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samedi 7 février 2026

Gündogan, finesse et technique

Ni pur récupérateur, ni pur meneur de jeu, Ilkay Gündogan était un joueur complet et polyvalent, d'une finesse technique et d'une justesse rares et d'une utilité de tous les instants. Tous les techniciens qui ont eu la chance de l'avoir sous leurs ordres, de Klopp à Guardiola en passant par Löw (pas exactement les tocards du coin au passage), n'avaient que du bien à dire de lui et ne manquaient jamais une occasion de chanter ses louanges et de souligner son importance dans l'expression collective de leur équipe. Le milieu de terrain d'origine turque était capable d'éclairer le jeu d'une passe lumineuse, d'éliminer balle au pied dans des espaces réduits, de prendre la direction des opérations quand le besoin s'en faisait sentir et de marquer également, et même parfois des buts capitaux. Décisif au sein de toutes les formations où il a évolué, il a gagné partout où il est passé, remportant au cours d'une longue et riche carrière presque tous les trophées dont un footballeur de haut niveau puisse rêver.

 

Né en 1990 à Gelsenkirchen, non loin de Dortmund dans la Ruhr (et accessoirement la ville du club de Schalke 04), Gündogan effectue ses débuts professionnels en 2009 sous le maillot du FC Nuremberg, qui évolue alors en deuxième division allemande. Comme le club obtient son accession dans l'élite, il découvre la Bundesliga la saison suivante, au cours de laquelle il marque à cinq reprises et décroche ses premières sélections en équipe nationale Espoirs. Toujours à l'affût de talents prometteurs, le Borussia le recrute en mai 2011 contre quatre millions d'euros et lui fait signer un contrat de quatre ans. Dénigré à ses débuts avec les jaunards pour sa proximité supposée avec Schalke 04, Gündogan ne tarde pas à retourner l'opinion et à mettre les supporters dans sa poche. Titulaire et champion dès sa première année au club, il s'impose parmi les éléments majeurs d'une superbe équipe qui, avec les Lewandowski, Reus, Götze et Hummels, disputera en 2013 une finale de Champions League perdue contre le Bayern. Malgré une grave blessure au dos qui le tient éloigné des terrains pendant une année complète, il prolonge son bail avec Dortmund en 2014, ce qui démontre en quelle estime le tenaient ses dirigeants.

 

Première recrue du City version Guardiola, il rallie Manchester à l'été 2016 et commence fort, inscrivant notamment un doublé face à Barcelone en Champions League, mais est touché aux ligaments et doit mettre un terme à sa saison. A son retour sur les terrains, il bat un nouveau record en réussissant 167 passes sur 174 tentées face à Chelsea. Il atteint un pic de forme au printemps 2021, se voyant élu deux fois consécutivement joueur du mois de Premier League en février et mars. Cette année-là, il termine meilleur réalisateur du club en championnat avec 13 buts mais perd une nouvelle finale européenne contre Chelsea. Lors de la dernière journée en 2022, il plante deux fois face à Aston Villa et offre le titre aux Citizens, qui devancent finalement Liverpool d'un petit point. Elu capitaine par ses partenaires, Gündogan continue à marquer et faire marquer avec une régularité étonnante, inscrivant même le but le plus rapide en finale de Cup contre United après seulement douze secondes de jeu. Cherry on ze cake, c'est lui qui soulève enfin la coupe aux grandes oreilles le 10 juin 2023 à Istanbul (tout un symbole) après la victoire des siens sur l'Inter. Après un rapide passage au Barça (le temps de marquer dans le Clasico à 33 balais), il fait son retour à City en 2024, puis signe à Galatasaray, où les supporters le surnomment "l'homme qui a inventé le football". Gündogan avec City, c'est cinq titres de champion, 221 rencontres de championnat disputés pour 45 buts et 24 caviars, deux FA Cup et des centaines de passes et gestes géniaux.

 

Trop handicapé par son problème au dos, Gündogan manque le Mondial brésilien remporté par l'Allemagne: sans doute le plus grand regret du joueur, qui avait effectué ses débuts avec la Mannschaft trois ans plus tôt en remplacement de Philip Lahm. Pas franchement en réussite lors des tournois internationaux, il manque également l'Euro 2016 sur blessure avant de se faire sortir au premier tour deux ans plus tard en Russie (la pire performance de l'équipe nationale depuis 1938), puis à nouveau en 2022 au Qatar. A l'occasion de l'Euro 2024 à la maison, il devient le premier joueur d'origine turque à porter le brassard de capitaine de l'équipe nationale lors d'une compétition majeure. Après avoir été élu homme du match contre la Hongrie, il tire sa révérence internationale suite à l'élimination de l'Allemagne face à l'Espagne en quart de finale. Si les dieux du football existaient vraiment, la carrière du joueur inclassable et hors normes que fut Ilkay Gündogan aurait été couronnée d'un titre international que personne ne méritait plus que lui.

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