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lundi 6 octobre 2025

Rennes, c'est quoi le problème?

Tous les ans, le Stade Rennais monte une équipe a priori compétitive et taillée pour l'Europe. Tous les ans ou presque (le club a terminé au pied du podium en 2023), la déception est au bout du chemin. Il y a eu la cuvée 2023-2024, entraînée par Génésio puis Stéphan, avec les deux Doué, Le Fée, Blas, Theate, Gouiri, Kalimuendo ou Rieder. Blian final: dixième place. Il y a eu le cru 2024-2025, avec trois techniciens qui se sont succédé sur le banc (Stéphan, Sampaoli et Beye), un mercato surréaliste (Hateboer, Ostigard, James, Meister, Faye, Jota) et le recrutement estival de Fofana, Samba, Brassier, Rouault, Jacquet et Al-Tamari. Résultat des courses: une 12ème place avec 41 petits points et 19 défaites au compteur. Cette année, le directeur général Arnaud Pouille et le directeur sportif Loïc Désiré, en lien avec Beye, ont choisi de miser sur un tandem Lepaul-Embolo en attaque après avoir échoué dans le dossier Harder (finalement parti à Leipzig), les deux anciens Nantais et Marseillais Rongier et Merlin, Frankowski, débauché au Galatasaray après quatre saisons lensoises, et Mahdi Camara, pilier de l'entre-jeu du Stade Brestois. Or, après sept journées, Rennes n'occupe que la dixième place avec seulement deux succès et cinq unités de retard sur Lyon, Strasbourg et Marseille, qui carburent à un tout autre rythme, et à égalité de points avec Toulouse et le PFC.

 

Cela fait deux fois déjà que les rouge et noir se font rejoindre au score après avoir mené de deux buts. Le 20 septembre, alors qu'ils semblaient avoir le match en main à la Beaujoire, ils craquent dans les arrêts de jeu et encaissent l'égalisation du revenant El-Arabi. Et hier après-midi, sur la pelouse du stade Océane, c'est le Havrais Ndiaye qui a privé les Bretons d'un succès qui semblait acquis après les réalisations de Lepaul et Embolo en première mi-temps. Rennes pourrait facilement avoir quatre points de plus ce matin, ce qui changerait la gueule de son début de saison, même si la victoire contre Lyon fut acquise en supériorité numérique alors que Rouault aurait pu prendre un rouge en début de match. Contre Lens, les partenaires de Fofana ne sont pas parvenus à trouver la faille à onze contre dix pendant tout le match, et c'est même les sang et or qui auraient mérité de l'emporter. Ces points laissés en route témoignent sans aucun doute d'une certaine friabilité mentale qui se traduit par une incapacité à plier les matches et une permission laissé à l'adversaire de revenir dans la rencontre contre toute attente. Ils laissent entrevoir également une forme de porosité défensive, et ce n'est peut-être pas un hasard si Brassier n'a pas tenu le coup dans le contexte marseillais et que Jacquet, annoncé comme un futur crack, a déjà récolté trois cartons jaunes, signes d'une certaine nervosité. Que Beye fasse le choix d'aligner une défense à trois ou à quatre, son arrière-garde concède de toutes façons trop de buts (dix déjà), talon d'Achille d'une équipe en quête de sérénité.

 

Les dirigeants ne se sont pas trompés en faisant signer Lepaul, attaquant très prometteur et qui dispose encore d'une belle marge de progression après n'avoir connu que le National et le SCO. Voilà l'ancien joueur d' Epinal, qui semble bien parti pour marcher sur les traces de Terrier et Kalimuendo (qui au passage n'a toujours pas marqué avec Forest, 17ème de Premier League), déjà nanti de quatre pions et un caviar. Quant à Embolo, qui commençait à subir les sifflets du Roazhon Park après ses premières prestations plus que mitigées, il a en partie fait taire les critiques en plantant sur la pelouse du Havre. Les deux attaquants semblent parfaitement complémentaires, car le premier nommé brille par la qualité de ses appels en profondeur et de ses déplacements, sa justesse technique dans les échanges et sa mobilité quand l'ancien Monégasque, grâce à son gabarit imposant et sa puissance physique (un déménageur breton quoi), mobilise les défenses et ouvre les espaces autour de lui. Avec l'excellent Ludovic Blas dans le rôle du maestro d'attaque, le secteur offensif rennais devrait donner de belles satisfactions.

 

Certains choix d'Habib Beye, dont la compétence ne saurait cependant se voir remise en cause, posent également question. Pourquoi faire sortir Blas pour faire rentrer un défenseur à la 70ème à Nantes, en l'occurrence Hateboer, auteur de vingt minutes absolument cataclysmiques? Pourquoi remplacer Cissé par Al-Tamari contre Lens dès la trentième minute et risquer prématurément de bousculer l'équilibre de l'équipe? Pourquoi se passer régulièrement d'un taulier comme Fofana pour lui préférer Cissé, certes brillant avec les Espoirs cet été mais dont les statistiques restent pour l'heure désespérément vierges? Pourquoi ne pas installer Rongier, dont l'intelligence tactique n'est plus à démontrer, comme véritable sentinelle dans l'axe, voire l'utiliser en défense centrale pour stabiliser le socle de l'équipe (il avait brillé dans ce rôle avec l'OM et reçu les louanges d'Igor Tudor)? Pourquoi parfois se passer de Ludovic Blas, dont la touche technique et la créativité manquent trop souvent à l'ensemble? Autant de questions auxquelles le technicien rennais, qui brillait par la qualité de ses analyses en tant que consultant, devra rapidement trouver des réponses, sous peine d'aller au devant de nouvelles déconvenues. Les prochains rendez-vous, a priori abordables (réceptions d'Auxerre et Nice, déplacement à Toulouse) devraient permettre d'en savoir davantage sur le réel potentiel de ce Stade Rennais 2025-2026.

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