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lundi 10 novembre 2025

City, le retour de l"ogre

Pour le millième match de Pep Guardiola sur un banc de touche depuis sa prise en charge de l'équipe réserve du Barça, Manchester City a éparpillé façon puzzle un Liverpool atone et inoffensif, décidément bien à la peine depuis quelques semaines. Dominateurs de bout en bout, les Skyblues ont récité leur football: sorties de balle propres, longues séquences de possession façon attaque de handball, patience et technique à tous les étages. Bref, le jeu guardiolesque est de retour dans toute sa splendeur et, après un dernier exercice difficile marqué par neuf défaites en championnat, il semblerait bien que City, qui ne peut désormais plus se cacher, soit le principal concurrent d'Arsenal pour le titre. Après quatre succès sur les cinq dernières journées, les pensionnaires de l'Etihad Stadium ne comptent que quatre unités de retard sur des Gunners qui n'ont pourtant pas laissé beaucoup de points en route (26 points sur 33 possibles) et qu'ils ont tenus en échec à l'Emirates (mais quelle plaie ce naming nom de nom, où sont les Highbury et Maine Road d'antan?) le 21 septembre dernier. Alors qu'on s'attendait à une lutte entre Arsenal et Liverpool, qui ont recruté à tours de bras, voilà que City, que l'on avait quelque peu négligé, regagne les faveurs des pronostics.

 

Très affecté par la série cauchemardesque de ses ouailles à l'automne dernier (une victoire en treize rencontres entre début novembre et fin décembre), Guardiola a alors posé les bases de la reconstruction en faisant signer un joueur par ligne: Marmoush, auteur de sept buts sur la deuxième moitié de la saison, Khusanov et Nico Gonzalez. Il s'est ensuite attaché à trouver un successeur à l'irremplaçable De Bruyne en la personne de Rayan Cherki, buteur pour son retour de blessure en Carabao Cup avant d'offrir deux caviars à l'insatiable Haaland, avec qui une réelle complicité technique semble s'installer. Le technicien catalan a fait des choix forts en se passant régulièrement des services de Stones, Aké et Kovacic pour confier la baraque à Bernardo Silva ou Reijnders en l'absence de Rodri et les flancs aux prometteurs O'Reilly et Aït-Nouri. Face aux Reds, c'est un Jérémy Doku percutant, virevoltant et inspiré qui a fait sauter la banque et mis Bradley au supplice. Au club depuis 2023, l'attaquant belge, qui semble avoir franchi un palier, fut le fer de lance des offensives locales.

 

Guardiola, plus fin analyste que beaucoup et à qui on n'apprend pas grand-chose en matière de football, a compris que le force de son équipe résidait dans le secteur offensif, et il n'a pas hésité à aligner un onze ultra-audacieux fait pour la possession avec quatre attaquants et Bernardo Silva dans l'entre-jeu.  En pleine bourre avec un Cherki de retour aux affaires dont Pep a dit qu'il avait rarement vu un joueur aussi à l'aise techniquement, un Foden retrouvé, un Doku en confiance et un Haaland tout bonnement inarrêtable auteur de quatorze pions en onze journées, l'attaque des Citizens (la meilleure du royaume avec plus de deux buts par match) a fait tomber la grêle sur la malheureuse défense des Reds. Comme les Skyblues ont passé leur match dans les trente mètres adverses, la charnière centrale Dias-Gvardiol, par ailleurs particulièrement fiable (le replacement du Croate dans l'axe étant une autre bonne idée), n'a eu que très peu de travail et a passé une fin d'après-midi tranquille. On en venait presque à oublier l'existence de Donnarumma, décisif dès qu'il se voit sollicité. En attendant que Rodri, qui doit s'armer de patience, revienne à un niveau correct, Guardiola semble avoir trouvé la bonne formule pour se permettre de croire à un nouveau sacre.

 

Et très honnêtement (le franc-parler étant la marque de fabrique de la présente et indispensable gazette), cela ne nous déplairait pas de voir les Citizens à nouveau couronnés champions en fin de saison, malgré tout le respect que nous portons à Arteta. Longtemps porteur d'un jeu technique et attrayant, Arsenal, échaudé par ses échecs passés, est devenu une machine à gagner froide et calculatrice qui remporte ses matches grâce à sa solidité défensive et son savoir-faire unique sur coups de pied arrêtés. Désormais, avec ses trois meneurs de jeu et son football résolument porté vers l'avant, c'est bien l'équipe de Guardiola qui entretient la flamme du panache, de l'audace et de la hardiesse en Premier League, les matches des Gunners offrant trop souvent un triste et morne spectacle façon école réaliste moderne. Si Guardiola va chercher un septième titre depuis 2018, il le fera en proposant un jeu séduisant et en prenant un risque assumé, ce qui est tout à son honneur. L'ancien entraîneur du Barça et du Bayern est du genre à mourir avec ses idées (de mort lente), et entre celles qu'il défend et le néo-conservatisme prôné par Arteta, le choix est relativement vite fait.

 

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