Après sa victoire à l'arraché contre Liverpool, jusqu'alors toujours invaincu, les hommes d'Oliver Glasner occupent tout simplement la troisième place du classement à une unité des Gunners, vainqueurs in extremis à Newcastle, sans avoir concédé la moindre défaite (seule équipe encore dans ce cas en Premier League) et en ayant concédé seulement trois buts en six journées (meilleure défense avec celle d'Arsenal, la plus hermétique du royaume ces dernières saisons). Après avoir remporté la Cup aux dépens de Manchester City pour s'offrir le premier trophée de toute l'histoire du club longue de 164 ans et gagné le Community Shield contre les Reds, les pensionnaires de Selhurst Park continuent à ravir leurs fans en cette année 2025 qui aura été celle de tous les bonheurs et de toutes les satisfactions. Ils ont aussi conquis le droit de disputer la Ligue Europa Conférence après avoir franchi l'obstacle des barrages face aux Norvégiens de Fredrikstadt et affronteront notamment le Dinamo Kiev, l'AZ Alkmaar et Strasbourg (qualifié pour la Coupe UEFA en 1991 avec dans ses rangs Ian Wright, Stan Collymore, Gareth Southgate et Nigel Martyn, le club s'était vu interdit de participation en raison du bannissement des clubs anglais suite à la tragédie du Heysel en 1985).
En dehors des arrivées de l'excellent Yéremy Pino, du défenseur central toulousain Jaydee Canvot, du latéral Borna Sosa et du portier franco-argentin Walter Benitez (très cosmopolite, l'effectif de Palace se compose de pas moins de 60% de joueurs étrangers), la meilleure nouvelle du mercato fut sans doute le vrai-faux départ de Marc Guéhi à Liverpool (quel joueur les dirigeants des bords de la Mersey n'ont-ils pas tenté de recruter l'été dernier?) qui a fait l'objet d'un véritable feuilleton, tout comme le transfert d'Alexander Isak. Figure de proue du club après le départ d'Eberechi Eze à Arsenal, l'international anglais tient la baraque derrière et est au sommet de son art à 25 piges. Glasner opte souvent pour une défense à trois centraux où le natif d'Abidjan officie sur le flanc gauche aux côtés du Français Maxence Lacroix, formé à Sochaux et qui a porté les couleurs de Wolfsburg, et de l'Américain Chris Richards, au gabarit impressionnant (1,88m pour 87 kg). Glasner a misé sur la puissance davantage que sur la mobilité, et l'arrière-garde ne manque pas de muscle et brille dans le domaine aérien (la confrontation avec Arsenal s'annonce explosive sur ce plan), secteur capital en Premier League. Les deux latéraux Daniel Munoz (Colombie, au club depuis janvier 2024 après plusieurs saisons à Genk) et Tyrick Mitchell évoluent un cran plus haut et ont la charge d'animer les couloirs.
Dans l'entre-jeu flambent deux joueurs éminemment sous-cotés et dont on ne parle pas suffisamment, au contraire de Marcus Thuram et Adrien Rabiot: Adam Wharton et Daichi Kamada, qui forment un remarquable tandem. Le premier nommé, qui au passage n'a rien à voir avec l'auteur de l'essentiel Temps de l'Innocence (à lire d'urgence, bande de béotiens abreuvés de bière), a signé son premier contrat professionnel avec les Blackburn Rovers en 2022 et honoré sa seule et unique cape contre la Bosnie-Herzégovine en juin 2024 après avoir été sélectionné chez les U19, les U20 et les Espoirs. Polyvalent et complet, il affiche une sérénité et une maîtrise technique assez bluffantes à 21 ans, jouant les sentinelles devant la défense, assurant la première passe vers l'avant et ne donnant pas sa part au clebs à la récupération. Toutes proportions gardées, il y a du Gerrard chez ce gamin, à qui un bel avenir semble promis, vraisemblablement sous d'autres cieux (mais pourquoi diable Liverpool ne l'a-t-il pas recruté?). Quant à l'international japonais, passé par la Lazio et l'Eintracht Francfort, il est celui qui accélère le jeu, progresse et élimine balle au pied et impulse les mouvements offensifs, tout en faisant plus que sa part de sale boulot (cinq ballons récupérés et quatre fautes face aux Reds). A la fois habile et travailleur, ce duo fait tourner la salle des machines à plein régime.
Jean-Philippe Mateta, auteur de quatorze buts en championnat la saison dernière et dont on se demande toujours ce qu'il a de moins que Kolo Muani (Corentin si tu nous lis on pense à toi), reste évidemment le leader d'attaque et a déjà trouvé les filets à deux reprises face à Aston Villa et West Ham. Il se voit remarquablement secondé par le surprenant Ismaila Sarr, ressuscité après son passage fort décevant à l'OM et déjà auteur de trois buts (au passage Iliman Ndiaye crame également avec Everton et il faudrait peut-être se poser quelques questions du côté du Vieux Port). Yéremi Pino, qui est entré en jeu lors de la finale de l'Euro 2021 contre l'Italie, est quant à lui capable de jouer sur les deux côtés de l'attaque (parfois en faux pied donc) et amène une touche d'inventivité et de percussion qui manquait sans doute à l'ensemble. Son bilan statistique demeure vierge mais l'impression visuelle qu'il dégage et son influence sur le jeu de son équipe laisse présager de fort jolies choses. A l'heure où les deux grands favoris pour le titre ont claqué la bagatelle de 800 millions pour se renforcer, certains clubs aux moyens bien plus limités savent se débrouiller pour continuer à faire mieux qu'exister au pays de la livre sterling reine.




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