tempête (Didier, si tu lis ces lignes), paient la note dans la dernière ligne droite après avoir surmonté tant d'épreuves et de coups durs et fait preuve d'une solidarité sans failles. On le sait, le football est souvent cruel, et les Lyonnais comptaient encore huit points d'avance sur l'OM à dix minutes de la fin du face-à-face entre les deux équipes au Vélodrome. Marseille a repris la main, et l'OL se voit confronté à une fin d'exercice semée d'embûches.

 

On peut également s'interroger sur l'impact réel de Beye auprès du groupe rennais, puisque depuis l'arrivée sur le banc de Frank Haise, les Bretons ont enchaîné trois succès en championnat et viennent d'en coller quatre à un Nice plus pathétique que jamais. L'ancien entraîneur lensois a décidé de miser sur la continuité et de faire confiance aux mêmes hommes que Sébastien Tambouret, qui avait assuré l'intérim après l'éviction de Beye (logique avec un patronyme pareil). Avec la blessure de Jacquet, Brassier et Rouault ont repris de l'épaisseur, Rongier a enfilé le costume du patron de l'entre-jeu aux côtés de l'épatante recrue Szymanski et de Camara, l'arrivée de Nordin a redynamisé le secteur offensif, porté par les pions de Lepaul et l'activité débordante d'Al-Tamari. La saison rennaise ressemble à un histoire de séries, bonnes et mauvaises, et il va falloir rester sur le gros braquet pour coiffer tout le monde au poteau.

 

Et que dire de la renaissance monégasque? Moribonds il y a encore quelques semaines, les joueurs de Pocognoli viennent de se payer le scalp des Lensois et des Parisiens à l'extérieur et de prendre treize points sur quinze après avoir sérieusement secoué le PSG en Champions League. Cette résurrection inattendue doit beaucoup au replacement de Zakaria en défense, rendu possible par l'émergence de Bamba au milieu et qui sécurise Kehrer, impeccable au Parc. Elle a également été rendue possible par le retour en forme internationale d'Akliouche, très terne jusqu'à récemment, et le rendement de Balogun, buteur lors des trois dernières journées. Le chemin semble encore très long pour les joueurs de la Principauté, mais s'ils ramènent un résultat de Décines et tapent l'OM à Louis II quinze jours plus tard, tout restera possible avant quatre rencontres face à au PFC, Auxerre, Toulouse et Metz et deux rendez-vous potentiellement décisifs contre Lille et à la Meinau.
 
 
Lille paie essentiellement le prix de son inefficacité offensive résultant des trop longues années de service de Giroud et de la blessure d'Igamane. Grosso modo, le LOSC doit s'imposer 1-0 s'il veut prendre les trois points et n'est donc jamais à l'abri d'un pion aberrant dans les arrêts de jeu à la manière de celui du Lorientais Avom Ebong hier. Lille n'a pas marqué plus d'un but lors d'un match de Ligue 1 depuis la seizième journée et un déplacement à Auxerre: cela fait donc dix matches consécutifs que les hommes de Génésio n'ont pas planté deux buts à l'occasion d'une rencontre de championnat, une statistique qui fait tache quand on joue et quand on vise l'Europe. Certes, les Lillois encaissent également peu de pions, mais on ne peut pas vraiment dire que leur rendement offensif et leur qualité de jeu soit à la hauteur d'un candidat au podium.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire