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lundi 6 avril 2026

Lille, une équipe de séries

Aussi surprenant que cela puisse paraître, le LOSC occupe ce matin la troisième place du classement derrière le rival lensois mais devant l'OM, qui peut une nouvelle fois remercier Pavard, décidément magique cette saison, Monaco, Lyon et Rennes. Qui aurait misé un kopeck sur ce classement au soir de la 19ème journée, alors que les hommes de Génésio venaient de se faire étriller à domicile par Strasbourg et de subir leur quatrième revers consécutif en championnat, revers qui devait être suivi d'une nouvelle défaite à Lyon et de deux nuls piteux à Metz et face à Brest? En sept journées, les Dogues avaient pris deux malheureux points et on ne donnait pas cher de leur peau en vue d'une qualification européenne. Et puis, à partir de la fin février, ils ont réenclenché la marche avant en allant s'imposer à Angers, à Rennes et à Marseille, avant de concasser Lens lors du derby. Ils viennent de ramasser seize points sur dix-huit possibles, en battant au passage deux concurrents directs, et de se replacer impeccablement dans la course à l'Europe.

 

Au lendemain de la défaite contre le Celta Vigo fin janvier, Bruno Génésio avait été annoncé démissionnaire dans les médias, une information rapidement démentie par le club mais qui en disait long sur la lassitude du technicien lillois et son apparent manque de solutions, notamment face à la disette offensive de son équipe dont le meilleur buteur, Haraldsson, plafonne à sept réalisations. Semble-t-il au bout du rouleau, Génésio, à coup sûr l'un des entraîneurs les plus sous-estimés de l'hexagone, a su trouver des remèdes aux maux du LOSC en faisant jouer Fernandez-Pardo dans un rôle de véritable avant-centre directement soutenu par le meneur de jeu islandais, en confiant le côté droit à Mukau et en n'hésitant pas à sortir l'indispensable André du onze pour installer un double pivot Bouaddi-Bentaleb qui fonctionne du feu de Dieu, le milieu algérien jouant avec le cigare et enchaînant les prestations de haut vol depuis plusieurs semaines. Résultat: Haraldsson s'est totalement relancé, les cannes de Fernandez-Pardo ont semé la zizanie dans la défense lensoise et même Felix Correia a retrouvé le chemin des filets.

 

Bien que le sprint final soit définitivement lancé, il est encore trop tôt pour affirmer que Lille va terminer sur le podium de la Ligue 1. Même si leur calendrier semble plus qu'abordable (déplacements à Toulouse et Jean Bouin et réceptions de Nice, Le Havre et Auxerre), d'aucuns avanceront que celui de l'OM paraît encore plus tranquille, même si les Olympiens ont le chic pour se prendre les pieds dans le tapis face à des équipes supposés plus faibles, et que Monaco, à la tête de sept succès consécutifs, pourrait continuer sur sa lancée, terminer en boulet de canon et coiffer tout son monde au poteau. Ce qui est certain en revanche, c'est que Génésio a enfin trouvé une formule qui marche et un onze compétitif, à l'image de la charnière centrale Mandi-Ngoy, impériale face à Lens, et des deux latéraux Meunier et Perraud, littéralement infatigables dans leurs couloirs respectifs. Il ne fera pas bon croiser la route de ce LOSC new look et rasséréné d'ici la fin mai. 

 

Une autre équipe n'en finit pas de surprendre son monde ces derniers temps après avoir également connu un gros passage à vide en janvier-février: le Stade Rennais, qui vient de glaner seize points sur les sept dernières journées après avoir concédé quatre défaites consécutives en championnat et en coupe. Depuis leur succès face au PSG à la mi-février, les Bretons semblent ressuscités et sont revenus à trois petites longueurs du podium. D'aucuns diront (car d'aucuns sont de mauvaises langues) que cette embellie coïncide étrangement avec le départ de Beye et l'arrivée sur le banc de Franck Haise, remarque qui nous semble pertinente, car, à l'instar de Cyrano, nous nous le servons nous-mêmes, avec assez de verve, mais ne permettons point qu'un autre nous les serve. Car si l'ancien entraîneur du Red Star vient de manquer deux rendez-vous capitaux face à Lille et Monaco, le technicien rennais n'a connu qu'un seule défaite en sept matches, face à Lille, précisément. Quand deux équipes de séries se rencontrent, il faut nécessairement que l'une prenne le meilleur sur l'autre.

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