Le changement d'entraîneur et le limogeage d'Erik Horneland n'ont pas cassé la mauvaise dynamique stéphanoise. Encore présent sur le banc après avoir appris son licenciement quelques heures plus tôt, le technicien norvégien a terminé son séjour dans le Forez de la pire des manières, insistant impuissant à la défaite de ses joueurs à Geoffroy-Guichard contre Boulogne-sur-Mer, qui n'avait remporté que cinq matches jusqu'à présent. Un revers honteux qui fait suite à une déconvenue sur le terrain de Reims, concurrent direct pour la montée, et un succès minimal face à Clermont qui n'avait convaincu personne. Alors que Philippe Montanier, ancien portier des Verts, semble avoir donné son accord pour succéder à Horneland, l'ASSE s'enfonce tranquillement dans ce qui ressemble à une jolie crise, alors qu'on avait annoncé avant le coup d'envoi de la saison que les partenaires de Tardieu allaient littéralement écraser la Ligue 2.
Avec cinq succès, deux nuls et trois défaites, les Verts, qui évoluent dans une forteresse réputée imprenable et devant un public plus fidèle que jamais, ne sont que la sixième équipe à domicile, derrière des formations comme Guingamp ou Dunkerque. Dernièrement, ils ont été tenus en échec dans le chaudron par Bastia, actuelle lanterne rouge avec quinze petits points. Saint-Etienne a en outre concédé quatre défaites à l'extérieur (dont un cinglant 4-0 à Annecy) et présente une différence de buts négative en déplacement. A l'heure où nous écrivons ces indispensables lignes, l'ASSE n'est même pas en position de barragiste, et sa très décevante cinquième place se voit même menacée par des équipes comme Dunkerque, Guingamp, Annecy, Montpellier ou Pau qui lui collent sérieusement au train. Cador supposé de la Ligue 2, les Verts n'ont même pas remporté la moitié de leurs matches.
Certes, les pensionnaires de Geoffroy-Guichard viennent de perdre deux cadres avec les blessures de Mahmoud Jaber et du défenseur central Chico Lamba, qui revenait déjà d'une longue absence de plus de trois mois. Mais les pépins physiques de certains éléments n'expliquent pas tout. Quand on possède dans ses rangs des Stassin, des Boakye, des Cardona, des Duffus, des Tardieu, des Davitashvili, des Miladinovic et des Nadé, on doit pouvoir faire mieux que ne cadrer aucune frappe à la maison contre Boulogne, même avec la circonstance atténuante d'avoir été réduits à dix à la demi-heure de jeu (mais n'est-ce pas là un signe de la fébrilité qui règne au club?). L'attaquant luxembourgeois, très courtisé à l'intersaison, cristallise les interrogations et n'a plus marqué depuis la fin septembre et la septième journée sur la pelouse d'Amiens. La plupart du temps, c'est Davitashvili, un des rares irréprochables, qui porte l'attaque stéphanoise (huit réalisations).
Une pression monstrueuse va peser dans les prochains jours sur les épaules de Montanier, qui est peut-être venu se mettre dans un joli guêpier, et des joueurs, de plus en plus chahutés par leur propre public, à qui on avait promis monts et merveilles et une remontée dans un fauteuil. Le Verts recevront Montpellier le 7 février à l'occasion d'un match qui sent méchamment la poudre, avant de se déplacer au Roudourou et de recevoir Laval. Il va falloir tenir bon la barre dans la tempête et aller chercher des points au courage, sous peine d'aller au-devant de graves désillusions et de passer au moins une saison de plus à l'étage inférieur, ce qui serait peut-être synonyme de soucis financiers (même si le propriétaire canadien Larry Tanenbaum est l'une des plus grosses fortunes de la planète) et d'un exode massif de joueurs hautement valorisés. Attention les stations: une arrivée sur le banc stéphanois de Frédéric Antonetti ou Pascal Dupraz dans le rôle du pompier de service n'est peut-être plus tout à fait à exclure.




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