"Son pied gauche ne lui sert à rien, il est mauvais de la tête, il ne sait pas tacler et il ne marque pas souvent. A part ça, il est pas mal": la saillie est signée George Best le bien nommé, l'homme qui affirmait avoir gâché le pognon qu'il n'avait pas claqué pour l'alcool et les femmes, à propos d'un autre porteur du numéro 7 mythique de Manchester United, David Beckham. Evidemment, Becks a toujours été dans le viseur des puristes, parce qu'il était le Spice Boy et incarnait le star system et le mélange des genres, parce qu'il était et est toujours immensément riche, parce qu'il avait une gueule de jeune premier et faisait craquer les minettes, parce qu'il changeait de look aussi souvent qu'un autre David anglais mondialement célèbre (Bowie) et qu'il a porté le maillot de clubs bling-bling et ultra-médiatisés comme le Real, le PSG, le Milan AC ou le Los Angeles Galaxy. Mais ce serait se tromper largement sur son compte que de le réduire à un produit marketing uniquement destiné à faire vendre du parfum et des tabloïds, car le monsieur possédait des qualités footballistiques indéniables, pour ne pas dire quasiment uniques. Vous pensez vraiment qu'un Alex Ferguson, qui ne s'est d'ailleurs pas privé de lui balancer une godasse dans la tronche, aurait fait de lui un titulaire précoce s'il avait été dénué du moindre talent?
lundi 30 mars 2026
mardi 24 mars 2026
Vieira, pieuvre de l'entrejeu
Le nom de Patrick Vieira évoque naturellement des guibolles interminables, un présence tentaculaire, un physique et une caisse hors normes, une volonté intransigeante de faire mal et dominer, un goût immodéré du duel et de la bagarre, une couverture de terrain extraordinaire, un énorme charisme naturel et une attitude de patron. Talent précoce au corps taillé pour le football professionnel dès l'adolescence, il a mis du temps à donner sa pleine mesure et exprimer tout son immense potentiel, comme si ses débuts fracassants et les espoirs énormes qui reposaient sur lui l'avaient longtemps freiné. Avec les années et la maturité, il devint l'un des milieux de terrain les plus influents et les plus complets de son époque, quelque part entre Yaya Touré et Marcel Desailly, trimballant sa grande carcasse sur tous les terrains d'Angleterre et d'Italie, taclant et récupérant à tour de bras, donnant l'impulsion par une première passe sobre et juste, chevauchant puissamment balle au pied vers le camp adverse pour sonner la charge. Si Thierry Henry fut le joueur décisif des Gunners par excellence et Bergkamp un formidable capitaine de route, Vieira sut être l'âme de son équipe, son noyau, son centre névralgique, incarnant plus que quiconque la combativité et le refus de la défaite.
lundi 23 mars 2026
Côme ou la belle vie
Puisqu'on a beaucoup entendu parler de la victoire du Real dans le derby, des déboires de l'OM, Lyon et Liverpool et du succès de City en Carabao Cup, la chose est passé relativement inaperçue mais le Côme de Cesc Fabregas occupe ce matin la quatrième place du classement de Serie A devant la Juve et la Roma. En collant cinq pions à Pise, les partenaires de Da Cunha ont signé leur seizième victoire de la saison en championnat, eux qui restent sur treize points pris sur les cinq dernières journées, des succès sur la Juve et la Roma et un nul arraché au leader intériste en demi-finale de coupe d'Italie. Après avoir terminé à une remarquable dixième place en tant que promu la saison dernière, le Como 1907 pourrait tout simplement obtenir son ticket pour la prochaine Champions League après avoir à l'heure actuelle concédé deux fois moins de revers que la Roma et autant que l'Inter. Ce serait assurément un exploit considérable et l'aboutissement d'une progression fulgurante, deux ans seulement après la remontée dans l'élite et cinq ans après l'accession en Serie B.
dimanche 22 mars 2026
Quarts de finale de CL: les pronostics de LPC
PSG 70% - Liverpool 30%
Le PSG aime se payer le scalp des clubs anglais, a éliminé un Liverpool beaucoup plus fort la saison dernière et vient de balayer Chelsea. Même Steven Gerrard, ancien capitaine emblématique des Reds, ne croit pas à une qualification de son club. En championnat, les hommes de Slot ont paumé chez le dernier Wolverhampton, concédé le nul contre Tottenham et subi la loi de Brighton. Ils ont déjà perdu dix matches en Premier League, soit deux de plus que lors des deux précédents exercices cumulés. Salah est porté disparu, Konaté donne des signes de fébrilité et aucune des recrues ronflantes (Isak, Wirtz, Kerkez, Frimpong) n'a donné satisfaction, mis à part Ekitike. Seul Szoboszlai tente de maintenir le navire rouge à flot. Le tableau semble bien sombre pour les Reds au moment d'affronter un PSG qui fait à nouveau peur à l'Europe, semble au point physiquement et gère les affaires courantes en Ligue 1. Même l'absence de Barcola, excellent face à Chelsea, ne semble pas peser lourd dans la balance, étant donné que son remplaçant naturel se nomme Désiré Doué. Les Parisiens devront se garder d'un excès de confiance, mais on peut compter sur Luis Enrique pour maintenir les pieds de tout son monde sur terre.
samedi 21 mars 2026
Robben ou l'art du dribble
Souvent positionné sur l'aile droite en faux pied, Arjen Robben a au cours de sa carrière fait le même coup des centaines de fois aux défenseurs adverses: partir du bord de la ligne de touche, revenir vers l'intérieur en conduisant la chique de l'extérieur et tenter une frappe puissante et enroulée en visant le second poteau. Tout le stade savait pertinemment qu'il allait essayer cet enchaînement plusieurs fois dans le match mais, à l'instar de Garrincha qui faisait toujours la même feinte mais passait quand même à chaque fois, personne la plupart du temps ne parvenait à l'arrêter, et le Néerlandais a marqué des caisses de pions en s'appuyant sur ce schéma. Virevoltant, rapide, imprévisible, parfois un brin individualiste mais techniquement au-dessus du lot, le natif de Bedum a réinventé le poste d'ailier en étant tout sauf une machine à déborder et centrer mais en venant systématiquement créer du danger et de l'incertitude dans l'axe à partir du flanc de l'attaque. S'il ne fallait pas compter sur lui pour assurer le repli défensif, il possédait une telle palette et une telle créativité qu'il pouvait faire vivre un véritable cauchemar à son vis-à-vis et faire basculer une rencontre à lui tout seul.
jeudi 19 mars 2026
Deschamps, la blague continue
Question à dix mille euros: a-t-on déjà vu un "attaquant" (si tant est que le terme puisse s'appliquer au joueur concerné) avec un seul but au compteur en championnat figurer dans une liste pour l'équipe de France en mars? A notre humble connaissance, la réponse est négative. Il s'agit sans doute là d'une première tristement historique. Que devons-nous déduire de ce choix, ou plutôt de cette absence totale de choix? Que le "sélectionneur" (dont l'unique travail a priori consiste donc, pour un salaire légèrement supérieur à celui d'un agrégé, à sélectionner) n'en a strictement que faire de la forme du moment et de la simple notion de mérite sportif. Il ne "raisonne" qu'en fonction du sacro-saint "groupe" qui, qu'on se rassure dans les chaumières de France et de Navarre, vit bien. On en vient à se demander, si, contrairement à son homologue rugbystique, il regarde les matches des uns et des autres ou passe le plus clair de son temps non pas dans sa chambre noire, mais à taper le carton, promener son clébard ou regarder "L"heure des pros" en replay.
vendredi 13 mars 2026
L' homme et le joueur
Faut-il séparer l'homme de son œuvre? En matière de littérature, il nous semble que oui, parce que sinon on passe par exemple à côté du Voyage au bout de la nuit, qui non seulement est un chef-d’œuvre absolu, mais en prime aurait pu être écrit par un communiste internationaliste, tant les premières pages sont un véritable réquisitoire contre l'absurdité de la guerre. Flaubert se tapait des jeunes éphèbes en Egypte et fréquentait allègrement les bordels, ce qui ne l'a pas empêché en toute simplicité d'inventer le roman moderne. La plupart des grands romanciers américains du vingtième siècle (Steinbeck, Fitzgerald, Hemingway, Faulkner, Bukowski) étaient des alcooliques notoires ("Sans l'alcoolisme, il n'y a pas de littérature américaine", disait Gilles Deleuze) et paradoxalement, souvent des types imbuvables. Sur bien des plans, Bob Dylan, premier rocker nobelisé, peut être considéré comme une star arrogante et hautaine. Parfois, l'homme et l’œuvre se trouvent alignés, comme c'est le cas pour Springsteen, dont l'intégrité et l'engagement reflètent parfaitement les valeurs qu'il défend dans ses textes.
mercredi 11 mars 2026
Liverpool-Milan AC 2005: une finale pour l'histoire
L'espace de quelques minutes, on a bien cru que Paolo Maldini allait enfin décrocher son premier Ballon d'Or, à presque 37 ans. Ce 25 mai 2005 au stade olympique Atatürk, le défenseur milanais ouvre la marque en finale de Champions League contre Liverpool dès la première minute, consacrant, pensait-on sur le moment, une carrière digne d'un héros mythologique. En première mi-temps, les hommes de Carlo Ancelotti marchent littéralement sur la tronche des Reds, dépassés par la maîtrise collective milanaise. Remarquablement servi dans la profondeur, Hernan Crespo crucifie Dudek par deux fois, donnant un avantage de trois buts aux siens à la pause et ignorant encore qu'il restera l'un des rares joueurs à avoir planté un doublé en finale européenne sans repartir avec le trophée. Personne n'imagine une seconde que Liverpool peut revenir dans le match, tant la domination lombarde est nette et manifeste.
lundi 9 mars 2026
Cinq équipes pour un fauteuil
Il n'y a pas que pour le titre que le suspense règne en maître sur la Ligue 1, avec le duel incroyable auquel se livrent le PSG et le RC Lens, séparés d'une seule unité au sommet après le succès aisé des Artésiens sur Metz. Même si les Lorrains semblent bien mal barrés et que les supporters nantais peuvent déjà commander les caisses de muscadet, rien n'est encore totalement décidé en bas du classement puisque les partenaires d'Abline ne comptent que deux points de retard sur Auxerre, actuel barragiste. Et que dire de la lutte pour l'Europe, et plus particulièrement pour la troisième place? Cinq formations, qui ont connu des trajectoires bien différentes au cours de la saison, se tiennent en six points et peuvent toutes rêver à une qualification directe pour la prochaine Champions League (même si les Marseillais devraient décemment s'en tenir à la Ligue Europa). On ne connaîtra certainement pas avant la dernière seconde de la dernière journée l'identité de l'heureux élu.
samedi 7 mars 2026
Laurent Blanc, le président
Laurent Blanc, c'était un port altier, une relance toujours impeccable et soignée, une sérénité de tous les instants, une technique irréprochable, un sens tactique aiguisé, un placement parfait et un jeu de tête redoutable: en un mot, une sorte d'assurance tous risques doublée d'une classe et d'une élégance rares. D"abord aligné comme milieu offensif et à ce jour toujours meilleur buteur de l'histoire du MHSC, il était capable aussi bien de venir placer un coup de casque décisif, de se porter aux avant-postes quand le besoin s'en faisait urgemment sentir (le fameux but en or contre le Paraguay dans la fournaise lensoise) que de placer une subtile pichenette au-dessus du gardien (16 buts en 97 sélections tout de même, soit autant que Ribéry). Avec les Jonquet et Trésor, il mérite sans doute le titre de meilleur défenseur tricolore de tous les temps et fut en tout cas classé quatrième joueur français du siècle par le journal L'Equipe en 2000 derrière trois lauréats du Ballon d'Or (Platini, Zidane et Kopa) mais devant Papin, Fontaine ou Giresse.
jeudi 5 mars 2026
Weah, mister George
Les supporters parisiens associent George Weah à de nombreuses grandes soirées européennes au début des années 90: le doublé à Naples en octobre 1992, l'ouverture du score lors du match mythique remporté 4-1 au bout des arrêts de jeu contre le Real en mars 1993, le but importantissime au Bernabeu l'année suivante sur un service de son compère Ginola ou encore le festival de pions d'anthologie lors de la Champions League 1994-95 (dont le missile dans la lucarne de Kahn à Munich après un déboulé dont il avait le secret). Relativement discret en championnat (Ginola plante plus que lui en 1993-94 pour décrocher le titre et il ne marque que sept fois en Division 1 la saison suivante), l'attaquant libérien se sublimait lorsqu'il respirait le parfum des joutes continentales et des rencontres qui sentent la poudre. On savait alors qu'on pouvait compter sur lui, qu'il allait montrer son meilleur visage et faire passer un sale quart d'heure à la défense adverse. Entre 1992 et 1995, il a claqué 32 buts en championnat et 15 sur la scène européenne.
mercredi 4 mars 2026
Tottenham au bord du gouffre
Tottenham est présent dans l'élite anglaise depuis le lancement de la Premier League en 1992. Auparavant, les Spurs avaient été la première équipe de l'île préférée de Napoléon à remporter un trophée européen (Coupe des Coupes 1963), signé un doublé coupe-championnat en 1961 et remporté la FA Cup à plusieurs reprises. Les habitués de White Hart Lane (remplacé en 2019 par le Tottenham Hotspur Stadium de plus de 60000 places) ont vu défiler un paquet de cadors, de Jimmy Greaves à Harry Kane en passant par Luka Modric, Jürgen Klinsmann ou Gary Lineker. Le club du nord de Londres, rival historique d'Arsenal, est une place forte du football anglais, un bastion incontournable, un repère pour les amateurs du football d'outre-Manche depuis des décennies. Or Tottenham n'a rarement semblé en plus mauvaise posture qu'aujourd'hui, puisque les Spurs occupent la seizième place du classement avec seulement quatre unités d'avance sur West Ham, premier relégable, et un bilan désastreux de sept victoires, huit nuls et treize défaites.
lundi 2 mars 2026
Huitièmes de CL: les pronostics de LPC
PSG 60% - Chelsea 40%
Certes, les Blues avaient collé une raclée au PSG en finale de coupe du monde des clubs, mais les Parisiens étaient rincés et Cole Palmer n'est que l'ombre de lui-même cette saison. C'est au milieu que la bataille risque d'être dure pour les hommes de Luis Enrique, sans doute toujours privés de Fabian Ruiz, face à Caicedo et Enzo Fernandez, qui mettent toujours beaucoup d'intensité. Chelsea présente des failles défensives que le PSG devrait exploiter et récolte beaucoup de cartons rouges (neuf toutes compétitions confondues), une donnée qui pourrait faire basculer la double confrontation. Si la charnière parisienne parvient à contenir Joao Pedro et tient le coup dans le combat dans l'entre-jeu, les jambes de Nuno Mendes, Hakimi, Barcola et Kvara devraient faire mal à l'arrière-garde adverse. Les Blues devront en outre certainement faire sans Cucurella et Estevao, alors que Luis Enrique pourra a priori compter sur Dembélé et un Safonov de plus en plus rassurant.
Le retour du boring Arsenal
Contre Chelsea à domicile, Arsenal n'a une nouvelle fois pas proposé grand-chose dans le jeu (cinq tirs cadrés au total et 42% de possession) et s'en est encore remis aux coups de pied arrêtés, la spécialité maison, pour faire la différence (deux buts sur corner signés Saliba et Timber). En supériorité numérique suite à l'expulsion de Pedro Neto, les Gunners ont choisi de laisser la possession aux Blues et Raya a signé quelques interventions décisives en fin de rencontre pour éviter une égalisation adverse et permettre aux siens de sauvegarder les trois points. Depuis le début de saison, les hommes d'Arteta ont marqué à 16 reprises sur corner (record déjà égalé sur une saison de Premier League), soit près d'un tiers de leurs buts. Au total, ils ont inscrit 32 buts sur phase statique et n'ont remporté que deux matches en marquant uniquement dans le jeu. De façon cynique et clinique, ils ont fait de leur maîtrise unique des coups de pied arrêtés leur arme principale dans la course au titre et dans leur duel à distance avec City.
dimanche 1 mars 2026
Ekitike montre la voie
Avec ses onze buts (assortis de quatre passes décisives), Hugo Ekitike est le meilleur réalisateur de son équipe et le quatrième meilleur buteur de Premier League derrière Haaland, Semenyo et Igor Thiago et à égalité avec Joao Pedro. Au cours d'une saison difficile pour les Reds, toujours pas assurés de monter dans le train pour la prochaine Champions League et minés par un recrutement boursouflé et douteux (Kerkez, Frimpong), la nette baisse de régime de Salah et les blessures graves (Isak), l'ancien Parisien est un des rares motifs de satisfaction pour les dirigeants de la maison rouge. Son association avec Florian Wirtz, le petit Mozart allemand qui gagne en influence après une longue période d'adaptation et de virginité statistique, semble très prometteuse pour l'avenir et évoque, toutes proportions gardées, le duo extraordinairement complémentaire que formaient à la grande époque Steven Gerrard et Fernando Torres.
vendredi 27 février 2026
Kluivert, made in Ajax
Le monde découvre Patrick Kluivert le 24 mai 1995, lorsque le jeune attaquant d'à peine dix-neuf ans, entré en jeu un quart d'heure plus tôt à la place de Jari Litmanen, offre la coupe aux grandes oreilles à l'Ajax face au Milan AC à Vienne. Le petit prodige, pur produit de la maison rouge et blanche, symbolise l'extraordinaire qualité d'un centre de formation d'où émergera une génération dorée (Van der Sar, Overmars, Davids, Seedorf, Reiziger, Kanu, les frangins De Boer) qui fera le bonheur des cadors européens et se trouve alors parfaitement encadrée par les vieux routiers Blind et Rijkaard ainsi que les fort talentueux Litmanen et Finidi. La saison suivante, cette incroyable équipe passera à deux doigts du back to back en C1, seulement battue aux tirs aux buts par la Juventus de Vialli et Del Piero en finale à Rome. Avec cinq réalisations en huit apparitions, Kluivert se classe cinquième meilleur buteur de la compétition derrière Litmanen, Raùl, Del Piero et Warzycha.
lundi 23 février 2026
Une Juve à la ramasse
On attendait beaucoup de cette Juventus new look avec les arrivées de Jonathan David, Edon Zhegrova, Loïs Openda, Francisco Conceiçao, Nico Gonzalez et Pierre Kalulu. On pensait sérieusement que la sauce pouvait prendre et que la Vieille Dame pouvait signer un retour au premier plan, cinq ans après la fin de l'hégémonie turinoise sur la Serie A. Or, après 26 journées, la Juve n'occupe que la cinquième place du classement, à quatre unités de la Roma et du Napoli, huit du Milan et dix-huit de l'Inter. Elle ne possède plus qu'un point d'avance sur un Côme qui n'en finit plus d'épater son monde et l'a battue nettement et sans bavures à l'Allianz Stadium. Non seulement la Vecchia Signora a définitivement fait une croix sur le titre, mais sa qualification pour la prochaine Champions League semble sérieusement menacée: un triste bilan qui a coûté sa place à Igor Tudor, remplacé par Luciano Spalletti, venu jouer les pompiers de service mais qui ne parvient manifestement pas à éteindre l'incendie.
dimanche 22 février 2026
Halte au Barcola-bashing
Depuis plusieurs mois, Bradley Barcola en prend plein la tronche de la part des journalistes spécialisés et des essepères, sur les réseaux sociaux (une des pires inventions de l'histoire de l'humanité, qui donne le droit à n'importe quel ignare de se prétendre compétent sur à peu près tous les sujets possibles) et dans les commentaires des supporters parisiens. Que n'a-t-on pas entendu sur l'ancien joueur de l'OL? Qu'il était brouillon, maladroit, inconstant, fragile mentalement, surcoté, surpayé, nous en passons et des meilleures. Il fut d'ailleurs pendant longtemps l'une des cibles favorites de Daniel Riolo, l'homme qui a affirmé à l'antenne que Luis Enrique ne faisait pas progresser les joueurs et menait le PSG dans le mur, qui le surnommait "Bambi" avec une forme de mépris assumée. A l'instar de Pierre Richard dans le monumental Je sais rien mais je dirai tout, un film d'utilité publique par les temps qui marchent, nous disons halte. Calmons-nous deux minutes et buvons frais.
samedi 21 février 2026
Ajorque, monument déclassé
Les dirigeants brestois ont signé un sacrément joli coup à l'été 2024 quand ils ont fait signer Ludovic Ajorque pour cinq petits millions, eux qui étaient à la recherche d'un attaquant fiable dans l'optique de la Champions League. Depuis son arrivée au SB29, le Réunionnais a claqué 18 pions en Ligue 1, agrémentés de 9 caviars pour ses partenaires (il est actuellement le meilleur passeur du championnat avec sept offrandes), ce qui fait de lui l'un des attaquants les plus rentables de l'hexagone à 32 balais. L'OM a choisi de poser vingt plaques sur Gouiri et de faire revenir Aubameyang, mais hier soir Benatia et compagnie se sont douloureusement rendus compte des dégâts qu'Ajorque pouvait causer dans une défense et de l'impact qu'il pouvait avoir sur une rencontre. Le natif de Saint-Joseph n'était sans doute pas un nom suffisamment ronflant pour les patrons de l'OM, éternellement en quête du fameux "grantatakan", mais on ne doute pas une seule seconde qu'il n'aurait pas fait tache dans l'effectif marseillais.
mardi 17 février 2026
Vidic, natural born killer
Un physique de golgoth, un regard intimidant, un goût prononcé pour le duel, un jeu de tête monstrueux et une agressivité de tous les instants: voilà les caractéristiques essentielles de Nemanja Vidic, l'un des tout meilleurs défenseurs du début du 21ème siècle dont aucun attaquant de Premier League n'aimait croiser la route. Le Serbe reste à ce jour le seul défenseur central à avoir été élu Premier League player of the season à deux reprises (en 2009 et 2011) et il fut même choisi en 2019 comme le meilleur défenseur central de l'histoire du championnat d'Angleterre, devant des pointures comme Campbell, Terry ou Kompany. Avec son compère Rio Ferdinand, Vidic formait une charnière imperméable et complémentaire, l'Anglais brillant davantage par sa qualité de relance et sa lecture du jeu. Pendant huit ans, de 2006 à 2014, ce tandem a semé la terreur sur toutes les pelouses du royaume et garanti à United une forme de suprématie domestique, avant l'émergence du rival City.
lundi 16 février 2026
Marseille, le sketch permanent
Quelques jours après Roberto De Zerbi, qui a expliqué avoir vécu une histoire d'amour inachevée avec Marseille, c'est au tour de Mehdi Benatia, le directeur sportif, de quitter le navire. L'ancien joueur de la Roma et du Bayern paie des résultats désastreux (élimination rocambolesque en Champions League, dérouillée en règle au Parc, nuls face au PFC et Strasbourg après avoir mené de deux buts à un quart d'heure de la fin, le syndrome des guibolles qui flageolent et de la friabilité mentale) et une politique de recrutement sans queue ni tête et court-termiste qui a constitué à chambouler l'effectif à chaque mercato. Qu'est-il advenu des fameux "minots" qu'on nous a survendus pendant des semaines? Robinio Vaz a été transféré à la Roma et Bakola vendu à Sassuolo. Pas grave. On se fait prêter Nwaneri, qu'on aligne à chaque match comme s'il était au club depuis cinq ans. Le seul ancien à qui l'on fait toujours confiance, c'est Balerdi, absolument cataclysmique contre le PSG et capitaine d'un vaisseau à la dérive.
dimanche 15 février 2026
Thomasson, leader par l'exemple
Après la victoire cinglante des Lensois à quelques encablures du Parc en forme de message au PSG ("si vous ne nous laissez que les miettes, nous les mangerons", comme l'a justement écrit un internaute sur un site spécialisé), on va évidemment beaucoup parler de Wesley Saïd, auteur de son dixième but et de la meilleure saison de sa carrière, de Thauvin, encore une fois au four et au moulin, ou de Celik, épatant sur la droite de la défense. Comme si c'était le destin de ce joueur aussi utile que modeste, on causera sans doute moins de la nouvelle remarquable prestation d'Adrien Thomasson, qui a comme à son habitude mis de l'huile dans les rouages du collectif et accessoirement signé sa sixième passe décisive en Ligue 1 (meilleur passeur du championnat à égalité avec son coéquipier Udol, Ajorque et Vitinha, et étonnamment devant Benjamin Pavard, qui n'en compte que deux, mais dont la saison ébouriffante dépasse le simple cadre statistique).
samedi 14 février 2026
PSG, défense en danger
L'OM a Balerdi, le PSG a Zabarnyi: à chacun son boulet, à chacun son sketch permanent, à chacun son numéro de cirque. Par sa lenteur, sa lourdeur, sa faiblesse en un contre un, sa mauvaise qualité de placement et sa capacité à commettre des bourdes irréparables, l'Ukrainien évoque un savant mélange de Lugano, Yepes et El-Karkouri, trois défenseurs parisiens qui ont autant marqué les mémoires que les chevilles adverses. Véritable tour de force, l'ancien joueur de Bournemouth (tout comme Huijsen, qui a sombré corps et biens avec le Real) parvient à rendre Pacho, habituellement impérial, vulnérable, et à fragiliser l'ensemble de l'arrière-garde de son équipe. Contre Marseille, Marquinhos était titulaire et Paris n'a jamais été mis sérieusement en danger. A Rennes, c'est Zabarnyi qui officiait aux côtés de l'Equatorien, et les hommes de Luis Enrique en ont pris trois: le constat est aussi simple qu'imparable.
mercredi 11 février 2026
Dortmund s'accroche
Malgré les critiques que subit régulièrement Nico Kovac outre-Rhin, le Borussia Dortmund effectue un parcours absolument remarquable en Bundesliga et s'accroche dans la roue du Bayern Munich, lancé à très vive allure. Il n'y a pas grand-monde pour imaginer une seconde que le titre puisse échapper aux Bavarois, mais les partenaires de Schlotterbeck, à six points d'un Bayern qu'ils recevront à la fin du mois, ont le mérite de préserver un semblant de suspense. Le bilan chiffré donne une idée de la qualité de la saison des jaunards: 48 points en 21 journées pour 2,3 unités par match de moyenne, vingt buts encaissés seulement (un de plus que le Bayern), huit succès et deux nuls à domicile et une seule défaite à l'extérieur sur la pelouse de l'Allianz Arena. S'ils n'avaient pas devant eux une machine qui a compilé 17 victoires en 21 matches et n'a laissé filer que neuf points au total, les joueurs du Borussia avanceraient à un rythme de champion.
mardi 10 février 2026
Luis Diaz, le troisième homme
On en fait évidemment des caisses sur Harry Kane, trop longtemps privé de titres avec Tottenham et qui continue à empiler les pions tout en garnissant enfin l'armoire à trophées. On parle beaucoup en France de Michael Olise, qui est sans doute le meneur de jeu que le pays s'est enfin trouvé (même si on peut se demander si vous savez qui en cherchait vraiment un) pour alimenter ses attaquants d'exception. Mais on cause nettement moins du troisième membre du trio offensif du Bayern, qui a de quoi faire trembler les meilleures défenses du vieux continent sur leurs guibolles: le dénommé Luis Diaz, dont le nom est essentiellement associé dans ce pays à un tacle horrible qui avait fracassé la cheville d'Hakimi au Parc mais qui est en train de signer une saison de toute beauté et s'affirme comme la recrue parfaite. Plus la saison avance et plus il faut se rendre à l'évidence: le Colombien était bien la pièce manquante du puzzle offensif bavarois.
lundi 9 février 2026
Le Betis à l'heure
Depuis environ cinq ans, le Betis Séville fait partie des meilleures équipes de la Liga et décroche régulièrement une qualification européenne (sixième en 2021, cinquième en 2022, sixième en 2023, septième en 2024 et sixième en 2025), glanant même un Copa del Rey au passage en 2022. Le club a récemment vu passer dans ses rangs des joueurs comme Lo Celso, Juanmi (20 pions en Liga en 2021-22), Borja Iglesias ou Isco et pratique généralement un football léché et agréable, dans le plus pur style espagnol. Hier, les hommes de Manuel Pellegrini (remarquable technicien, qui a emmené Malaga jusqu'en quart de finale de Champions League et remporté un titre avec City) se sont imposés sur le terrain de l'Atletico Madrid pour s'installer à la cinquième place, quatre unités devant l'Espanyol. Malgré un surprenant revers à Alaves, ils viennent de prendre dix points sur les cinq dernières journées, s'offrant notamment un succès contre Villareal.
dimanche 8 février 2026
Lampard, buteur du milieu
Frank Lampard appartient à cette extraordinaire génération anglaise du début des années 2000 (Beckham, Scholes, Gerrard, Ferdinand, Campbell, Cole, Rooney, Owen) qui n'a jamais rien gagné en sélection mais a brillé de mille feux en club. C'était un milieu de terrain complet, à la fois travailleur et brillant, doté d'une redoutable frappe de balle qui lui permettait de marquer beaucoup de buts et d'une qualité de passe largement au-dessus de la moyenne. Moins polyvalent que Gerrard et sans doute moins naturellement doué que Scholes, il savait pourtant exercer une grande influence sur les rencontres en touchant énormément de ballons et en servant de distributeur et de régulateur dans l'entre-jeu. Il avait également l'âme d'un patron et d'un meneur d'hommes, et malgré toutes les vedettes qui l'ont entouré à Chelsea, de Hazard à Drogba en passant par Chevchenko et Robben, il incarnait l'âme de l'équipe aux côtés de John Terry, l'un des rares Anglais à être resté fidèle aussi longtemps au club.
samedi 7 février 2026
Lille en panne offensive
Fatalement, si le LOSC est en train de décrocher dangereusement au classement et de laisser l'OL filer vers la quatrième place et peut-être le podium, c'est qu'il encaisse trop de buts: douze au total sur les six dernières journées de championnat, ce qui, vous l'aurez calculé, bande de médailles Fields en herbe, nous donne une moyenne de deux pions concédés par rencontre depuis le début de l'année civile. En soi, cette statistique peut paraître surprenante, car Génésio dispose en Mandi, Ngoy et Aleksandro de vaillants défenseurs centraux, mais elle s'explique en grande partie par l'absence de Benjamin André, pilier du système du technicien nordiste. Ce qui peut sembler encore plus étonnant, c'est la totale faillite offensive dont les Dogues font preuve depuis plusieurs semaines, eux qui proposent habituellement un football résolument attractif et porté vers l'avant.
Gündogan, finesse et technique
Ni pur récupérateur, ni pur meneur de jeu, Ilkay Gündogan était un joueur complet et polyvalent, d'une finesse technique et d'une justesse rares et d'une utilité de tous les instants. Tous les techniciens qui ont eu la chance de l'avoir sous leurs ordres, de Klopp à Guardiola en passant par Löw (pas exactement les tocards du coin au passage), n'avaient que du bien à dire de lui et ne manquaient jamais une occasion de chanter ses louanges et de souligner son importance dans l'expression collective de leur équipe. Le milieu de terrain d'origine turque était capable d'éclairer le jeu d'une passe lumineuse, d'éliminer balle au pied dans des espaces réduits, de prendre la direction des opérations quand le besoin s'en faisait sentir et de marquer également, et même parfois des buts capitaux. Décisif au sein de toutes les formations où il a évolué, il a gagné partout où il est passé, remportant au cours d'une longue et riche carrière presque tous les trophées dont un footballeur de haut niveau puisse rêver.
vendredi 6 février 2026
Lorient, un club qui va bien
Alors qu'on s'attendait logiquement à ce que le promu lorientais cravache jusqu'au bout pour son maintien dans l'élite avec des équipes comme Metz, Le Havre ou Auxerre, voilà que les Merlus occupent tout simplement la première moitié du classement et devancent même l'AS Monaco, supposé cador à la dérive. Tranquillement installés à la neuvième place, les Bretons possèdent quatorze points d'avance sur Nantes, premier barragiste, et peuvent envisager la fin de saison avec sérénité. Délestés de toute forme de pression, ils peuvent même tenter d'aller chercher des formations comme Strasbourg, Rennes ou Lille, bien mieux armées sur le papier mais très irrégulières. Les hommes d'Olivier Pantaloni, champions le Ligue 2 la saison dernière, restent sur 20 points pris sur 24 possibles et se sont offert le scalp de Monaco, Lyon et Rennes. Ils restent en outre toujours en course en coupe de France, où ils affronteront Nice au Moustoir pour une place dans le dernier carré.
jeudi 5 février 2026
Lahm, joueur multifonction
Philip Lahm appartient à cette catégorie de joueurs qui, à l'instar de Gerrard ou Luis Enrique, brillent par leur polyvalence et savent à peu près tout faire sur un terrain, sauf peut-être en ce qui concerne l'international allemand balancer des grosses minasses des 35 mètres. Latéral droit de formation, l'ancien du Bayern fut replacé au milieu par Guardiola en 2013, le technicien catalan décelant chez lui des facultés de récupérateur et d'organisateur et pensant sans soute que ce meneur d'hommes naturel aurait davantage d'influence dans l'entre-jeu. Nommé capitaine de la Mannschaft en 2010 et du club bavarois l'année suivante, Lahm possédait, malgré son physique quelconque (il mesure 1,70m), une forme d'aura et de charisme qui rejaillissait sur ses partenaires. Il donnait surtout l'exemple à ses coéquipiers par sa rage de vaincre, son intelligence tactique, son goût de l'effort et du sacrifice, sa capacité à mettre de l'huile dans les rouages collectifs qui lui ont valu tant d'hommages et de titres. Que ce soit sous le maillot du Bayern ou de l'équipe nationale, il a en effet à peu près tout gagné.
Monaco, la politique du has been
Trop souvent dans le football, lorsque la situation tourne au vinaigre et que les résultats ne suivent pas, c'est l'entraîneur qui sert de fusible et se fait lourder pour payer les pots cassés et calmer les supporters (le fameux "choc psychologique", qui bien souvent relève plutôt du pétard mouillé). Adi Hütter n'a pas fait exception à la règle, remercié qu'il a été en octobre dernier alors qu'il avait conduit l'AS Monaco à une méritoire troisième place la saison dernière. Le technicien autrichien a été remplacé sur le banc de touche par Pocognoli, qui compte pour l'instant huit victoires, cinq nuls et huit défaites, soit le pire bilan d'un entraîneur monégasque depuis Thierry Henry. En réalité, le véritable responsable de la saison désastreuse du club de la principauté, actuel dixième du championnat, se nomme Thiago Scuro, qui occupe le poste de directeur général et fait montre de moins de compétence que Daniel Lauclair au micro de France Télévisions un soir de coupe de France.
mercredi 4 février 2026
Agüero, lutin génial
Sergio Agüero, dit Kun (surnom attribué par ses grands-parents à cause de sa ressemblance avec le personnage de dessin animé japonais Kum Kum), restera à jamais l'un des héros de l'histoire de Manchester City et l'un des joueurs favoris des frangins Gallagher (l'un des deux avait déclaré au moment du rachat du club par Cheick Mansour que les fans de United enrichiraient City à chaque fois qu'ils iraient faire le plein à la pompe). En mai 2012, lors de la dernière journée de championnat et alors que les deux rivaux mancuniens sont au coude à coude pour le titre, les Skyblues se trouvent menés par Queens Park Rangers sur leur pelouse. A la 92ème minute, Edin Dzeko égalise de la tête, mais United reste devant au classement. Deux minutes plus tard, dans une ambiance indescriptible, Agüero marque et offre à City son premier sacre depuis 1968, quatre ans après le passage du club sous pavillon saoudien. Le 23ème but de sa saison plonge la partie bleu clair de la ville dans l'euphorie, même si l'on dit souvent que United est plutôt l'équipe des banlieusards (Old Trafford est situé dans la petite ville de Stretford, à une vingtaine de kilomètres du centre-ville).
mardi 3 février 2026
Pirès, talent multiple
Durant l'été 2002, le feuilleton de la cuisse de Zidane, blessé à cinq jours du début du Mondial asiatique lors d'un dernier match amical de préparation face à la Corée du Sud, avait fait couler beaucoup d'encre et tenu la France en haleine. Attendu comme le messie pour le dernier match de poule face à Danemark, Zizou, diminué et sur une jambe, n'avait pu à lui seul empêcher le désastre et une inimaginable sortie de route au premier tour des champions du monde et d'Europe en titre. On avait beaucoup moins parlé de l'absence de Robert Pirès, gravement touché au genou en mars à l'occasion d'un match de Cup contre Newcastle, qui avait pourtant marqué le début d'une sorte de série noire de très mauvaise augure pour les Bleus de Roger Lemerre. Car le joueur doué mais timide qu'Aimé Jacquet avait sérieusement secoué en 1998 lors d'une causerie restée dans les mémoires (le fameux "muscle ton jeu, Robert") s'était mué à presque trente ans en un élément incontournable du groupe France et l'un des piliers de l'Arsenal de Wenger, alors une des meilleures équipes du continent. Son forfait pour la Coupe du Monde fut une véritable catastrophe pour les Bleus, dont on n'avait pas tout à fait mesuré l'ampleur à l'époque.
lundi 2 février 2026
Pourquoi City peut encore y croire
Battus dans le derby de Manchester et tenus en échec sur la pelouse de Tottenham après avoir mené 2-0 à la mi-temps, les Citizens ont laissé Arsenal, facile vainqueur à Leeds, prendre six longueurs d'avance en tête du classement. Tout semble indiqué que le chemin vers le titre est tout tracé pour les Gunners, pour qui c'est peut-être enfin la bonne année après trois secondes places consécutives. Les hommes d'Arteta tiennent un rythme de futur champion avec 16 victoires en 24 journées et une moyenne remarquable de 2,2 points par match. Ceux de Guardiola ont laissé filer beaucoup de points et concédé cinq défaites, soit autant que le rival United, qui a opéré une jolie remontée malgré un parcours chaotique. City n'a pas su profiter de la relative mauvaise passe d'Arsenal, qui n'a pris que huit points sur les cinq dernières journées, et on pourrait penser que les Mancuniens ont laissé passer leur chance de recoller. Pourtant, les motifs d'espoir et d"optimisme ne manquent pas pour les habitués des travées de l'Etihad Stadium.
dimanche 1 février 2026
Saint-Etienne ne répond plus
Le changement d'entraîneur et le limogeage d'Erik Horneland n'ont pas cassé la mauvaise dynamique stéphanoise. Encore présent sur le banc après avoir appris son licenciement quelques heures plus tôt, le technicien norvégien a terminé son séjour dans le Forez de la pire des manières, insistant impuissant à la défaite de ses joueurs à Geoffroy-Guichard contre Boulogne-sur-Mer, qui n'avait remporté que cinq matches jusqu'à présent. Un revers honteux qui fait suite à une déconvenue sur le terrain de Reims, concurrent direct pour la montée, et un succès minimal face à Clermont qui n'avait convaincu personne. Alors que Philippe Montanier, ancien portier des Verts, semble avoir donné son accord pour succéder à Horneland, l'ASSE s'enfonce tranquillement dans ce qui ressemble à une jolie crise, alors qu'on avait annoncé avant le coup d'envoi de la saison que les partenaires de Tardieu allaient littéralement écraser la Ligue 2.
samedi 31 janvier 2026
Berbatov, dandy dilettante
Dimitar Berbatov appartient à la catégorie de joueurs que l'insupportable Jean-Michel Larqué ("je préfère un Krychowiak qui court à un Bodmer qui marche", une certaine idée du football) aimait à vilipender à longueurs d'émissions: celle des aristocrates des pelouses qui s'appuient exclusivement sur leurs facilités techniques et ne s'abaissent pas par principe à courir et transpirer. Comme d'autres spécimens de cette espèce en voie de disparition dans le jeu dit "moderne" (Valderrama, Pirlo, Riquelme, Thiago Motta, tous milieux et non attaquants d'ailleurs), le Bulgare (qui n'a pas mauvais goût) a passé le plus clair de sa carrière à marcher sur le terrain, promenant un regard détaché sur le match sans jamais manifester le moindre intérêt pour le replacement défensif ou un semblant de replacement défensif: guère surprenant qu'il n'ait jamais joué pour Mourinho, qui était capable de faire jouer Eto'o arrière latéral et se serait arraché les cheveux devant tant de nonchalance. Mais quand on est le sosie footballistique d'Andy Garcia et le joueur le plus cher de l'histoire du football de son pays, on peut se permettre de s'octroyer certains privilèges.
vendredi 30 janvier 2026
L'indispensable Benjamin André
En l'absence de son capitaine Benjamin André, le LOSC avait enchaîné les revers, prenant même une véritable déculottée à Pierre Mauroy contre Strasbourg et laissant un OL euphorique s'échapper au classement. Et puis la blessure à l'épaule du monsieur a fini par cicatriser, le numéro huit nordiste a pu réintégrer le onze et, coïncidence notoire, Lille a signé son premier succès contre Fribourg après cinq défaites consécutives et obtenu son billet pour les barrages de la Ligue Europa. Vous l'aurez compris, fidèle et avisé lectorat de la présente et indispensable gazette, lorsqu'on nous parlons de coïncidence, nos propos sont teintés d'une certaine ironie qui n'est d'ailleurs pas sans évoquer les meilleurs pages de Pierre Desproges. Car on ne mesure pas suffisamment l'importance prépondérante d'André dans le système de jeu lillois, sa colossale influence et le caractère tout simplement indispensable de sa présence dans l'entre-jeu de l'équipe de Génésio.
jeudi 29 janvier 2026
Real Sociedad, la métamorphose
Voir une équipe aussi complète et talentueuse que la Real Sociedad galérer autant en Liga relevait de l'aberration pure et simple. Après une quinzaine de journées, le club basque avait déjà trouvé le moyen de s'incliner sur la pelouse du promu Oviedo et d'Alaves et de perdre à domicile face au Rayo Vallecano. Enchaînant les prestations insipides ou consternantes, les hommes de Sergio Francisco, habitués à jouer les équipes poil à gratter et difficiles à manœuvrer dans le championnat espagnol, se traînaient lamentablement dans les profondeurs du classement. Jusqu'à ce que les dirigeants, lassés de la situation, décident de montrer la lourde à Francisco et d'engager l'entraîneur italo-américain Pellegrino Matarazzo, qui a successivement occupé les bancs du VFB Stutgart et du TSG Hoffenheim avant de vivre sa première expérience espagnole. Et dès lors, quasiment du jour au lendemain, tout a changé et les nuages ont disparu.
mercredi 28 janvier 2026
L'exception Hoffenheim
Hoffenheim est une bourgade de 3000 habitants située dans le Land du Bade-Wurtemberg, au sein de la municipalité de Sinsheim, au sud de l'Allemagne, à une centaine de kilomètres de Stuttgart. Son club de football, le Turn und Sport Gemeinschaft (TSG, à ne pas confondre avec une célèbre équipe parisienne), propriété du milliardaire Dietmar Hopp, qui a fait fortune dans l'informatique, a été fondé en 1899 et a évolué en huitième division jusqu'à l'arrivée de l'homme d'affaires. Grâce aux investissements de cet ancien joueur du club, le TSG parvient à monter jusqu'en troisième division, puis finalement jusqu'à l'élite en 2008, avec un certain Ralf Rangnick, ancien entraîneur de Schalke 04, du VFB Stuttgart et du Hanovre 96 qui officiera ensuite sur le banc de United et occupe aujourd'hui le poste de sélectionneur de l'équipe nationale d'Autriche.
lundi 26 janvier 2026
Lyon, une pluie de bonnes nouvelles
Grâce au revers cinglant d'un LOSC plongé en pleine crise de résultats face à un Strasbourg revigoré (faut-il voir un lien direct de cause à effet entre l'absence de l'indispensable Benjamin André et la mauvaise passe actuelle de Lille?), voilà l'OL seul quatrième du classement ce matin, avec une moyenne proche des deux points par match, onze succès en dix-neuf journées et à deux unités seulement du podium. Quand on sait par quels moments compliqués est passé le club rhodanien l'été dernier (coup de semonce de la DNCG, départs conjugués de Lacazette, Almada, Cherki et Mikautatdze, sans oublier la longue suspension de Fonseca), le bilan des partenaires de Tolisso (peut-être accessoirement le meilleur milieu français du championnat, il n'y a bien que vous savez qui pour ne pas s'en rendre compte) est aussi inattendu qu'exceptionnel. Surtout que le technicien portugais doit composer avec un groupe restreint d'une quinzaine de joueurs qui, comme nous avons déjà eu l'occasion de l'écrire sur la présente et indispensable gazette, semble investi d'une véritable mission.
vendredi 23 janvier 2026
Lens, les raisons d'une réussite
Pour qu'un club tourne bien, il faut que tous les étages de la fusée fonctionnent parfaitement et que les différentes composantes opèrent en symbiose. C'est le cas au RC Lens, surprenant et magnifique champion d'automne, où le président a su faire le ménage dans les comptes, où le directeur sportif et la cellule recrutement ont fait un travail absolument remarquable et où l'entraîneur bénéficie d'une confiance totale de la part de ses dirigeants. Joseph Oughourlian, Jean-Louis Leca et Pierre Sage: voilà les trois hommes à qui le RCL doit en grande partie sa réussite actuelle, sur qui personne n'aurait misé un kopeck avant le coup d'envoi de la saison. Pourtant, dès le départ, tous les éléments du puzzle étaient réunis pour que la saison lensoise bascule dans l'exceptionnel, et non dans l'irrationnel, tant il est vrai que tout a été superbement pensé du sol au plafond. Le parcours des partenaires de Thauvin évoque celui du LOSC en 2020-21, avec le bon coup Burak Yilmaz, l'émergence de Botman, David et Maignan et le travail de Galtier.
jeudi 22 janvier 2026
Champions League, une formule qui marche
Puisque les progrès récents vers le meilleur se font plutôt rares dans le football (la dernière trouvaille de génie étant le VAR, qui a encore démontré à l'occasion de la dernière finale de la CAN à quel point il pourrissait notre sport chéri), avouons que nous étions carrément sceptiques à la veille du coup d'envoi de la nouvelle mouture de la Champions League. Habitués depuis des lustres aux huit groupes de quatre équipes avec deux qualifiés, un reversé en Ligue Europa et un éliminé de toute compétition européenne, nous redoutions que l'UEFA nous fasse le coup du "plus de matches pour plus de pognon" au mépris de l'intérêt sportif. Quoi, une poule unique avec tirage au sort assisté par ordinateur, huit qualifiés directement pour les huitièmes et seize barragistes? Mais qu'est-ce que c'était encore que ce coup de Trafalgar à la mords-moi la jambe de l'amiral Nelson? Quel genre d'usine à gaz footballistique était-on tranquillement en train de mettre sur pied? Or, un an et demi après le lancement de la chose, il faut bien convenir que la formule mise au point par les instances continentales fonctionne fort bien et comporte beaucoup plus d'avantages que de mauvais côtés.
lundi 19 janvier 2026
La balade d'Olise
L'espace d'un instant, on a pu croire que le Bayern, mené à la mi-temps sur la pelouse du RB Leipzig et sérieusement secoué par son adversaire du jour, allait peut-être perdre son premier match de la saison en Bundesliga. Que nenni évidemment. Les hommes de Kompany en ont tout simplement claqué cinq en deuxième mi-temps, histoire de rappeler à tout le monde qui étaient les tauliers et d'éteindre tout semblant de suspense quant à l'identité du futur champion. Voilà donc les partenaires de Kane nantis de 50 points après 18 journées (16 victoires et 2 nuls), d'onze unités d'avance sur le Borussia Dortmund et dix-sept sur Hoffenheim, surprenant troisième. Ils en outre planté la bagatelle de 71 pions, soit quasiment une moyenne ahurissante de quatre buts par match, pour une différence de buts de +57. Jamais peut-être les Bavarois n'avaient écrasé la concurrence nationale de cette manière, faisant de la Bundesliga le championnat majeur le moins intéressant du vieux continent.
dimanche 18 janvier 2026
L'Inter au-dessus
Avec 49 points et 16 succès en 21 journées, l'Inter trône en tête de la Serie A avec six longueurs d'avance sur le Milan AC (qui compte un match de moins) et Naples, dix sur la Roma et la Juventus, piteusement battue hier à Cagliari. Bien décidés à reprendre le titre aux Napolitains, les hommes de Christian Chivu signent un parcours remarquable en championnat et continuent à afficher une régularité métronomique. Le derby de la Madonnina, prévu le 8 mars prochain à l'occasion de la 28 journée, pourrait bien décider en grande partie de l'identité du futur champion. En Champions League, les nerazzuri occupent la sixième place du classement avec 12 points, soit autant que le Real, Liverpool et l'Atletico, mais il leur faudra cravacher pour se maintenir parmi les huit premiers et éviter les barrages car les deux dernières rencontres leur réservent la réception d'Arsenal et un déplacement périlleux à Dortmund. Mais l'on connaît le savoir-faire des intéristes dans cette compétition, et il ne fera pas bon croiser leur route lors des prochains tours.
vendredi 16 janvier 2026
Pirlo, la classe à l'italienne
La carrière d'Andrea Pirlo faillit ne jamais vraiment décoller. Après sa formation et ses débuts professionnels sous les couleurs de Brescia, celui que l'on surnomme "le nouveau Baggio" pour son élégance et son toucher de balle rejoint l'Inter en 1998, à l'âge de 19 ans. Barré par des joueurs comme Baggio (justement) ou Djorkaeff, le petit prodige joue très peu sous le maillot nerazzuro, et se voit finalement prêté à la Reggina un an plus tard. Malgré des prestations correctes, Pirlo ne parvient pas à faire son trou à Milan et est envoyé à Brescia en 2001. Retour à la case départ. Celui qui vient de remporter l'Euro espoirs et de terminer meilleur buteur de la compétition ne réussit pas à s'imposer en club et son passage à l'Inter se solde par un échec. Lorsqu'il est vendu à l'autre club milanais à l'été 2001, on se pose beaucoup de questions en Italie sur sa capacité à se faire violence et exploiter un potentiel visible aux yeux de tous mais qui reste en sommeil. Et la lumière va venir de Carlo Ancelotti.
jeudi 15 janvier 2026
Real Madrid, le cycle infernal
On pouvait penser que Xabi Alonso avait toutes les qualités requises pour s'imposer sur le banc du Real: ancien joueur du club de 2009 à 2014 (une CL et une Liga remportée), il avait commencé sa carrière d'entraîneur en prenant en charge les Infantil A, l'équipe des moins de 14 ans du Real. On connaît la suite, surtout vous, fidèles et avisés lecteurs: la Real Sociedad B puis des résultats extraordinaires avec le Bayer Leverkusen, qu'il conduira au titre de champion en 2024 sans perdre un seul match de toute la saison en Bundesliga. Mais le Basque a eu le grand tort de vouloir instaurer une véritable méritocratie au sein de l'effectif et d'abolir les passe-droits, d'imposer des séances de tableau noir et d'essayer de renforcer le bagage tactique de ses joueurs et d'oser exiger de ses attaquants qu'ils participent au travail défensif. Il s'est lourdement trompé sur la véritable nature de l'équipe qu'il dirigeait, à savoir un agrégat d'individualités et d'egos surdimensionnés davantage qu'un véritable collectif dans lequel chacun accepte de faire les efforts pour les autres.
lundi 12 janvier 2026
Raphinha, l'homme fort du Barça
On a vraiment échappé au pire en septembre dernier lorsque le Ballon d'Or, récompense ô combien décrédibilisée mais toujours importante aux yeux du grand public, fut décerné à Dembélé et non à Lamine Yamal, la nouvelle idole des jeunes à peau à problèmes qui avait bénéficié d'une campagne monstrueuse sur les réseaux sociaux. Si la baballe dorée était revenue au gamin, non seulement on aurait remis le prestigieux prix à un joueur qui n'avait qu'une saison et demie dans les jambes, mais on n'aurait surtout pas honoré d'autres joueurs du Barça qui le méritaient autant sinon davantage, à savoir Pedri, génial maestro de l'orchestre catalan, Lewandowski, toujours performant et à la tête d'une œuvre colossale, et Raphinha, auteur d'une saison extraordinaire au sens premier du terme. Pas totalement ignoré, le Brésilien s'est classé cinquième derrière Vitinha et Salah mais devant Hakimi, Mbappé et Kane, mais certains estiment qu'il aurait été digne du trophée, à commencer par l'intéressé lui-même, qui a admis s'être senti lésé, ou des entraîneurs comme Diego Simeone.
dimanche 11 janvier 2026
Le réveil de l'Atalanta
Le début de saison de l'Atalanta Bergame avait été difficile, avec le départ de l'entraîneur historique Gasperini vers la Roma durant l'été, la perte du meilleur buteur de Serie A Mateo Retegui qui a fait le choix du cœur avec l'Arabie Saoudite , les états d'âme de Lookman qui voulait à tout prix quitter le club pour l'Inter, la blessure de Scamacca qui l'a éloigné des terrains pendant un mois et demi, deux résultats nuls face à Parme et Pise pour commencer et une rouste infligée par le PSG au Parc lors de la première journée de Champions League. Depuis, Scamacca est revenu sur les terrains et a planté à cinq reprises, Lookman, remarquable avec le Nigeria à la CAN, semble s'être mis la tête à l'endroit et avoir retrouvé son football et le discours de Palladino, ancien attaquant international qui officiait sur le banc de la Fiorentina la saison dernière, semble passer plus facilement auprès du groupe que celui de son prédécesseur Ivan Juric. Les résultats s'en ressentent, et même s'il sera difficile d'obtenir un strapontin pour la prochaine Champions League parmi le clan des cinq cadors, une place finale dans le premier tiers du classement paraît un objectif réalisable.
vendredi 9 janvier 2026
Premier League, un cru oubliable?
On s'attendait à une saison de feu en Premier League, avec le recrutement pharaonique de Liverpool, l'arrivée de Gyökeres à Arsenal, le titre de champion du monde des clubs remporté par Chelsea, les signatures de Kudus et Xavi Simons à Tottenham, les promesses qui entouraient la nouvelle connexion Cherki-Haaland, les progrès affichés par Bournemouth ou encore le mercato XXL du promu Sunderland. On espérait fébrilement un feu d'artifice de chocs dantesques semaine après semaine, un feuilleton passionnant comme jamais et à l'issue incertaine, une lutte de titans armés jusqu'aux dents prêts à en découdre sur toutes les pelouses du royaume. On pensait vivre une année véritablement exceptionnelle, farcie de beaux gestes, de scenari renversants et de rencontres d'une intensité folle. On fantasmait secrètement sur la ribambelle de régalades footballistiques au menu tel un fin gourmet s'installant à la table d'un restaurant étoilé. Or, après une vingtaine de journées, la déception est à la hauteur des espérances, et il semble bien que ce cru 2025-2026 ne soit pas franchement destiné à entrer dans la grande légende du jeu comme un millésime d'exception. Bien au contraire.
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