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samedi 31 janvier 2026

Berbatov, dandy dilettante

Dimitar Berbatov appartient à la catégorie de joueurs que l'insupportable Jean-Michel Larqué ("je préfère un Krychowiak qui court à un Bodmer qui marche", une certaine idée du football) aimait à vilipender à longueurs d'émissions: celle des aristocrates des pelouses qui s'appuient exclusivement sur leurs facilités techniques et ne s'abaissent pas par principe à courir et transpirer. Comme d'autres spécimens de cette espèce en voie de disparition dans le jeu dit "moderne" (Valderrama, Pirlo, Riquelme, Thiago Motta, tous milieux et non attaquants d'ailleurs), le Bulgare (qui n'a pas mauvais goût) a passé le plus clair de sa carrière à marcher sur le terrain, promenant un regard détaché sur le match sans jamais manifester le moindre intérêt pour le replacement défensif ou un semblant de replacement défensif: guère surprenant qu'il n'ait jamais joué pour Mourinho, qui était capable de faire jouer Eto'o arrière latéral et se serait arraché les cheveux devant tant de nonchalance. Mais quand on est le sosie footballistique d'Andy Garcia et le joueur le plus cher de l'histoire du football de son pays, on peut se permettre de s'octroyer certains privilèges.

vendredi 30 janvier 2026

L'indispensable Benjamin André

En l'absence de son capitaine Benjamin André, le LOSC avait enchaîné les revers, prenant même une véritable déculottée à Pierre Mauroy contre Strasbourg et laissant un OL euphorique s'échapper au classement. Et puis la blessure à l'épaule du monsieur a fini par cicatriser, le numéro huit nordiste a pu réintégrer le onze et, coïncidence notoire, Lille a signé son premier succès contre Fribourg après cinq défaites consécutives et obtenu son billet pour les barrages de la Ligue Europa. Vous l'aurez compris, fidèle et avisé lectorat de la présente et indispensable gazette, lorsqu'on nous parlons de coïncidence, nos propos sont teintés d'une certaine ironie qui n'est d'ailleurs pas sans évoquer les meilleurs pages de Pierre Desproges. Car on ne mesure pas suffisamment l'importance prépondérante d'André dans le système de jeu lillois, sa colossale influence et le caractère tout simplement indispensable de sa présence dans l'entre-jeu de l'équipe de Génésio.

jeudi 29 janvier 2026

Real Sociedad, la métamorphose

Voir une équipe aussi complète et talentueuse que la Real Sociedad galérer autant en Liga relevait de l'aberration pure et simple. Après une quinzaine de journées, le club basque avait déjà trouvé le moyen de s'incliner sur la pelouse du promu Oviedo et d'Alaves et de perdre à domicile face au Rayo Vallecano. Enchaînant les prestations insipides ou consternantes, les hommes de Sergio Francisco, habitués à jouer les équipes poil à gratter et difficiles à manœuvrer dans le championnat espagnol, se traînaient lamentablement dans les profondeurs du classement. Jusqu'à ce que les dirigeants, lassés de la situation, décident de montrer la lourde à Francisco et d'engager l'entraîneur italo-américain Pellegrino Matarazzo, qui a successivement occupé les bancs du VFB Stutgart et du TSG Hoffenheim avant de vivre sa première expérience espagnole. Et dès lors, quasiment du jour au lendemain, tout a changé et les nuages ont disparu.

mercredi 28 janvier 2026

L'exception Hoffenheim

Hoffenheim est une bourgade de 3000 habitants située dans le Land du Bade-Wurtemberg, au sein de la municipalité de Sinsheim, au sud de l'Allemagne, à une centaine de kilomètres de Stuttgart. Son club de football, le Turn und Sport Gemeinschaft (TSG, à ne pas confondre avec une célèbre équipe parisienne), propriété du milliardaire Dietmar Hopp, qui a fait fortune dans l'informatique, a été fondé en 1899 et a évolué en huitième division jusqu'à l'arrivée de l'homme d'affaires. Grâce aux investissements de cet ancien joueur du club, le TSG parvient à monter jusqu'en troisième division, puis finalement jusqu'à l'élite en 2008, avec un certain Ralf Rangnick, ancien entraîneur de Schalke 04, du VFB Stuttgart et du Hanovre 96 qui officiera ensuite sur le banc de United et occupe aujourd'hui le poste de sélectionneur de l'équipe nationale d'Autriche. 

lundi 26 janvier 2026

Lyon, une pluie de bonnes nouvelles

Grâce au revers cinglant d'un LOSC plongé en pleine crise de résultats face à un Strasbourg revigoré (faut-il voir un lien direct de cause à effet entre l'absence de l'indispensable Benjamin André et la mauvaise passe actuelle de Lille?), voilà l'OL seul quatrième du classement ce matin, avec une moyenne proche des deux points par match, onze succès en dix-neuf journées et à deux unités seulement du podium. Quand on sait par quels moments compliqués est passé le club rhodanien l'été dernier (coup de semonce de la DNCG, départs conjugués de Lacazette, Almada, Cherki et Mikautatdze, sans oublier la longue suspension de Fonseca), le bilan des partenaires de Tolisso (peut-être accessoirement le meilleur milieu français du championnat, il n'y a bien que vous savez qui pour ne pas s'en rendre compte) est aussi inattendu qu'exceptionnel. Surtout que le technicien portugais doit composer avec un groupe restreint d'une quinzaine de joueurs qui, comme nous avons déjà eu l'occasion de l'écrire sur la présente et indispensable gazette, semble investi d'une véritable mission.

vendredi 23 janvier 2026

Lens, les raisons d'une réussite

Pour qu'un club tourne bien, il faut que tous les étages de la fusée fonctionnent parfaitement et que les différentes composantes opèrent en symbiose. C'est le cas au RC Lens, surprenant et magnifique champion d'automne, où le président a su faire le ménage dans les comptes, où le directeur sportif et la cellule recrutement ont fait un travail absolument remarquable et où l'entraîneur bénéficie d'une confiance totale de la part de ses dirigeants. Joseph Oughourlian, Jean-Louis Leca et Pierre Sage: voilà les trois hommes à qui le RCL doit en grande partie sa réussite actuelle, sur qui personne n'aurait misé un kopeck avant le coup d'envoi de la saison. Pourtant, dès le départ, tous les éléments du puzzle étaient réunis pour que la saison lensoise bascule dans l'exceptionnel, et non dans l'irrationnel, tant il est vrai que tout a été superbement pensé du sol au plafond. Le parcours des partenaires de Thauvin évoque celui du LOSC en 2020-21, avec le bon coup Burak Yilmaz, l'émergence de Botman, David et Maignan et le travail de Galtier.

jeudi 22 janvier 2026

Champions League, une formule qui marche

Puisque les progrès récents vers le meilleur se font plutôt rares dans le football (la dernière trouvaille de génie étant le VAR, qui a encore démontré à l'occasion de la dernière finale de la CAN à quel point il pourrissait notre sport chéri), avouons que nous étions carrément sceptiques à la veille du coup d'envoi de la nouvelle mouture de la Champions League. Habitués depuis des lustres aux huit groupes de quatre équipes avec deux qualifiés, un reversé en Ligue Europa et un éliminé de toute compétition européenne, nous redoutions que l'UEFA nous fasse le coup du "plus de matches pour plus de pognon" au mépris de l'intérêt sportif. Quoi, une poule unique avec tirage au sort assisté par ordinateur, huit qualifiés directement pour les huitièmes et seize barragistes? Mais qu'est-ce que c'était encore que ce coup de Trafalgar à la mords-moi la jambe de l'amiral Nelson? Quel genre d'usine à gaz footballistique était-on tranquillement en train de mettre sur pied? Or, un an et demi après le lancement de la chose, il faut bien convenir que la formule mise au point par les instances continentales fonctionne fort bien et comporte beaucoup plus d'avantages que de mauvais côtés.

lundi 19 janvier 2026

La balade d'Olise

L'espace d'un instant, on a pu croire que le Bayern, mené à la mi-temps sur la pelouse du RB Leipzig et sérieusement secoué par son adversaire du jour, allait peut-être perdre son premier match de la saison en Bundesliga. Que nenni évidemment. Les hommes de Kompany en ont tout simplement claqué cinq en deuxième mi-temps, histoire de rappeler à tout le monde qui étaient les tauliers et d'éteindre tout semblant de suspense quant à l'identité du futur champion. Voilà donc les partenaires de Kane nantis de 50 points après 18 journées (16 victoires et 2 nuls), d'onze unités d'avance sur le Borussia Dortmund et dix-sept sur Hoffenheim, surprenant troisième. Ils en outre planté la bagatelle de 71 pions, soit quasiment une moyenne ahurissante de quatre buts par match, pour une différence de buts de +57. Jamais peut-être les Bavarois n'avaient écrasé la concurrence nationale de cette manière, faisant de la Bundesliga le championnat majeur le moins intéressant du vieux continent.

dimanche 18 janvier 2026

L'Inter au-dessus

Avec 49 points et 16 succès en 21 journées, l'Inter trône en tête de la Serie A avec six longueurs d'avance sur le Milan AC (qui compte un match de moins) et Naples, dix sur la Roma et la Juventus, piteusement battue hier à Cagliari. Bien décidés à reprendre le titre aux Napolitains, les hommes de Christian Chivu signent un parcours remarquable en championnat et continuent à afficher une régularité métronomique. Le derby de la Madonnina, prévu le 8 mars prochain à l'occasion de la 28 journée, pourrait bien décider en grande partie de l'identité du futur champion. En Champions League, les nerazzuri occupent la sixième place du classement avec 12 points, soit autant que le Real, Liverpool et l'Atletico, mais il leur faudra cravacher pour se maintenir parmi les huit premiers et éviter les barrages car les deux dernières rencontres leur réservent la réception d'Arsenal et un déplacement périlleux à Dortmund. Mais l'on connaît le savoir-faire des intéristes dans cette compétition, et il ne fera pas bon croiser leur route lors des prochains tours.

vendredi 16 janvier 2026

Pirlo, la classe à l'italienne

La carrière d'Andrea Pirlo faillit ne jamais vraiment décoller. Après sa formation et ses débuts professionnels sous les couleurs de Brescia, celui que l'on surnomme "le nouveau Baggio" pour son élégance et son toucher de balle rejoint l'Inter en 1998, à l'âge de 19 ans. Barré par des joueurs comme Baggio (justement) ou Djorkaeff, le petit prodige joue très peu sous le maillot nerazzuro, et se voit finalement prêté à la Reggina un an plus tard. Malgré des prestations correctes, Pirlo ne parvient pas à faire son trou à Milan et est envoyé à Brescia en 2001. Retour à la case départ. Celui qui vient de remporter l'Euro espoirs et de terminer meilleur buteur de la compétition ne réussit pas à s'imposer en club et son passage à l'Inter se solde par un échec. Lorsqu'il est vendu à l'autre club milanais à l'été 2001, on se pose beaucoup de questions en Italie sur sa capacité à se faire violence et exploiter un potentiel visible aux yeux de tous mais qui reste en sommeil. Et la lumière va venir de Carlo Ancelotti.

jeudi 15 janvier 2026

Real Madrid, le cycle infernal

On pouvait penser que Xabi Alonso avait toutes les qualités requises pour s'imposer sur le banc du Real: ancien joueur du club de 2009 à 2014 (une CL et une Liga remportée), il avait commencé sa carrière d'entraîneur en prenant en charge les Infantil A, l'équipe des moins de 14 ans du Real. On connaît la suite, surtout vous, fidèles et avisés lecteurs: la Real Sociedad B puis des résultats extraordinaires avec le Bayer Leverkusen, qu'il conduira au titre de champion en 2024 sans perdre un seul match de toute la saison en Bundesliga. Mais le Basque a eu le grand tort de vouloir instaurer une véritable méritocratie au sein de l'effectif et d'abolir les passe-droits, d'imposer des séances de tableau noir et d'essayer de renforcer le bagage tactique de ses joueurs et d'oser exiger de ses attaquants qu'ils participent au travail défensif. Il s'est lourdement trompé sur la véritable nature de l'équipe qu'il dirigeait, à savoir un agrégat d'individualités et d'egos surdimensionnés davantage qu'un véritable collectif dans lequel chacun accepte de faire les efforts pour les autres.

lundi 12 janvier 2026

Raphinha, l'homme fort du Barça

On a vraiment échappé au pire en septembre dernier lorsque le Ballon d'Or, récompense ô combien décrédibilisée mais toujours importante aux yeux du grand public, fut décerné à Dembélé et non à Lamine Yamal, la nouvelle idole des jeunes à peau à problèmes qui avait bénéficié d'une campagne monstrueuse sur les réseaux sociaux. Si la baballe dorée était revenue au gamin, non seulement on aurait remis le prestigieux prix à un joueur qui n'avait qu'une saison et demie dans les jambes, mais on n'aurait surtout pas honoré d'autres joueurs du Barça qui le méritaient autant sinon davantage, à savoir Pedri, génial maestro de l'orchestre catalan, Lewandowski, toujours performant et à la tête d'une œuvre colossale, et Raphinha, auteur d'une saison extraordinaire au sens premier du terme. Pas totalement ignoré, le Brésilien s'est classé cinquième derrière Vitinha et Salah mais devant Hakimi, Mbappé et Kane, mais certains estiment qu'il aurait été digne du trophée, à commencer par l'intéressé lui-même, qui a admis s'être senti lésé, ou des entraîneurs comme Diego Simeone. 

dimanche 11 janvier 2026

Le réveil de l'Atalanta

Le début de saison de l'Atalanta Bergame avait été difficile, avec le départ de l'entraîneur historique Gasperini vers la Roma durant l'été, la perte du meilleur buteur de Serie A Mateo Retegui qui a fait le choix du cœur avec l'Arabie Saoudite , les états d'âme de Lookman qui voulait à tout prix quitter le club pour l'Inter, la blessure de Scamacca qui l'a éloigné des terrains pendant un mois et demi, deux résultats nuls face à Parme et Pise pour commencer et une rouste infligée par le PSG au Parc lors de la première journée de Champions League. Depuis, Scamacca est revenu sur les terrains et a planté à cinq reprises, Lookman, remarquable avec le Nigeria à la CAN, semble s'être mis la tête à l'endroit et avoir retrouvé son football et le discours de Palladino, ancien attaquant international qui officiait sur le banc de la Fiorentina la saison dernière, semble passer plus facilement auprès du groupe que celui de son prédécesseur Ivan Juric. Les résultats s'en ressentent, et même s'il sera difficile d'obtenir un strapontin pour la prochaine Champions League parmi le clan des cinq cadors, une place finale dans le premier tiers du classement paraît un objectif réalisable.

vendredi 9 janvier 2026

Premier League, un cru oubliable?

On s'attendait à une saison de feu en Premier League, avec le recrutement pharaonique de Liverpool, l'arrivée de Gyökeres à Arsenal, le titre de champion du monde des clubs remporté par Chelsea, les signatures de Kudus et Xavi Simons à Tottenham, les promesses qui entouraient la nouvelle connexion Cherki-Haaland, les progrès affichés par Bournemouth ou encore le mercato XXL du promu Sunderland. On espérait fébrilement un feu d'artifice de chocs dantesques semaine après semaine, un feuilleton passionnant comme jamais et à l'issue incertaine, une lutte de titans armés jusqu'aux dents prêts à en découdre sur toutes les pelouses du royaume. On pensait vivre une année véritablement exceptionnelle, farcie de beaux gestes, de scenari renversants et de rencontres d'une intensité folle. On fantasmait secrètement sur la ribambelle de régalades footballistiques au menu tel un fin gourmet s'installant à la table d'un restaurant étoilé. Or, après une vingtaine de journées, la déception est à la hauteur des espérances, et il semble bien que ce cru 2025-2026 ne soit pas franchement destiné à entrer dans la grande légende du jeu comme un millésime d'exception. Bien au contraire.

jeudi 8 janvier 2026

Igor Thiago, l'exception brésilienne

Il est vrai que les grands attaquants brésiliens, sans doute peu enclins à affronter les frimats du climat anglais, n'ont jamais fait de la Premier League leur terrain de jeu favori, préférant de loin, à l'image des Romario, Bebeto, Ronaldo, Anderson ou Rivaldo, enfiler les pions comme des perlouzes dans le championnat espagnol. Aucun joueur auriverde n'a passé la barre des cent buts dans le championnat anglais, et les cinq meilleurs buteurs brésiliens de l'histoire de la Premier League se nomment Firmino (82), Gabriel Jesus (77), Richarlison (71), Willian (47) et Coutinho (47). Il s'agit d'une véritable exception, puisque si l'on considère la liste de ceux qui ont franchi le seuil fatidique, on trouve, outre les Angliches évidemment, des Français (Henry, Anelka), des Néerlandais (Van Persie, Hasselbaink), un Argentin (Aguero), un Sud-Coréen (Heung-min Son), un Egyptien (Salah), un Irlandais (Keane), un Trinitéen (Yorke), un Belge (Lukaku), un Sénégalais (Mané), un Norvégien (Haaland), un Portugais (Ronaldo) et un Ivoirien (Drogba).

mardi 6 janvier 2026

Villareal, objectif podium

Les nostalgiques et connaisseurs se souviennent sans doute de l'épopée européenne de Villareal en 2005-2006, qui, avec les Riquelme, Forlan, Cazorla, Tacchinardi, Arruabarena et autres Senna, avait atteint le dernier carré de la Champions League après avoir fini en tête de son groupe puis sorti les Rangers et l'Inter avant d'échouer d'un rien devant Arsenal à se qualifier pour la finale. Curieusement, lorsqu'on évoque les cadors de la Liga, on songe immédiatement à l'immuable trio Barcelone-Real-Atletico, voire à l'Athletic Bilbao, au FC Séville ou à la Real Sociedad, mais on tend trop souvent à négliger le sous-marin jaune qui a pourtant décroché une belle cinquième place la saison dernière avec vingt succès et occupe actuellement une superbe troisième position avec le remarquable bilan de 38 points et 12 victoires en 17 journées. Les hommes de Marcelino ne se sont inclinés qu'à trois reprises sur la pelouse de l'Atletico, au Bernabeu et à domicile contre le Barça, devraient finir une nouvelle fois dans le top cinq et peuvent même viser une place sur le podium.

lundi 5 janvier 2026

Un OM surcoté

Alors que Roberto De Zerbi avait déclaré très humblement avant le coup d'envoi de la saison ne pas être la pour finir deuxième, l'OM occupe ce matin la troisième place du classement à huit points du leader lensois et sept du rival parisien. Ses hommes ont réussi l'exploit de s'incliner 2-0 au Vélodrome face à Nantes, qui n'avait remporté que deux matches et comptait le mirifique total de onze points après seize journées. Non contents de se montrer totalement indigents dans le jeu, les Phocéens ont totalement perdu les pédales, à l'image de Vermeeren, coupable d'un tacle inconsidéré et dangereux sur Lopes, et Nadir, qui a récolté deux cartons jaunes en trois minutes et laissé ses partenaires finir le match à neuf. Alors que les Canaris ne parvenaient pas à faire le break, ils ont eu droit à un petit coup de main de l'inévitable Pavard, auteur d'une faute sur Abline qui a offert le penalty décisif à Cabella, un ancien de la maison: difficile de faire pire comme bilan.

dimanche 4 janvier 2026

Sulc, l'homme providentiel

On savait que, sur le papier, l'OL disposait d'une solide charnière centrale, de bons latéraux, d'un milieu de terrain complet (même si, après quelques bonnes prestations, Tessmann a replongé et forcé Fonseca à installer Abner dans l'entre-jeu) et d'ailiers de qualité, avec Fofana notamment. On se demandait simplement qui allait bien pouvoir mettre la chique au fond pour concrétiser les mouvements offensifs de l'équipe, étant donné qu'on ne savait rien du niveau réel d'Afonso Moreira et que Satriano, désigné buteur en chef, plantait ces dernières saisons avec la même régularité métronomique que Marcus Thuram avec les Bleus. Le vieil et juste adage footballistique rappelle que sans un gardien décisif et un buteur efficace, il n'y a point d'ambitions possibles, et on ignorait tout du degré de compétence de Greif, sauf ceux qui frisent la monomanie et savaient qu'il avait grandement contribué à qualifier Majorque pour la finale de la Coupe du Roi en 2024. Bref, le doute subsistait à certains postes clé, et on se demandait de quel côté la saison lyonnaise allait bien pouvoir basculer.

samedi 3 janvier 2026

Di Maria, un héros très discret

Pour des raisons mystérieuses et inexplicables, le génial Angel Di Maria fait rarement partie de la discussion lorsqu'il s'agit d'évoquer les plus grands joueurs de l'histoire de l'Argentine et du 21ème siècle. On en fait (avec raison) des caisses sur Messi, qui malgré ses huit baballes dorées ne sera jamais l'égal de Maradona, ni sur le terrain, ni en dehors. On songe naturellement à Kempes, sombre héros d'un Mondial 78 ignoble, à Batistuta, insatiable goleador, à Ardiles, idole de Tottenham, à Redondo, joueur d'une élégance folle, à Crespo et ses statistiques dingues ou encore, pour les véritables esthètes, à Riquelme, le dieu vivant de la Bombonera. Mais Di Maria, probablement parce qu'il s'agissait d'un homme humble, modeste et qui n'a jamais cherché à tirer la couverture à lui, restera toujours dans l'ombre des légendes de l'Albiceleste, malgré une carrière aussi longue qu'exemplaire et un palmarès long comme le bras droit de Wembanyama.

vendredi 2 janvier 2026

82-86: la France qui gagne enfin

En 1970 et 1974, les Bleus, victimes d'un énorme creux générationnel, échouent à se qualifier pour le Mondial, après n'avoir pris qu'un seul point en 1966 en Angleterre avec Gondet, Herbin et Müller. Puis arrivent les Platini, Rocheteau, Lacombe, Bossis et Trésor. Le 16 novembre 1977, seize ans avant le cauchemar américain et Kostadinov, la France s'impose face à la Bulgarie au Parc grâce à des pions signés Rocheteau, Platoche et Dalger et s'assure de s'envoler pour l'Argentine (même si certains, comme l'ange vert, auront des scrupules à participer à la propagande du terrible régime de Videla). Porté en triomphe par ses joueurs, Hidalgo, nommé un an auparavant, a réussi son pari et remis la France sur la carte du football. Tombés dans un groupe très difficile, ses hommes s'inclinent face à l'Albiceleste (qui ne doit pas perdre) et l'Italie et sont éliminés au premier tour. Mais peu importe: la machine est lancée, la France s'est trouvée une équipe, un leader charismatique et un grand sélectionneur.