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vendredi 23 janvier 2026

Lens, les raisons d'une réussite

Pour qu'un club tourne bien, il faut que tous les étages de la fusée fonctionnent parfaitement et que les différentes composantes opèrent en symbiose. C'est le cas au RC Lens, surprenant et magnifique champion d'automne, où le président a su faire le ménage dans les comptes, où le directeur sportif et la cellule recrutement ont fait un travail absolument remarquable et où l'entraîneur bénéficie d'une confiance totale de la part de ses dirigeants. Joseph Oughourlian, Jean-Louis Leca et Pierre Sage: voilà les trois hommes à qui le RCL doit en grande partie sa réussite actuelle, sur qui personne n'aurait misé un kopeck avant le coup d'envoi de la saison. Pourtant, dès le départ, tous les éléments du puzzle étaient réunis pour que la saison lensoise bascule dans l'exceptionnel, et non dans l'irrationnel, tant il est vrai que tout a été superbement pensé du sol au plafond. Le parcours des partenaires de Thauvin évoque celui du LOSC en 2020-21, avec le bon coup Burak Yilmaz, l'émergence de Botman, David et Maignan et le travail de Galtier.

 

A l'été 2024, Oughourlian avait annoncé que le RCL était endetté à hauteur de plus de cent millions d'euros et que le club allait devoir sérieusement se serrer la ceinture et laisser partir certains cadres pour renflouer les caisses. Un an et demi plus tard, des joueurs comme Samba, Frankowski, Khusanov, Danso, Diouf, El-Aynaoui, Fulgini, Abdul Samed, Satriano, Medina ou Wahi ont quitté le Nord et le club a terminé l'exercice 2025 avec un bénéfice net de quatre millions d'euros: une étape nécessaire à la reconstruction et en vue de repartir sur des bases saines. En 2019, le président lensois avait déclaré secrètement rêver de ramener l'Europe à Bollaert alors que les Sang et Or croupissaient en Ligue 2 (et ont en effet participé à la Champions League en 2023-24) et garanti aux supporters une politique sociale de prix bas: un modèle de gestion.

 

Nommé directeur sportif en mai 2025, Jean-Louis Leca, figure historique du club, a abattu un boulot extraordinaire en réussissant à convaincre Thauvin de revenir en Ligue 1 alors qu'il s'épanouissait à l'Udinese, en réactivant la filière autrichienne et faisant signer les deux pépites que sont Baidoo et Sangaré (déjà parmi les meilleurs joueurs du championnat à leurs postes respectifs) et en signant d'autres jolis coups comme Odsonne Edouard (quatre millions et sept buts en Ligue 1), Mathieu Udol ou Robin Risser. Grâce à une intégration progressive de la data et une politique efficace de scouting, la cellule recrutement, également composée de Didier Sénac et Cyrille Magnier, deux autres anciens Sang et Or, déniche des joueurs qui correspondent parfaitement aux profils recherchés par l'entraîneur. La direction sportive lensoise doit donner bien des regrets à Frank Haise, qui a dû se coltiner Florian Maurice, l'homme qui a fait signer Kevin Carlos, pendant des mois.

 

Comme nous avons déjà eu l'occasion de l'écrire dans la présente et indispensable gazette, les dirigeants lensois ne se sont pas trompés en installant Pierre Sage, qui avait laissé une trace indélébile dans le cœur des fans lyonnais, sur le banc. Parfaitement en phase avec les valeurs du club et homme de terroir, le natif du Jura a tenu à aller boire un verre au bar des supporters et saluer personnellement Muriel, légende locale présente derrière son comptoir depuis 45 ans. Il a également emmené son groupe visiter le centre minier de Lewarde, afin que les joueurs prennent conscience de l'histoire douloureuse de la région et de l'attachement des Nordistes à leurs corons et leurs gueules noires. D'un point de vue purement footballistique, Sage prône un jeu spectaculaire, résolument offensif et tourné vers l'avant et considère que le public doit en avoir pour son pognon. Le moins que l'on puisse dire, c'est que les habitués des tribunes de Bollaert ne doivent pas regretter d'avoir attaqué leur livret A pour s'offrir un abonnement.

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