Tottenham est présent dans l'élite anglaise depuis le lancement de la Premier League en 1992. Auparavant, les Spurs avaient été la première équipe de l'île préférée de Napoléon à remporter un trophée européen (Coupe des Coupes 1963), signé un doublé coupe-championnat en 1961 et remporté la FA Cup à plusieurs reprises. Les habitués de White Hart Lane (remplacé en 2019 par le Tottenham Hotspur Stadium de plus de 60000 places) ont vu défiler un paquet de cadors, de Jimmy Greaves à Harry Kane en passant par Luka Modric, Jürgen Klinsmann ou Gary Lineker. Le club du nord de Londres, rival historique d'Arsenal, est une place forte du football anglais, un bastion incontournable, un repère pour les amateurs du football d'outre-Manche depuis des décennies. Or Tottenham n'a rarement semblé en plus mauvaise posture qu'aujourd'hui, puisque les Spurs occupent la seizième place du classement avec seulement quatre unités d'avance sur West Ham, premier relégable, et un bilan désastreux de sept victoires, huit nuls et treize défaites.
C'est l'entraîneur danois Thomas Frank, débauché de Brentford l'été dernier malgré le sacre en Ligue Europa avec Postecoglou, qui a fait les frais de la saison catastrophique des Spurs et a pris la lourde en février dernier. Son remplacement par Igor Tudor n'a pas franchement modifié la trajectoire de l'équipe en championnat, puisque les Spurs ont pris une rouste lors du North London derby et se sont inclinés sur la pelouse de Fulham. Le technicien croate a pourtant fait des choix forts puisqu'il a choisi d'installer Dragusin en charnière centrale plutôt que Danso en l'absence de Romero, suspendu, de redonner sa chance à Bissouma au milieu, de titulariser Gallagher, fraîchement débarqué de l'Atletico, et de laisser Richarlison sur le banc au profit du duo Kolo Muani-Solanke. La cascade de blessures plombe encore un peu plus la destinée de Tottenham, puisque pas moins d'une dizaine de joueurs, touchés pour une plus ou moins longue période, pourraient manquer le prochain rendez-vous face à Crystal Palace (Maddison, Kulusevski, Davies, Bentancur, Kudus, Odobert, Bergvall, Udogie et Spence).
On attendait énormément des deux recrues phare Mohammed Kudus et Xavi Simons, pour qui le club a déboursé pas moins de 120 millions et qui ont déçu dans les grandes largeurs. Le premier n'a signé que deux buts et cinq passes décisives en 19 apparitions en Premier League et aura manqué trois mois de compétition à cause d'une blessure à l'adducteur. Quant au second, il a été baladé d'un poste à l'autre par Frank et Tudor sans jamais exercer une quelconque influence sur le jeu de l'équipe et en ne trouvant le chemin des filets qu'une seule fois. Malgré la remise en cause de son statut, Richarlison reste le meilleur buteur de l'équipe en championnat avec huit réalisations, devançant d'ailleurs les deux défenseurs centraux Romero et Van de Ven (quatre pions chacun), ce qui en dit long sur la santé du secteur offensif des Spurs, qui ont accessoirement encaissé 43 buts en Premier League. Tel reste encore trop tendre et malgré la confiance accordée par Tudor à Kolo Muani, un joueur qu'il a eu sous ses ordres à la Juventus, le compteur de l'attaquant français reste bloqué à une seule unité (ce qui ne devrait pas l'empêcher de figurer dans la liste pour le prochain Mondial au nom du sacro-saint "groupe").
Paradoxalement, Tottenham est parvenu à se qualifier directement pour les huitièmes de Champions League en terminant quatrième de la première phase avec cinq victoires. Mais ce bilan s'avère trompeur puisque les Londoniens n'ont battu que Copenhague, l'Eintracht Francfort, Villareal et le Slavia Prague pour en arriver là. Au vu de leur situation en championnat, on ne gagerait pas que les Spurs aient vraiment la tête (puisqu'il s'agit d'abord de sauver la leur) aux joutes européennes à quelques jours d'affronter l'Atletico Madrid, qui doit se frotter les pognes de rencontrer une équipe aussi faiblarde et amoindrie. Il reste une dizaine de matches à Tottenham pour sauver sa peau et le calendrier n'a sur le papier rien d'insurmontable, puisque les partenaires de Porro croiseront le fer avec Forest, Brighton, Sunderland, Wolverhampton, Leeds et Everton. Seuls les déplacements sur les terrains de Chelsea et Villa s'annoncent ardus, dans la mesure où Liverpool, battu hier soir par la lanterne rouge, n'a plus franchement le profil d'un ogre. Mais il ne faut présager de rien avec ces tristes Spurs, potentiellement en difficulté face à n'importe quel adversaire cette saison.




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