Grâce au revers cinglant d'un LOSC plongé en pleine crise de résultats face à un Strasbourg revigoré (faut-il voir un lien direct de cause à effet entre l'absence de l'indispensable Benjamin André et la mauvaise passe actuelle de Lille?), voilà l'OL seul quatrième du classement ce matin, avec une moyenne proche des deux points par match, onze succès en dix-neuf journées et à deux unités seulement du podium. Quand on sait par quels moments compliqués est passé le club rhodanien l'été dernier (coup de semonce de la DNCG, départs conjugués de Lacazette, Almada, Cherki et Mikautatdze, sans oublier la longue suspension de Fonseca), le bilan des partenaires de Tolisso (peut-être accessoirement le meilleur milieu français du championnat, il n'y a bien que vous savez qui pour ne pas s'en rendre compte) est aussi inattendu qu'exceptionnel. Surtout que le technicien portugais doit composer avec un groupe restreint d'une quinzaine de joueurs qui, comme nous avons déjà eu l'occasion de l'écrire sur la présente et indispensable gazette, semble investi d'une véritable mission.
Evidemment, on danse encore sur des musiques comme des enfants. Non, on a passé l'âge. Evidemment, la grande bonne nouvelle du moment se nomme Endrick, puisque le gamin, qui a fait exploser la défense messine hier, s'avère bien la petite pépite annoncée. On nous vend trop souvent du brésilos à deux balles qui s'approche davantage de l'otarie ou de Jean-Paul Robineau, mais force est de constater que la recrue lyonnaise est un phénomène de puissance, de vitesse et d'adresse. D'ailleurs, après son festival sur la pelouse de Saint-Symphorien, adversaires et coéquipiers n'ont pas tari d'éloges sur le joueur prêté par le Real, qualifié de "joueur de classe mondiale" par Gauthier Hein, de "monstrueux" par Niakhaté et d'"incroyable" par Tyler Morton. A lui seul, Endrick pourrait totalement métamorphoser le jeu offensif lyonnais et lui apporter la profondeur et la percussion qui lui manquaient. D'autant qu'il n'a que très peu joué cette saison, va donc progresser physiquement et de mieux en mieux s'intégrer au jeu de l'équipe au fil des rencontres. Quand on songe à une attaque Fofana-Sulc-Endrick soutenue par Morton et Tolisso, on se dit que les supporters lyonnais ont de quoi avoir l'eau à la bouche (je t'en prie ne sois pas farouche etc).
Mais l'arrivée et l'impact immédiat du jeune Brésilien ne sont pas les seuls motifs d'optimisme et de satisfaction sur les bords du Rhône. Tyler Morton, que nous avions placé dans nos dix recrues à suivre au coup d'envoi de la saison (comme quoi nous n'écrivons pas que des fadaises, même si nous avions également évoqué Benhattab et Paez), prend de plus en plus confiance et y est allé de son petit pion en terre lorraine (ce qui prouve que ce n'est pas une quiche). Ruben Kluivert, dont on se demandait s'il avait vraiment le niveau pour évoluer en Ligue 1, n'en finit plus d'épater la galerie et s'est également fendu de son pion à Metz. Moreira se montre souvent convaincant, Niakhaté est revenu de la CAN, Maitland-Niles semble enfin sorti de sa torpeur et il est même possible apparemment de prendre trois points à l'extérieur avec Hateboer titulaire au poste de latéral droit (en encaissant deux buts au passage tout de même, ne nous enflammons pas). N'oublions pas que Mangala a enfin rejoué et que les retours de Fofana et Nuamah, même repoussés, restent dans les tuyaux pour la fin de saison.
Nous l'affirmons haut et fort (nul besoin de gueuler ou d'écrire en caractères gras cependant, tant il est vrai qu'on se fait l'écho de la présente et indispensable gazette jusque dans les salons moelleux de l'hôtel de Lassay), cet OL au complet possède le potentiel pour titiller l'OM jusqu'au bout pour une place sur le podium et peut rêver ni plus ni moins que d'un sacre en Ligue Europa, qui effacerait en partie la terrible désillusion de Manchester la saison dernière. Autant la période hégémonique des sept titres consécutifs avec Aulas en mode chambreur et Govou le chouchou de Domenech nous gonflait à peu près autant que le dernier album de Julien Doré (non, pas tout à fait autant, tout compte fait), autant ce parcours remarquable dans l'adversité, doublé d'un jeu souvent plaisant et offensif, ne peut que susciter que l'enthousiasme et un sifflement d'admiration. Les mauvais jours semblent passés pour Lyon, qui va peut-être s'offrir d'ici la fin mai une parenthèse enchantée.




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