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mardi 30 septembre 2025

Serie A, le combat des chefs

Bien malin qui peut dire quelle équipe remportera le titre en fin de saison dans la botte, tant les positions après cinq journées apparaissent serrées et fragiles. Les cinq formations de tête, qui sont également les cinq favorites au Scudetto, se tiennent en trois points, sachant que l’Atalanta, affaibli par le départ de Gasperini et l’imbroglio Lookman et rossé par le PSG en Champions League, ne devrait pas à se mêler à la lutte pour la première place, tout comme la surprenante Cremonese de Jamie Vardy, toujours invaincue et victorieuse à San Siro face au Milan AC. Les hommes de Massimilano Allegri occupent la tête du classement grâce à leur meilleure différence de buts et devancent d’un souffle le Napoli et l’AS Roma, tandis que la Juventus d’Igor Tudor pointe à une longueur et le rival intériste à trois unités après ses deux revers consécutifs contre la Juve et l’Udinese. Les prochaines journées donneront lieu à une confrontation systématique entre gros calibres et verront s’opposer la Juve et le Milan le 5 octobre, l’AS Roma et l’Inter le 18, Naples et l’Inter le 25 et le Milan AC et l’AS Rome le 2 novembre. Déjà sous pression, l’Inter n’aura guère droit à l’erreur, sous peine de voir ses rivaux prendre une avance certes pas encore définitive mais substantielle. Les joueurs de Christian Chivu sont en effet pour l’heure les moins bien placés parmi les cinq favoris clairement identifiés sur la ligne de départ qui sont aussi, étonnamment, les cinq budgets les plus conséquents du championnat. 

 

Il faut dire que malgré une fin de saison dernière en queue de poisson (humiliation face au PSG en finale européenne, deuxième place en Serie A à un petit point du Napoli, défaite en finale de coupe contre Bologne), les dirigeants nerazzuri n’ont pas jugé bon d’opérer une révolution et de chambouler l’effectif. Chivu s’appuie sur le même noyau que son prédécesseur Inzaghi (Sommer, Bastoni, Dumfries, Dimarco, Calhanoglu, Barella, Martinez, Thuram), les seules recrues, utilisées au compte-gouttes pour la plupart et qui n’ont guère bousculé la hiérarchie en place, se nommant Akanji (City), Luis Henrique (OM), Diouf (Lens), Sucic (Dinamo Zagreb) et la révélation Esposito, appelé en sélection pour la première fois en sélection par Gattuso en août et buteur contre Cagliari. A l’Inter, on veut faire du neuf avec du vieux (dix joueurs de l’effectif sont âgés de trente ans ou plus et Acerbi a soufflé ses 37 bougies en février dernier) mais la claque en mondovision reçue face à la bande de Luis Enrique et le triplé possible réduit en poussière dans le sprint final ont peut-être marqué les esprits au fer rouge et instillé le doute. Il n’aurait peut-être pas été inopportun de rafraîchir un groupe qui a cédé devant le Napoli et s’est incliné à deux reprises en finale continentale lors des trois derniers exercices. Pour l’heure, Thuram, contesté et plus que contestable en équipe de France, porte les siens à bout de bras avec trois buts, à un pion au classement du meilleur réalisateur Pulisic. 

 

 

Le rival milaniste a profité de l’affaire Rowe pour faire signer Adrien Rabiot, qui retrouve ainsi son père spirituel Allegri et un autre international français en la personne de Youssouf Fofana. L’ancien de la Juve et de l’OM semble avoir trouvé sa place dans l’entre-jeu rossonero aux côtés d’un Modric pas franchement arrivé en mode pré-retraite en Lombardie et qui continue d’épater son monde à quarante balais. En l’absence de Rafael Leao, qui a fait son retour lors du succès face au Napoli, c’est la recrue hivernale Santiago Gimenez qui a régulièrement été aligné dans le 3-5-2 maison en association avec Pulisic, sans grand succès puisque le Mexicain n’a pas encore trouvé le chemin des filets. Dans le secteur défensif, Allegri s’appuie sur une défense à trois éléments composée le plus souvent de Tomori, au club depuis 2021, du produit local Gabbia et de l’international serbe Pavlovic (47 sélections, à ne pas confondre avec son homonyme allemand du Bayern), passé par le FC Bâle, Monaco et le RB Salzbourg, une arrière garde qui ne concède en moyenne que 0,6 but par match. Ce sont l’Equatorien Estupinan, piqué à Brighton pour une vingtaine de millions, et le Belge Saelemakers, prêté à la Roma la saison dernière, qui ont la responsabilité de verrouiller les flancs et d’animer les couloirs. 

 

 

Du côté de Rome, Ranieri avait déjà sérieusement remis de l’ordre dans la maison en n’hésitant pas à mettre sur le banc ou accorder moins de temps de jeu à certains titulaires qui s’étaient installés dans un confort malsain (Dybala, Pellegrini, Dovbyk, El Sharaawy notamment) pour lancer des joueurs comme Soulé, Svilar, Angelino ou Celik. Dans son 4-3-3,  Gasperini aligne régulièrement une défense Mancini-Ndicka-Hermoso qui s’avère pour l’instant la plus hermétique du pays avec un seul but encaissé (les giallorossi se sont d’ailleurs imposé trois fois sur le score de 1-0, contre Bologne, Pise et lors du derby romain). Koné, bluffant de volume et de puissance, ratisse une pelletée de ballons au milieu tandis que Cristante dirige la manœuvre., et ce sont Angelino et Rensch (ou le jeune Brésilien França) qui jouent les latéraux avancés. Plutôt que d’aligner deux véritables ailiers pour approvisionner son avant-centre, l’ancien coach de l’Atalanta préfère confier la dernière passe à Pellegrini, revenu en odeur de sainteté (normal à Rome hein) et Soulé (2 buts et un caviar au compteur pour l’Argentin), placés au soutien de Ferguson ou Dovbyk (blessé à la cuisse contre le Torino, Dybala a manqué le derby et le match contre l’Hellas Vérone). Alors qu’on s’attendait plutôt à du football champagne (ou du football asti) avec Gasperini sur le banc, c’est plutôt la solidité et le réalisme qui sont la marque de fabrique de cette Roma new look. Ce changement surprenant de logiciel n’est pas forcément pour déplaire aux tifosi romains, qui peuvent se foutre de la tronche du rival laziale, douzième avec trois défaites dans la musette, et se prendre à rêver d’un nouveau sacre, vingt-cinq ans après l’époque glorieuse des Cafu, Candela, Samuel, Emerson, Nakata, Montella, Totti, Batistuta et autres Delvecchio. 

 

 

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