Que pensez-vous que l'Equipe ait choisi de mettre en lumière le jour de PSG-Toulouse, match avancé de la 28ème journée de Ligue 1? Une rencontre importante coincée quatre jours avant un duel européen? Une occasion de tuer le championnat avant le déplacement périlleux de Lens à Lille? Le début du sprint final hexagonal? Que nenni. La bande à Duluc nous a sorti un papier de derrière les fagots magnifiquement intitulé "Le temps de la frustration". Vous avez bien lu. Vous ne rêvez pas. "Le temps de la frustration". Au moment où Paris s'apprête à disputer un quart de finale de Champions League après avoir atomisé Chelsea et à célébrer le premier anniversaire de son titre continental. Le sujet de l'indispensable et lumineux article? Le faible temps de jeu de certains joueurs comme Hernandez, Beraldo ou Mbaye, souvent relégués au placard lors des joutes de Champions League. Parce que le passe-temps favori du quotidien anti-sportif, c'est de systématiquement chercher la petite bête quand tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles.
Nous ne nous attarderons qu'à peine sur le fait que pointer la soi-disant mise à l'écart de certains éléments relève du faux procès, tant Luis Enrique, qui par ailleurs en a pris plein la tronche pendant des mois avant de fermer le clapet de tout ce que ce pays compte de pseudo-spécialistes, met un point d'honneur à pratiquer le turnover et fait de son mieux pour impliquer l'ensemble de son effectif. Mbaye fut titulaire à Lorient et Barcelone, Mayulu aligné d'entrée à Leverkusen, Hernandez entre régulièrement en jeu, Beraldo a désormais droit à un rôle moins exposé dans l'entre-jeu, Gonçalo Ramos a planté six pions en Ligue 1 et même Ndjantou s'est vu offrir des minutes. Mais malgré tout, même dans l'esprit ouvert du technicien espagnol, il existe une hiérarchie claire qui se fait jour lorsque pointent à l'horizon les grands sommets: Pacho est meilleur qu'Hernandez, Vitinha et Joao Neves plus indispensables que Mayulu, Doué et Barcola au-dessus de Mbaye. Nul besoin de posséder un bac + 12 en footballogie pour piger ce qui relève de l'évidence même. C'est comme si on reprochait à Kompany de préférer Harry Kane à Nicolas Jackson.
Depuis le début de la présente saison, alors que le PSG promène son titre européen sur toutes les pelouses de France et d'Europe (et non de Navarre, car Roncevaux n'a pas eu l'honneur de figurer au menu des Parisiens), on a eu droit à une véritable litanie de papiers négatifs de la part de l'Equipe du dimanche matin: le niveau inquiétant de Zabarnyi, le déclin de Marquinhos, le feuilleton du poste de gardien, la méforme de Dembélé, les soucis judiciaires d'Hakimi, le manque de réalisme de Barcola, l'individualisme de Kvara qui tire trop au but, nous en passons et des meilleures. Le tout évidemment après nous avoir doctement expliqué avant même le coup d'envoi du premier match de la première journée (qui s'est d'ailleurs soldé par une défaite marseillaise à onze contre dix à Rennes) qu'attention les yeux, chaud devant, préparez-vous dans les chaumières, l'OM allait littéralement tout casser grâce à un recrutement cinq étoiles, un entraîneur hors pair et une équipe dirigeante aux petits oignons.
Nous comprenons fort bien que le PSG, ses moyens quasiment illimités, son rôle de cheval de Troie qatari et son statut à part dans notre championnat, puisse susciter la jalousie et que ma bonne dame, les temps étant ce qu'ils sont, il faut bien vendre du papier en province. Mais il se trouve, malheureusement pour les plumes dignes du café du commerce d'un journal qui voudrait se poser en référence nationale, que Paris reste en course pour conserver sa coupe aux grandes oreilles et risque fort de glaner un cinquième titre domestique consécutif. Avouons que nous avons du mal à y croire tant on nous a exposé semaine après semaine le caractère désastreux de la saison parisienne. Si l'année du PSG fut à ce point chaotique, que dire alors des performances de Pavard, des prestations de Balerdi, de la disparition progressive des radars de Vermeeren, du plantage intégral avec Angel Gomes, de la coupe de cheveux de Medina, des cagades à répétition de Rulli, de la fébrilité d'Aguerd ou de la démission de De Zerbi? La lecture de l'Equipe ressemble malheureusement trop souvent à celle de La Provence. Et nous souhaiterions que la démagogie, qui gangrène actuellement non seulement le pays mais la planète entière, épargne de temps à autre notre sport chéri. Mais c'est sans doute trop demander.




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