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samedi 7 février 2026

Lille en panne offensive

Fatalement, si le LOSC est en train de décrocher dangereusement au classement et de laisser l'OL filer vers la quatrième place et peut-être le podium, c'est qu'il encaisse trop de buts: douze au total sur les six dernières journées de championnat, ce qui, vous l'aurez calculé, bande de médailles Fields en herbe, nous donne une moyenne de deux pions concédés par rencontre depuis le début de l'année civile. En soi, cette statistique peut paraître surprenante, car Génésio dispose en Mandi, Ngoy et Aleksandro de vaillants défenseurs centraux, mais elle s'explique en grande partie par l'absence de Benjamin André, pilier du système du technicien nordiste. Ce qui peut sembler encore plus étonnant, c'est la totale faillite offensive dont les Dogues font preuve depuis plusieurs semaines, eux qui proposent habituellement un football résolument attractif et porté vers l'avant.

 

Dans le secteur de l'attaque, la grave blessure d'Igamane, victime d'une rupture du ligament croisé antérieur en finale de la CAN, laisse un vide énorme. L'attaquant marocain, arrivé au club l'été dernier en provenance des Glasgow Rangers, jouait jusque-là les doublures parfaites et avait inscrit cinq buts en Ligue 1 et quatre en Ligue Europa. Dans la mesure où Giroud commence sérieusement à faire son âge (quarante piges en septembre prochain tout de même) et ne plante quasiment plus dans le jeu (un seul pion sur le terrain du Celta Vigo depuis le début de l'année), le LOSC se retrouve quasiment sans avant-centre valable de métier et, malgré la qualité de certains mouvements offensifs, personne ne semble en mesure de se trouver à la conclusion des actions. L'équipe se trouve confrontée à un problème quasiment insoluble à la finition.

 

Car les autres éléments supposés apporter quelques buts ne brillent pas non plus particulièrement sur le plan statistique: malgré ses cinq buts en Ligue 1, Haraldsson n'a plus marqué depuis la mi-décembre et une victoire arrachée à l'Abbé-Deschamps, le compteur de Fernandez-Pardo reste bloqué à trois réalisations, tout comme celui de Felix Correia, qui présente davantage un profil de passeur-centreur que de pur buteur. A Saint-Symphorien, les Dogues auraient pu jouer cinq bonnes heures sans trouver la faille dans la défense messine, et on se demande sérieusement de qui pourraient bien venir les pions. Les dirigeants lillois ont bien fait signer Gaëtan Perrin lors du mercato hivernal, mais l'ancien Auxerrois n'a jamais marqué des pelletées de buts et ne résoudra pas les soucis offensifs de l'équipe à lui tout seul.

 

Génésio dispose d'une solide charnière centrale, de latéraux de métier, de milieux à la fois bosseurs et créatifs et de nombreux éléments capables de faire la dernière passe (Bouaddi, André, Haraldsson, Felix Correia voire Perraud) mais n'a pas sous la main le joueur décisif capable de mettre la chique au fond. C'est d'ailleurs essentiellement pour cette raison que le fossé est en train de se creuser avec Lyon, qui a planté treize fois en championnat depuis la reprise, peut compter sur des joueurs comme Sulc ou Moreira et s'est trouvé avec Endrick la pièce manquante à son puzzle, le clutch player capable de faire des différences individuelles, d'apporter de la percussion, de la vitesse et de la profondeur et de conclure les actions. On ne l'avait peut-être pas mesuré à l'époque, mais le prêt du Brésilien à l'OL pourrait à l'arrivée faire toute la différence entre une place sur le podium et un simple accessit.

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