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samedi 4 octobre 2025

Mais qu'a fait Tolisso?

Saluons d'abord l'esprit un peu plus ouvert dont Deschamps a su faire preuve sur ses dernières listes, la dernière innovation en date étant la sélection de Jean-Philippe Mateta, que nous appelions de nos vœux depuis un bon moment. Après avoir ouvert la porte à Akliouche et Ekitiké, le sélectionneur persiste dans sa politique d'élargissement du groupe, même si l'attaquant de Palace profite des absences des Parisiens Doué et Dembélé, de la blessure de Thuram et de la disparition de Kolo Muani des radars. La dernière liste se rapproche de ce que nous souhaitons et l'installation d'un 4-2-3-1 avec l'excellent Olise aux manettes et Mbappé en pointe  laisse augurer de belles choses dans le domaine offensif. Malgré ces progrès et ces quelques pas dans la bonne direction, une question reste en suspens autour de l'équipe de France: pourquoi diable Corentin Tolisso se voit-il systématiquement fermer la porte au nez alors que des joueurs comme Guendouzi ont récemment été appelés et même titularisés et qu'un Camavinga, blessé depuis des lustres et loin de se montrer à son avantage avec le Real, fait immédiatement son apparition en bleu quelques jours seulement après son retour? Une énigme. Un mystère. Un choix irrationnel.

 

Tolisso a signé une saison dernière de toute beauté, inscrivant sa dizaine de pions et distribuant du caviar à la pelle. Il s'agit d'un joueur brillant, complet et incroyablement polyvalent, aussi bien capable de faire le boulot à la récupération, de prendre la direction des opérations en attaque que de dépanner en pointe. Son abattage, son volume de jeu, sa qualité technique et sa maîtrise parfaite de la passe lui permettent de pouvoir évoluer avec une aisance égale dans un rôle de milieu récupérateur, de relayeur au service d'un meneur de jeu de métier ou de milieu offensif. De mémoire de supporter, on a rarement eu un tel profil sous la main, une sorte de Steven Gerrard ou de Paul Scholes à la française qui peut faire autant de choses différentes et rendre autant de services sur un terrain. Le type peut sortir un tacle impeccable, une ouverture limpide de trente mètres, briller dans le jeu court et les espaces réduits, placer sa tête sur un centre, frapper de loin ou signer une longue course pour opérer un retour défensif. On parle quand même d'un mec qui a joué cinq ans au Bayern, remporté la Champions League et la Coupe du Monde et planté une cinquantaine de buts en club. Pas exactement le tocard du coin. Et à 31 ans, il est au sommet de son art.

 

Deschamps met souvent en avant la notion de groupe et l'importance de faire preuve d'un bon esprit et d'une attitude irréprochable. Que peut-il bien trouver à redire au sujet du capitaine lyonnais, qui a fait le choix de rester dans son club de cœur malgré le contexte économique plus que difficile et la vague de départs qui a marqué l'été, dont celui de son grand pote Lacazette? Tolisso a opté pour la difficulté et se dit malgré tout ravi d'encadrer le groupe rhodanien, de prendre les jeunes comme Merah ou Morton sous son aile et de jouer les grands frères. C'est un capitaine absolument exemplaire sur et en dehors des terrains, un mec à la mentalité saine et altruiste, qui en prime s'appuie sur une énorme expérience du haut niveau (28 sélections et une cinquantaine de matches européens au compteur tout de même). Aussi bien sur un plan purement footballistique que sur un plan humain, Tolisso est un rêve de sélectionneur, une bénédiction pour une sélection, une plus-value dans un groupe à tous les niveaux. Et on lui préfère Camavinga, un type qui n'a jamais rien prouvé et cire le banc d'une équipe qui prend branlée sur branlée contre les cadors de la Liga et du vieux continent. Tout simplement incompréhensible, d'autant que l'OL réalise un début de saison de rêve et que Tolisso a déjà planté à deux reprises.

 

On aurait à la limite (nous disons bien à la limite) compris que DD sélectionne Youssouf Fofana, auteur d'un début d'exercice satisfaisant et titulaire permanent dans l'entre-jeu du Milan, ou Warren Zaïre-Emery, plutôt à son avantage à Barcelone, à la place du milieu lyonnais. Mais aller chercher Camavinga, qui a joué en tout et pour tout une cinquantaine de minutes en quatre rencontres depuis son retour de blessure, cela frise le foutage de gueule pur et simple. Malgré l'arrivée dans le groupe de Mateta, il faudra également nous expliquer les sélections de Kingsley Coman, qui est allé enterrer sa fin de carrière en Arabie Saoudite, et de Christopher Nkunku, auteur de trois malheureux buts la saison dernière avec Chelsea et d'un seul pion en Coupe d'Italie avec le Milan. Il conviendrait aussi de nous convaincre de la nécessité de continuer à appeler les frangins Hernandez, dont l'un évolue sous les couleurs prestigieuses d'Al Hilal (un "grand club" sans doute) et l'autre joue les utilités au PSG. Bref, malgré un changement de cap dont nous ne pouvons que nous réjouir et que nous attendions depuis un bail, force est de constater que cinq ou six types n'ont toujours simplement rien à faire en équipe de France. Et que d'autres, convaincants sur tous les plans, se voient gentiment priés de rester à la maison.

1 commentaire:

  1. Je tiens à féliciter la rédaction pour ses deux derniers sujets. On redonne enfin ses lettres de noblesse au plus grand club français. Et c’est largement mérité.

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