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mardi 10 février 2026

Luis Diaz, le troisième homme

On en fait évidemment des caisses sur Harry Kane, trop longtemps privé de titres avec Tottenham et qui continue à empiler les pions tout en garnissant enfin l'armoire à trophées. On parle beaucoup en France de Michael Olise, qui est sans doute le meneur de jeu que le pays s'est enfin trouvé (même si on peut se demander si vous savez qui en cherchait vraiment un) pour alimenter ses attaquants d'exception. Mais on cause nettement moins du troisième membre du trio offensif du Bayern, qui a de quoi faire trembler les meilleures défenses du vieux continent sur leurs guibolles: le dénommé Luis Diaz, dont le nom est essentiellement associé dans ce pays à un tacle horrible qui avait fracassé la cheville d'Hakimi au Parc mais qui est en train de signer une saison de toute beauté et s'affirme comme la recrue parfaite. Plus la saison avance et plus il faut se rendre à l'évidence: le Colombien était bien la pièce manquante du puzzle offensif bavarois.

 

Auteur d'une prestation magnifique et d'un triplé contre Hoffenheim, l'ancien joueur de Liverpool s'est installé à la deuxième place du classement des buteurs de Bundesliga avec treize réalisations, devant des spécialistes du pion comme Undav, Guirassy ou Kramaric. Et il faut associer à ces buts ses neuf caviars en championnat (deuxième meilleur passeur d'Allemagne) ainsi que ses trois pions en Champions League malgré sa suspension consécutive à son carton rouge reçu contre le PSG. Infatigable cavaleur sur son côté gauche, le Colombien déborde, provoque balle au pied, n'oublie jamais de se replier et défend comme un chat maigre, sait conclure lui-même et se montrer altruiste lorsqu'il le faut et fait vivre un véritable enfer à son adversaire direct par son activité incessante. A 29 ans, Luis Diaz s'épanouit pleinement au Bayern et semble au sommet de son art.

 

Après la rencontre largement remportée contre Hoffenheim, Kompany a évoqué les qualités de son joueur en parlant à son sujet d'une "créativité chaotique". L'expression est assez bien choisie pour évoquer le jeu de Luis Diaz, qui peut avoir un côté chien fou (pour équilibrer avec le chat maigre) et apparemment brouillon mais apporte constamment du désordre et du danger et brouille les repères tactiques adverses en dézonant et en venant se placer entre les lignes, libérant ainsi des espaces pour Musiala et Kane. Car de la même manière qu'Olise est en fait un numéro dix excentré sur le flanc droit, le Colombien est un faux ailier gauche qui créé sans cesse de l'incertitude en revenant vers l'intérieur sur son pied droit. On ne se sait jamais s'il va se lancer dans une tentative de débordement et de centre ou se réaxer pour faire parler sa redoutable frappe de balle.

 

Nous l'avons déjà écrit, mais le secteur offensif du Bayern, à la fois efficace, protéiforme et imprévisible, a de quoi filer des sueurs froides aux plus grands techniciens européens. En Bundesliga, le trio Kane-Olise-Diaz pèse 47 buts et 32 passes décisives en 21 journées: du pur délire tout simplement. Et il faut signaler que Musiala a fait son retour sur les terrains après plusieurs mois d'absence après sa terrible blessure face au PSG (décidément) en coupe du monde des clubs l'été dernier, ce qui donne encore une option supplémentaire à Kompany. Ajoutons à ce terrifiant cocktail que Serge Gnabry, avec ses six réalisations en championnat, est revenu à un niveau plus que correct, et que le petit Lennart Karl, triple buteur en Champions League, est l'une des révélations de la saison, et vous obtenez un tableau qui peut faire frissonner dans les chaumières. Car ce n'est pas comme si, avec les Kimmich, Upamecano et autres Neuer, le Bayern n'était pas armé dans les autre lignes.

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