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mercredi 5 novembre 2025

PSG, les moyens du bord

Vous aurez compris, brillant et fidèle lectorat, tout ce que le titre du présent papier peut comporter d'ironie lorsqu'on parle d'un club qui n'a pas hésité à débourser 90 plaques pour un cador comme Kolo Muani et a claqué des milliards depuis près de quinze piges pour assouvir ses rêves de succès continental. Cependant, depuis le début de la saison, le PSG paie au prix fort sa réussite récente et son parcours démentiel en 2024-25 en collectionnant les pépins physiques et les forfaits (guère étonnant si l'on considère qu'un joueur comme Barcola a pris part à près de 90 rencontres sur les quinze derniers mois). A force de tirer sur la corde avec un effectif restreint, d'exiger des efforts colossaux du même noyau d'éléments malgré un turnover louable et indispensable, la liste des blessés s'allonge chaque jour que Diego fait. Doué sera absent plusieurs semaines, Hakimi souffre au minimum d'une grosse entorse et Dembélé voit planer au-dessus de sa tête le spectre d'une saison blanche, comme s'il existait une malédiction du Ballon d'Or (filez-le donc à Mbappé l'année prochaine). Les épatants titis ont fait le job au Camp Nou mais, face à une machine de guerre comme le Bayern, on a pu que constater que certains joueurs majeurs comme Neves, Hakimi, Doué ou Dembélé restaient incontournables. 

 

Loin de nous l'idée de remettre en cause la compétence de Luis Enrique, qui a plus que démontré son intelligence et son génie tactique, ou de Luis Campos, qui a fait venir des joyaux comme Neves ou Vitinha, mais pourquoi diable ne pas avoir recruté davantage l'été dernier et tenté de doubler tous les postes pour éviter ce genre de scénario catastrophe? Le PSG n'est pas l'OL, il dispose de moyens quasiment illimités, sans compter que le sacre européen et la Coupe du Monde des clubs ont fait rentrer quelques talbins dans les caisses du club. Les dirigeants se sont contentés de faire signer deux joueurs, Lucas Chevalier pour préparer l'avenir et la qualité de son jeu au pied, et Illya Zabarnyi, qui a coûté la bagatelle de 60 barres et peine pour l'instant à convaincre. A un moment, il faut peut-être arrêter de se croire plus malins que tout le monde et d'aller chercher de l'Ukrainien à Bournemouth (son ancien partenaire Huijsen prend aussi régulièrement le bouillon avec le Real), surtout quand on voit le niveau affiché par des défenseurs centraux disponibles sur le marché comme Mbemba, Baidoo ou Aguerd. Pourquoi les patrons du club n'ont-ils pas misé sur une valeur sûre pour prendre la succession de Marquinhos et choisi de jeter leur dévolu sur un joueur manifestement lent et lourd qui ne brille que dans le domaine aérien?

 

Autre question à dix mille dollars: pourquoi s'être obstiné contre vents et marées à ne pas recruter une doublure à Hakimi, qui devait de toutes façons disputer la CAN cet hiver? Luis Enrique a justifié son choix en expliquant que la dite doublure aurait dû se contenter de miettes et qu'il fallait mieux s'appuyer sur des solutions internes plutôt que de semer la discorde dans le vestiaire. Certes, mais on aura du mal à nous convaincre qu'un paquet de bons latéraux ne se seraient pas satisfaits d'un temps de jeu réduit dans ce PSG là et d'un rôle de remplaçant du sixième au classement du dernier Ballon d'Or. En outre, faire jouer Neves, Zaïre-Emery ou Mayulu au poste de piston droit revient à toujours puiser dans le même réservoir et contribue à déplumer un entre-jeu déjà dégarni par les récentes absences de Ruiz ou Joao. Sur l'autre flanc, Nuno Mendes commence sérieusement à tirer la langue et Hernandez, qui possède un profil de pur central, n'a rien du contre-attaquant si essentiel dans la palette tactique parisienne. Nous n'évoquerons pas le cas Beraldo, qui ne progresse absolument pas, ne représente pas une alternative crédible et dont on se demande toujours tout simplement ce qu'il fout là.

 

Sur le papier, le technicien asturien dispose de cinq joueurs pour trois places dans le secteur offensif. Mais Dembélé enchaîne les affections en tous genres, Doué est sorti sur une civière à Lorient et Barcola enchaîne les matches à un rythme effréné. D'autre part, l'ancien attaquant lyonnais et Kvaratskhelia (nous avons vérifié l'orthographe) présentent des contours d'ailiers de débordement et de rupture davantage que de buteurs efficaces alors que Gonçalo Ramos ne plante que lorsqu'il entre en jeu. Il faudrait donc que la cellule de recrutement se mette sérieusement en quête d'un ou deux éléments qui allieraient vitesse et qualité de finition, une denrée certes rare mais pas introuvable quand on a les moyens du PSG (un Luis Diaz aurait fait beaucoup de bien, en tout cas plus de bien qu'à Hakimi). Si le champion d'Europe ne se montre pas intelligemment actif lors du mercato hivernal, il est à peu près certain qu'il ne sera pas en mesure de rivaliser avec des monstres comme le Bayern qui peuvent se permettre d'en coller trois à Leverkusen en laissant une brouette de titulaires au repos, de débouler au Parc frais comme des gardons et d'imposer un pressing de tous les diables lors du premier quart d'heure. Le jeu du PSG est attrayant mais aussi incroyablement énergivore, ce qui requiert un effectif plus large et étoffé, sous peine d'aller au devant de sérieuses désillusions après le rêve éveillé de la saison dernière.

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