Alors que Roberto De Zerbi avait déclaré très humblement avant le coup d'envoi de la saison ne pas être la pour finir deuxième, l'OM occupe ce matin la troisième place du classement à huit points du leader lensois et sept du rival parisien. Ses hommes ont réussi l'exploit de s'incliner 2-0 au Vélodrome face à Nantes, qui n'avait remporté que deux matches et comptait le mirifique total de onze points après seize journées. Non contents de se montrer totalement indigents dans le jeu, les Phocéens ont totalement perdu les pédales, à l'image de Vermeeren, coupable d'un tacle inconsidéré et dangereux sur Lopes, et Nadir, qui a récolté deux cartons jaunes en trois minutes et laissé ses partenaires finir le match à neuf. Alors que les Canaris ne parvenaient pas à faire le break, ils ont eu droit à un petit coup de main de l'inévitable Pavard, auteur d'une faute sur Abline qui a offert le penalty décisif à Cabella, un ancien de la maison: difficile de faire pire comme bilan.
Depuis le début du championnat, l'OM a perdu en supériorité numérique à Rennes, encaissé un but dans les derniers instants à Lyon, s'est incliné le plus logiquement du monde à Bollaert et Pierre Mauroy et a concédé le nul à domicile face à d'injouables cadors comme Angers et Toulouse. L'équipe a péniblement battu le PSG pour la première fois depuis la sortie du dernier bon film avec Christian Clavier, un PSG affaibli et décimé par les blessures, privé de Dembélé, Doué et Joao Neves et victime d'un but contre son camp de Marquinhos d'entrée de jeu. En Champions League, Marseille a battu le pire Ajax Amsterdam des vingt dernières années qui pointe à seize longueurs du PSV et ne possède qu'une unité d'avance sur une terreur européenne comme le NEC Nimègue. Les Olympiens ont également eu la peau du neuvième de Premier League (Newcastle, sept défaites en vingt journées) et ont rendu les armes contre le Sporting Portugal et l'Atalanta Bergame, huitième de Serie A: un parcours européen de légende.
On lit régulièrement ça et là (surtout dans l'Equipe, toujours prêt à s'enflammer pour l'OM) que De Zerbi dispose du plus bel effectif de Ligue 1 derrière celui du PSG. Or c'est tout simplement et absolument faux. A vrai dire, nous ne sauverions que cinq éléments du naufrage: Rulli, souvent décisf et impeccable, Aguerd, qui apporte sa sérénité et sa qualité de relance, Weah, souvent actif et entreprenant, Höjberg, qui tient la baraque au milieu, et Greenwood, l'homme par qui le miracle arrive. En défense, Balerdi ne progresse pas, Pavard se montre tout bonnement cataclysmique (ce qui n'empêchera peut-être pas vous savez qui de l'emmener en Amérique) et Egan-Riley ressemble à une escroquerie. Dans l'entre-jeu, où personne n'a fait oublier Rabiot, O'Riley n'a strictement rien montré, Angel Gomes a sombré corps et biens et on attend encore que Vermeeren s'avère le leader technique qu'il est censé être. Paixao, la recrue qui devait tout casser, a planté trois buts en championnat et Aubameyang, certes méritant, fait souvent ses trente-sept printemps. Nous ne sommes pas loin de penser que les groupes lensois, lillois, lyonnais, rennais voire même monégasque sont supérieurs en qualité à l'effectif olympien.
Plutôt que de hurler à la corruption généralisée et au complot anti-marseillais et de mettre constamment une pression dingue sur les arbitres, les dirigeants phocéens feraient mieux de se poser quelques questions sur la pertinence de leur recrutement et la validité d'une stratégie court-termiste qui consiste à remplacer les trois-quarts des joueurs chaque été et à laisser au placard des éléments de valeur comme Mbemba. Nous leur conseillerions de passer un petit coup de sabord à leurs homologues lensois, qui ont réussi à assainir les finances du club (alors que la dette marseillaise s'élevait encore à 400 millions en juin dernier) tout en faisant venir de véritables bons joueurs comme Risser, Baidoo, Sangaré, Thauvin et Edouard, qui a planté deux fois plus de pions que Paixao et coûté dix fois moins cher. Nous suggérerions à De Zerbi, qui continue à bidouiller péniblement après dix-huit mois passés sur le banc, à faire preuve de davantage de retenue et d'humilité au lieu de fanfaronner dans les médias avant même le lancement de la saison. Mais ça, c'est sans doute trop demander aux hommes qui gèrent la destinée de l'auto-proclamé "plus grand club français".




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