On a vraiment échappé au pire en septembre dernier lorsque le Ballon d'Or, récompense ô combien décrédibilisée mais toujours importante aux yeux du grand public, fut décerné à Dembélé et non à Lamine Yamal, la nouvelle idole des jeunes à peau à problèmes qui avait bénéficié d'une campagne monstrueuse sur les réseaux sociaux. Si la baballe dorée était revenue au gamin, non seulement on aurait remis le prestigieux prix à un joueur qui n'avait qu'une saison et demie dans les jambes, mais on n'aurait surtout pas honoré d'autres joueurs du Barça qui le méritaient autant sinon davantage, à savoir Pedri, génial maestro de l'orchestre catalan, Lewandowski, toujours performant et à la tête d'une œuvre colossale, et Raphinha, auteur d'une saison extraordinaire au sens premier du terme. Pas totalement ignoré, le Brésilien s'est classé cinquième derrière Vitinha et Salah mais devant Hakimi, Mbappé et Kane, mais certains estiment qu'il aurait été digne du trophée, à commencer par l'intéressé lui-même, qui a admis s'être senti lésé, ou des entraîneurs comme Diego Simeone.
La saison dernière, Raphinha a planté 33 buts et délivré 18 passes décisives avec son club, terminé meilleur buteur de la Champions League à égalité avec Serhou Guirassy et claqué à 18 reprises en Liga. Il a surtout mis sept fois la chique au fond des filets du Real en six confrontations depuis son arrivée en Catalogne pour le plus grand plaisir des véritables esthètes et amoureux du jeu. Qu'il en soit ici remercié. Mais, comme pour tous les grands joueurs, son influence ne se résume pas aux simples statistiques: l'ancien Rennais (Dembélé, Guirassy, Doué, Doku, Aguerd, songez deux secondes à la gueule de l'équipe du Stade Rennais s'il avait pu retenir ses pépites) est un vrai leader sur et en dehors du terrain, un mec qui entraîne ses partenaires dans son sillage et qui, à l'instar de Dembélé au PSG, montre l'exemple par son pressing incessant, ses retours défensifs et sa combativité. Raphinha, c'est la technique brésilienne combinée à la garra charrua uruguayenne et une efficacité clinique: en un mot, un rêve d'entraîneur, contrairement à Vinicius, qui serait plutôt le cauchemar de Xabi Alonso. Hansi Flick ne manque d'ailleurs jamais une occasion de rendre hommage à son joueur qui déclare souvent lui devoir beaucoup en retour.
Entre fin septembre et fin novembre, le numéro onze du Barça a été victime de pépins physiques et de soucis au niveau des ischio-jambiers qui lui ont fait manquer une dizaine de matches. Or, depuis son retour sur les terrains, son équipe est littéralement métamorphosée et a dépassé le rival madrilène au classement, ce qui prouve que sa présence dans le onze est bien plus indispensable que celle de Yamal dont on nous rabat pourtant les portugaises. En douze matches de Liga, Raphael Dias Belloli a claqué sept pions et donné trois caviars et rallumé la flamme barcelonaise. Il a planté quatre fois en Supercoupe d'Espagne, offrant le titre à son club avec il est vrai un soupçon de réussite. Et s'il n'a toujours pas marqué en trois petites rencontres européennes, sa grande forme actuelle ne doit pas franchement rassurer les futurs adversaires de Barcelone en Champions League. Car en prime, et pas seulement de match, le Brésilien n'est jamais meilleur que lors des grands rendez-vous.
Nous ne nous attarderons guère sur le caractère totalement dévoyé du Ballon d'Or dont les médias font leurs choux gras mais qui a honoré des Sammer, Owen et Cannavaro, distingué huit fois Messi et oublié des légendes comme Maldini, Raùl, Gerrard ou Buffon. Nous ne contesterons pas non plus le sacre d'Ousmane Dembélé, auteur d'une saison en tous points exceptionnelle, qui s'est montré clutch dans les moments décisifs et a fait preuve d'un état d'esprit et d'une mentalité exemplaires. Nous dirons simplement que voir Yamal récolter presque deux fois plus de points que son illustre coéquipier confine au ridicule et à l'aberration pure et simple, même si le palmarès n'est plus à une contradiction près. Et encore, comme nous l'écrivions au début de ce brillant et indispensable papier qui fera crever Vincent Duluc de jalousie, on a vraiment frôlé la catastrophe et l'attentat footballistique deux fois consécutivement: imaginez une seconde voir Vinicius et Yamal, deux icônes de jeu vidéo, succéder à Beckenbauer, Cruyff, Platini, Van Basten et Baggio...




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