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jeudi 29 janvier 2026

Real Sociedad, la métamorphose

Voir une équipe aussi complète et talentueuse que la Real Sociedad galérer autant en Liga relevait de l'aberration pure et simple. Après une quinzaine de journées, le club basque avait déjà trouvé le moyen de s'incliner sur la pelouse du promu Oviedo et d'Alaves et de perdre à domicile face au Rayo Vallecano. Enchaînant les prestations insipides ou consternantes, les hommes de Sergio Francisco, habitués à jouer les équipes poil à gratter et difficiles à manœuvrer dans le championnat espagnol, se traînaient lamentablement dans les profondeurs du classement. Jusqu'à ce que les dirigeants, lassés de la situation, décident de montrer la lourde à Francisco et d'engager l'entraîneur italo-américain Pellegrino Matarazzo, qui a successivement occupé les bancs du VFB Stutgart et du TSG Hoffenheim avant de vivre sa première expérience espagnole. Et dès lors, quasiment du jour au lendemain, tout a changé et les nuages ont disparu.

 

Deux semaines seulement après la nomination du nouveau technicien, les partenaires d'Oyarzabal parvenaient en tenir en échec l'Atletico, Gonçalo Guedes répondant à l'ouverture du score de Sorloth. Cinq jours plus tard, ils arrachaient un précieux succès sur le terrain de Getafe grâce à un but d'Aramburu dans les arrêts de jeu. Accrochée par Osasuna, la Real Sociedad s'offrait ensuite en toute simplicité le scalp du Barça, un petit miracle au vu de la physionomie du match mais une preuve tangible des progrès et du changement de mentalité au sein du groupe. Dimanche dernier, les pensionnaires d'Anoeta prenaient le meilleur sur une redoutable formation du Celta Vigo qui n'a perdu que cinq matches en vingt-et-une journées. Bilan des opérations depuis l'arrivée aux affaires de Matarazzo: onze points pris sur quinze possibles et deux résultats solides face à deux cadors de la Liga. Le derby basque contre l'Athletic Bilbao de ce week-end et le déplacement au Bernabeu deux semaines plus tard s'annoncent excitants.

 

Ce redressement spectaculaire n'a rien de miraculeux, étant donné que l'effectif est blindé de bons éléments, qu'il suffisait de remettre les choses à plat tactiquement et d'insuffler de la confiance dans le groupe, ce que Matarazzo semble avoir parfaitement compris. Le coach préféré des fans de soccer (car, comme chacun sait, il n'y a que les Américains qui jouent au football, alors que le reste de la planète s'adonne à un sport mineur) peut s'appuyer sur un effectif de qualité, qui comprend des éléments fiables comme Aramburu, Munoz, Gorrotxategi, le très talentueux milieu Barrenetxea, l'ancien attaquant du PSG et de Valence Gonçalo Guedes, et les deux pointes Sucic et Oyarzabal (l'international espagnol a planté huit fois en dix-huit apparitions). Matarazzo a su faire des choix forts et trancher dans le vif en sortant du onze des joueurs confirmés comme Zubeldia, Odriozola et même le très prometteur Pablo Marin, qui avait pris part à 32 rencontres la saison dernière. 

 

Nous n'allons guère annoncer dans la présente et indispensable gazette que la Real Sociedad va casser la baraque d'ici la fin de saison et opérer une remontée d'anthologie au classement. Nous pensons simplement que le limogeage de Francisco était sans doute un mal pour un bien et que Matarazzo semble avoir remis de l'ordre dans les têtes. Rappelons au passage que le club de San Sebastian est une figure historique du football espagnol, qu'il a décroché deux titres de champion au début des années 80 ainsi qu'une place dans le dernier carré de la grande coupe d'Europe en 1983. Au début du siècle, menée de main de maître par Denoueix, la Real de Xabi Alonso et Kovacevic la jouait au coude à coude jusqu'au bout avec le Real. En 2020, sous les ordres d'Imanol Alguacil, le club remportait la Copa del Rey avant de disputer un huitièmes de finale de Champions League contre le PSG en 2024. En un mot comme en cent, la Real Sociedad est une place forte du football ibérique et un club populaire à l'identité régionale très marquée, à qui nous souhaitons le meilleur pour la suite de sa saison et le futur proche. 

 

 

  

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