Avec ses onze buts (assortis de quatre passes décisives), Hugo Ekitike est le meilleur réalisateur de son équipe et le quatrième meilleur buteur de Premier League derrière Haaland, Semenyo et Igor Thiago et à égalité avec Joao Pedro. Au cours d'une saison difficile pour les Reds, toujours pas assurés de monter dans le train pour la prochaine Champions League et minés par un recrutement boursouflé et douteux (Kerkez, Frimpong), la nette baisse de régime de Salah et les blessures graves (Isak), l'ancien Parisien est un des rares motifs de satisfaction pour les dirigeants de la maison rouge. Son association avec Florian Wirtz, le petit Mozart allemand qui gagne en influence après une longue période d'adaptation et de virginité statistique, semble très prometteuse pour l'avenir et évoque, toutes proportions gardées, le duo extraordinairement complémentaire que formaient à la grande époque Steven Gerrard et Fernando Torres.
Beaucoup ont hurlé au fou quand les têtes pensantes d'Anfield ont décidé de claquer près de cent millions sur le joueur de l'Eintracht Francfort (surtout en France, où les fans de la baballe ronde conservent le souvenir d'un grand échalas qui cirait le banc du PSG). Beaucoup pensaient que l'ancien Rémois, d'apparence frêle et fragile, aurait beaucoup de mal à exister dans les joutes physiques hebdomadaires (qui n'ont, rappelons-le, qu'une seule bosse) de Premier League. C'était oublier qu'Ekitike s'était aguerri en Allemagne, un championnat pas franchement réputé pour sa douceur, et qu'il était prêt à bosser pour se faire une place au sein de l'attaque des Reds. Le gamin souffreteux a pris des épaules et des cuisses (ce qui doit plaire à vous savez qui), tout en conservant sa mobilité, sa finesse technique et son adresse devant les cages, et il faut bien se rendre à l'évidence: il est en train de bluffer tout son monde, de ses coéquipiers à son entraîneur en passant par les plus belles plumes du Guardian.
Tout compte fait, comme dit le directeur de campagne de Sarkozy, la progression du garçon a été assez linéaire et régulière et son passage à Paris ne fut qu'un simple accident de parcours (il a simplement, à l'instar de Brassens, débarqué dans la capitale au mauvais moment, en pleine période vedettariat et paillettes du trio Mbappé-Neymar-Messi). En 2021-22, il claque dix pions en Ligue 1 avec Reims à vingt piges tout ronds, a le malheur de susciter la convoitise du PSG et connaît un coup d'arrêt la saison suivante. Surnommé "monsieur zéro but" par la presse allemande quelques semaines après son arrivée en prêt à l'Eintracht, il parvient tout de même à convaincre les dirigeants de Francfort de le conserver et plante face au Bayern le lendemain de la signature de son contrat. On connaît la suite (surtout vous, fidèle et avisé lectorat de la présente et indispensable gazette): quinze buts et huit caviars en Bundesliga, l'emballement médiatique et le transfert colossal vers les bords de la Mersey. Champagne, foie gras et petites pépées. Ou plutôt Guinness, kidney pie et Scouser en mini-jupe.
On va dire que nous nous acharnons sur le "sélectionneur" (nous tenons aux guillemets en ce qui le concerne) de l'équipe de France, mais évidemment DD la science a attendu qu'Ekitike signe dans un "grand club" (terme dont la définition lui appartient entièrement, puisqu'il semble qu'Al-Hilal en soit un à ses yeux) et joue la Champions League pour l'appeler. Il en va de même pour Michael Olise, qui aurait pu marquer 55 buts et délivrer 35 caviars sous le maillot de Crystal Palace et se voir prié de rester gentiment à la maison. D'autres sont ou seront logés à la même enseigne en attendant le départ tant attendu de DD la lose (putain quatorze ans), de Mathieu Udol à Enzo Le Fée en passant par Nordi Mukiele ou Esteban Lepaul. "Vous comprenez, la championz ligue, c'est un autre niveau, une autre ezigensse". Et ben non, nous ne comprenons pas. Que l'on sache, Oyarzabal, Merino et Zubimendi ne la disputaient pas l'année où l'Espagne est devenue championne d'Europe, en éliminant au passage les Bleus de Kolo Muani et Théo Hernandez.




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