Contre Chelsea à domicile, Arsenal n'a une nouvelle fois pas proposé grand-chose dans le jeu (cinq tirs cadrés au total et 42% de possession) et s'en est encore remis aux coups de pied arrêtés, la spécialité maison, pour faire la différence (deux buts sur corner signés Saliba et Timber). En supériorité numérique suite à l'expulsion de Pedro Neto, les Gunners ont choisi de laisser la possession aux Blues et Raya a signé quelques interventions décisives en fin de rencontre pour éviter une égalisation adverse et permettre aux siens de sauvegarder les trois points. Depuis le début de saison, les hommes d'Arteta ont marqué à 16 reprises sur corner (record déjà égalé sur une saison de Premier League), soit près d'un tiers de leurs buts. Au total, ils ont inscrit 32 buts sur phase statique et n'ont remporté que deux matches en marquant uniquement dans le jeu. De façon cynique et clinique, ils ont fait de leur maîtrise unique des coups de pied arrêtés leur arme principale dans la course au titre et dans leur duel à distance avec City.
lundi 2 mars 2026
dimanche 1 mars 2026
Ekitike montre la voie
Avec ses onze buts (assortis de quatre passes décisives), Hugo Ekitike est le meilleur réalisateur de son équipe et le quatrième meilleur buteur de Premier League derrière Haaland, Semenyo et Igor Thiago et à égalité avec Joao Pedro. Au cours d'une saison difficile pour les Reds, toujours pas assurés de monter dans le train pour la prochaine Champions League et minés par un recrutement boursouflé et douteux (Kerkez, Frimpong), la nette baisse de régime de Salah et les blessures graves (Isak), l'ancien Parisien est un des rares motifs de satisfaction pour les dirigeants de la maison rouge. Son association avec Florian Wirtz, le petit Mozart allemand qui gagne en influence après une longue période d'adaptation et de virginité statistique, semble très prometteuse pour l'avenir et évoque, toutes proportions gardées, le duo extraordinairement complémentaire que formaient à la grande époque Steven Gerrard et Fernando Torres.
vendredi 27 février 2026
Kluivert, made in Ajax
Le monde découvre Patrick Kluivert le 24 mai 1995, lorsque le jeune attaquant d'à peine dix-neuf ans, entré en jeu un quart d'heure plus tôt à la place de Jari Litmanen, offre la coupe aux grandes oreilles à l'Ajax face au Milan AC à Vienne. Le petit prodige, pur produit de la maison rouge et blanche, symbolise l'extraordinaire qualité d'un centre de formation d'où émergera une génération dorée (Van der Sar, Overmars, Davids, Seedorf, Reiziger, Kanu, les frangins De Boer) qui fera le bonheur des cadors européens et se trouve alors parfaitement encadrée par les vieux routiers Blind et Rijkaard ainsi que les fort talentueux Litmanen et Finidi. La saison suivante, cette incroyable équipe passera à deux doigts du back to back en C1, seulement battue aux tirs aux buts par la Juventus de Vialli et Del Piero en finale à Rome. Avec cinq réalisations en huit apparitions, Kluivert se classe cinquième meilleur buteur de la compétition derrière Litmanen, Raùl, Del Piero et Warzycha.
lundi 23 février 2026
Une Juve à la ramasse
On attendait beaucoup de cette Juventus new look avec les arrivées de Jonathan David, Edon Zhegrova, Loïs Openda, Francisco Conceiçao, Nico Gonzalez et Pierre Kalulu. On pensait sérieusement que la sauce pouvait prendre et que la Vieille Dame pouvait signer un retour au premier plan, cinq ans après la fin de l'hégémonie turinoise sur la Serie A. Or, après 26 journées, la Juve n'occupe que la cinquième place du classement, à quatre unités de la Roma et du Napoli, huit du Milan et dix-huit de l'Inter. Elle ne possède plus qu'un point d'avance sur un Côme qui n'en finit plus d'épater son monde et l'a battue nettement et sans bavures à l'Allianz Stadium. Non seulement la Vecchia Signora a définitivement fait une croix sur le titre, mais sa qualification pour la prochaine Champions League semble sérieusement menacée: un triste bilan qui a coûté sa place à Igor Tudor, remplacé par Luciano Spalletti, venu jouer les pompiers de service mais qui ne parvient manifestement pas à éteindre l'incendie.
dimanche 22 février 2026
Halte au Barcola-bashing
Depuis plusieurs mois, Bradley Barcola en prend plein la tronche de la part des journalistes spécialisés et des essepères, sur les réseaux sociaux (une des pires inventions de l'histoire de l'humanité, qui donne le droit à n'importe quel ignare de se prétendre compétent sur à peu près tous les sujets possibles) et dans les commentaires des supporters parisiens. Que n'a-t-on pas entendu sur l'ancien joueur de l'OL? Qu'il était brouillon, maladroit, inconstant, fragile mentalement, surcoté, surpayé, nous en passons et des meilleures. Il fut d'ailleurs pendant longtemps l'une des cibles favorites de Daniel Riolo, l'homme qui a affirmé à l'antenne que Luis Enrique ne faisait pas progresser les joueurs et menait le PSG dans le mur, qui le surnommait "Bambi" avec une forme de mépris assumée. A l'instar de Pierre Richard dans le monumental Je sais rien mais je dirai tout, un film d'utilité publique par les temps qui marchent, nous disons halte. Calmons-nous deux minutes et buvons frais.
samedi 21 février 2026
Ajorque, monument déclassé
Les dirigeants brestois ont signé un sacrément joli coup à l'été 2024 quand ils ont fait signer Ludovic Ajorque pour cinq petits millions, eux qui étaient à la recherche d'un attaquant fiable dans l'optique de la Champions League. Depuis son arrivée au SB29, le Réunionnais a claqué 18 pions en Ligue 1, agrémentés de 9 caviars pour ses partenaires (il est actuellement le meilleur passeur du championnat avec sept offrandes), ce qui fait de lui l'un des attaquants les plus rentables de l'hexagone à 32 balais. L'OM a choisi de poser vingt plaques sur Gouiri et de faire revenir Aubameyang, mais hier soir Benatia et compagnie se sont douloureusement rendus compte des dégâts qu'Ajorque pouvait causer dans une défense et de l'impact qu'il pouvait avoir sur une rencontre. Le natif de Saint-Joseph n'était sans doute pas un nom suffisamment ronflant pour les patrons de l'OM, éternellement en quête du fameux "grantatakan", mais on ne doute pas une seule seconde qu'il n'aurait pas fait tache dans l'effectif marseillais.
mardi 17 février 2026
Vidic, natural born killer
Un physique de golgoth, un regard intimidant, un goût prononcé pour le duel, un jeu de tête monstrueux et une agressivité de tous les instants: voilà les caractéristiques essentielles de Nemanja Vidic, l'un des tout meilleurs défenseurs du début du 21ème siècle dont aucun attaquant de Premier League n'aimait croiser la route. Le Serbe reste à ce jour le seul défenseur central à avoir été élu Premier League player of the season à deux reprises (en 2009 et 2011) et il fut même choisi en 2019 comme le meilleur défenseur central de l'histoire du championnat d'Angleterre, devant des pointures comme Campbell, Terry ou Kompany. Avec son compère Rio Ferdinand, Vidic formait une charnière imperméable et complémentaire, l'Anglais brillant davantage par sa qualité de relance et sa lecture du jeu. Pendant huit ans, de 2006 à 2014, ce tandem a semé la terreur sur toutes les pelouses du royaume et garanti à United une forme de suprématie domestique, avant l'émergence du rival City.
lundi 16 février 2026
Marseille, le sketch permanent
Quelques jours après Roberto De Zerbi, qui a expliqué avoir vécu une histoire d'amour inachevée avec Marseille, c'est au tour de Mehdi Benatia, le directeur sportif, de quitter le navire. L'ancien joueur de la Roma et du Bayern paie des résultats désastreux (élimination rocambolesque en Champions League, dérouillée en règle au Parc, nuls face au PFC et Strasbourg après avoir mené de deux buts à un quart d'heure de la fin, le syndrome des guibolles qui flageolent et de la friabilité mentale) et une politique de recrutement sans queue ni tête et court-termiste qui a constitué à chambouler l'effectif à chaque mercato. Qu'est-il advenu des fameux "minots" qu'on nous a survendus pendant des semaines? Robinio Vaz a été transféré à la Roma et Bakola vendu à Sassuolo. Pas grave. On se fait prêter Nwaneri, qu'on aligne à chaque match comme s'il était au club depuis cinq ans. Le seul ancien à qui l'on fait toujours confiance, c'est Balerdi, absolument cataclysmique contre le PSG et capitaine d'un vaisseau à la dérive.
dimanche 15 février 2026
Thomasson, leader par l'exemple
Après la victoire cinglante des Lensois à quelques encablures du Parc en forme de message au PSG ("si vous ne nous laissez que les miettes, nous les mangerons", comme l'a justement écrit un internaute sur un site spécialisé), on va évidemment beaucoup parler de Wesley Saïd, auteur de son dixième but et de la meilleure saison de sa carrière, de Thauvin, encore une fois au four et au moulin, ou de Celik, épatant sur la droite de la défense. Comme si c'était le destin de ce joueur aussi utile que modeste, on causera sans doute moins de la nouvelle remarquable prestation d'Adrien Thomasson, qui a comme à son habitude mis de l'huile dans les rouages du collectif et accessoirement signé sa sixième passe décisive en Ligue 1 (meilleur passeur du championnat à égalité avec son coéquipier Udol, Ajorque et Vitinha, et étonnamment devant Benjamin Pavard, qui n'en compte que deux, mais dont la saison ébouriffante dépasse le simple cadre statistique).
samedi 14 février 2026
PSG, défense en danger
L'OM a Balerdi, le PSG a Zabarnyi: à chacun son boulet, à chacun son sketch permanent, à chacun son numéro de cirque. Par sa lenteur, sa lourdeur, sa faiblesse en un contre un, sa mauvaise qualité de placement et sa capacité à commettre des bourdes irréparables, l'Ukrainien évoque un savant mélange de Lugano, Yepes et El-Karkouri, trois défenseurs parisiens qui ont autant marqué les mémoires que les chevilles adverses. Véritable tour de force, l'ancien joueur de Bournemouth (tout comme Huijsen, qui a sombré corps et biens avec le Real) parvient à rendre Pacho, habituellement impérial, vulnérable, et à fragiliser l'ensemble de l'arrière-garde de son équipe. Contre Marseille, Marquinhos était titulaire et Paris n'a jamais été mis sérieusement en danger. A Rennes, c'est Zabarnyi qui officiait aux côtés de l'Equatorien, et les hommes de Luis Enrique en ont pris trois: le constat est aussi simple qu'imparable.
mercredi 11 février 2026
Dortmund s'accroche
Malgré les critiques que subit régulièrement Nico Kovac outre-Rhin, le Borussia Dortmund effectue un parcours absolument remarquable en Bundesliga et s'accroche dans la roue du Bayern Munich, lancé à très vive allure. Il n'y a pas grand-monde pour imaginer une seconde que le titre puisse échapper aux Bavarois, mais les partenaires de Schlotterbeck, à six points d'un Bayern qu'ils recevront à la fin du mois, ont le mérite de préserver un semblant de suspense. Le bilan chiffré donne une idée de la qualité de la saison des jaunards: 48 points en 21 journées pour 2,3 unités par match de moyenne, vingt buts encaissés seulement (un de plus que le Bayern), huit succès et deux nuls à domicile et une seule défaite à l'extérieur sur la pelouse de l'Allianz Arena. S'ils n'avaient pas devant eux une machine qui a compilé 17 victoires en 21 matches et n'a laissé filer que neuf points au total, les joueurs du Borussia avanceraient à un rythme de champion.
mardi 10 février 2026
Luis Diaz, le troisième homme
On en fait évidemment des caisses sur Harry Kane, trop longtemps privé de titres avec Tottenham et qui continue à empiler les pions tout en garnissant enfin l'armoire à trophées. On parle beaucoup en France de Michael Olise, qui est sans doute le meneur de jeu que le pays s'est enfin trouvé (même si on peut se demander si vous savez qui en cherchait vraiment un) pour alimenter ses attaquants d'exception. Mais on cause nettement moins du troisième membre du trio offensif du Bayern, qui a de quoi faire trembler les meilleures défenses du vieux continent sur leurs guibolles: le dénommé Luis Diaz, dont le nom est essentiellement associé dans ce pays à un tacle horrible qui avait fracassé la cheville d'Hakimi au Parc mais qui est en train de signer une saison de toute beauté et s'affirme comme la recrue parfaite. Plus la saison avance et plus il faut se rendre à l'évidence: le Colombien était bien la pièce manquante du puzzle offensif bavarois.
lundi 9 février 2026
Le Betis à l'heure
Depuis environ cinq ans, le Betis Séville fait partie des meilleures équipes de la Liga et décroche régulièrement une qualification européenne (sixième en 2021, cinquième en 2022, sixième en 2023, septième en 2024 et sixième en 2025), glanant même un Copa del Rey au passage en 2022. Le club a récemment vu passer dans ses rangs des joueurs comme Lo Celso, Juanmi (20 pions en Liga en 2021-22), Borja Iglesias ou Isco et pratique généralement un football léché et agréable, dans le plus pur style espagnol. Hier, les hommes de Manuel Pellegrini (remarquable technicien, qui a emmené Malaga jusqu'en quart de finale de Champions League et remporté un titre avec City) se sont imposés sur le terrain de l'Atletico Madrid pour s'installer à la cinquième place, quatre unités devant l'Espanyol. Malgré un surprenant revers à Alaves, ils viennent de prendre dix points sur les cinq dernières journées, s'offrant notamment un succès contre Villareal.
dimanche 8 février 2026
Lampard, buteur du milieu
Frank Lampard appartient à cette extraordinaire génération anglaise du début des années 2000 (Beckham, Scholes, Gerrard, Ferdinand, Campbell, Cole, Rooney, Owen) qui n'a jamais rien gagné en sélection mais a brillé de mille feux en club. C'était un milieu de terrain complet, à la fois travailleur et brillant, doté d'une redoutable frappe de balle qui lui permettait de marquer beaucoup de buts et d'une qualité de passe largement au-dessus de la moyenne. Moins polyvalent que Gerrard et sans doute moins naturellement doué que Scholes, il savait pourtant exercer une grande influence sur les rencontres en touchant énormément de ballons et en servant de distributeur et de régulateur dans l'entre-jeu. Il avait également l'âme d'un patron et d'un meneur d'hommes, et malgré toutes les vedettes qui l'ont entouré à Chelsea, de Hazard à Drogba en passant par Chevchenko et Robben, il incarnait l'âme de l'équipe aux côtés de John Terry, l'un des rares Anglais à être resté fidèle aussi longtemps au club.
samedi 7 février 2026
Lille en panne offensive
Fatalement, si le LOSC est en train de décrocher dangereusement au classement et de laisser l'OL filer vers la quatrième place et peut-être le podium, c'est qu'il encaisse trop de buts: douze au total sur les six dernières journées de championnat, ce qui, vous l'aurez calculé, bande de médailles Fields en herbe, nous donne une moyenne de deux pions concédés par rencontre depuis le début de l'année civile. En soi, cette statistique peut paraître surprenante, car Génésio dispose en Mandi, Ngoy et Aleksandro de vaillants défenseurs centraux, mais elle s'explique en grande partie par l'absence de Benjamin André, pilier du système du technicien nordiste. Ce qui peut sembler encore plus étonnant, c'est la totale faillite offensive dont les Dogues font preuve depuis plusieurs semaines, eux qui proposent habituellement un football résolument attractif et porté vers l'avant.
Gündogan, finesse et technique
Ni pur récupérateur, ni pur meneur de jeu, Ilkay Gündogan était un joueur complet et polyvalent, d'une finesse technique et d'une justesse rares et d'une utilité de tous les instants. Tous les techniciens qui ont eu la chance de l'avoir sous leurs ordres, de Klopp à Guardiola en passant par Löw (pas exactement les tocards du coin au passage), n'avaient que du bien à dire de lui et ne manquaient jamais une occasion de chanter ses louanges et de souligner son importance dans l'expression collective de leur équipe. Le milieu de terrain d'origine turque était capable d'éclairer le jeu d'une passe lumineuse, d'éliminer balle au pied dans des espaces réduits, de prendre la direction des opérations quand le besoin s'en faisait sentir et de marquer également, et même parfois des buts capitaux. Décisif au sein de toutes les formations où il a évolué, il a gagné partout où il est passé, remportant au cours d'une longue et riche carrière presque tous les trophées dont un footballeur de haut niveau puisse rêver.
vendredi 6 février 2026
Lorient, un club qui va bien
Alors qu'on s'attendait logiquement à ce que le promu lorientais cravache jusqu'au bout pour son maintien dans l'élite avec des équipes comme Metz, Le Havre ou Auxerre, voilà que les Merlus occupent tout simplement la première moitié du classement et devancent même l'AS Monaco, supposé cador à la dérive. Tranquillement installés à la neuvième place, les Bretons possèdent quatorze points d'avance sur Nantes, premier barragiste, et peuvent envisager la fin de saison avec sérénité. Délestés de toute forme de pression, ils peuvent même tenter d'aller chercher des formations comme Strasbourg, Rennes ou Lille, bien mieux armées sur le papier mais très irrégulières. Les hommes d'Olivier Pantaloni, champions le Ligue 2 la saison dernière, restent sur 20 points pris sur 24 possibles et se sont offert le scalp de Monaco, Lyon et Rennes. Ils restent en outre toujours en course en coupe de France, où ils affronteront Nice au Moustoir pour une place dans le dernier carré.
jeudi 5 février 2026
Lahm, joueur multifonction
Philip Lahm appartient à cette catégorie de joueurs qui, à l'instar de Gerrard ou Luis Enrique, brillent par leur polyvalence et savent à peu près tout faire sur un terrain, sauf peut-être en ce qui concerne l'international allemand balancer des grosses minasses des 35 mètres. Latéral droit de formation, l'ancien du Bayern fut replacé au milieu par Guardiola en 2013, le technicien catalan décelant chez lui des facultés de récupérateur et d'organisateur et pensant sans soute que ce meneur d'hommes naturel aurait davantage d'influence dans l'entre-jeu. Nommé capitaine de la Mannschaft en 2010 et du club bavarois l'année suivante, Lahm possédait, malgré son physique quelconque (il mesure 1,70m), une forme d'aura et de charisme qui rejaillissait sur ses partenaires. Il donnait surtout l'exemple à ses coéquipiers par sa rage de vaincre, son intelligence tactique, son goût de l'effort et du sacrifice, sa capacité à mettre de l'huile dans les rouages collectifs qui lui ont valu tant d'hommages et de titres. Que ce soit sous le maillot du Bayern ou de l'équipe nationale, il a en effet à peu près tout gagné.
Monaco, la politique du has been
Trop souvent dans le football, lorsque la situation tourne au vinaigre et que les résultats ne suivent pas, c'est l'entraîneur qui sert de fusible et se fait lourder pour payer les pots cassés et calmer les supporters (le fameux "choc psychologique", qui bien souvent relève plutôt du pétard mouillé). Adi Hütter n'a pas fait exception à la règle, remercié qu'il a été en octobre dernier alors qu'il avait conduit l'AS Monaco à une méritoire troisième place la saison dernière. Le technicien autrichien a été remplacé sur le banc de touche par Pocognoli, qui compte pour l'instant huit victoires, cinq nuls et huit défaites, soit le pire bilan d'un entraîneur monégasque depuis Thierry Henry. En réalité, le véritable responsable de la saison désastreuse du club de la principauté, actuel dixième du championnat, se nomme Thiago Scuro, qui occupe le poste de directeur général et fait montre de moins de compétence que Daniel Lauclair au micro de France Télévisions un soir de coupe de France.
mercredi 4 février 2026
Agüero, lutin génial
Sergio Agüero, dit Kun (surnom attribué par ses grands-parents à cause de sa ressemblance avec le personnage de dessin animé japonais Kum Kum), restera à jamais l'un des héros de l'histoire de Manchester City et l'un des joueurs favoris des frangins Gallagher (l'un des deux avait déclaré au moment du rachat du club par Cheick Mansour que les fans de United enrichiraient City à chaque fois qu'ils iraient faire le plein à la pompe). En mai 2012, lors de la dernière journée de championnat et alors que les deux rivaux mancuniens sont au coude à coude pour le titre, les Skyblues se trouvent menés par Queens Park Rangers sur leur pelouse. A la 92ème minute, Edin Dzeko égalise de la tête, mais United reste devant au classement. Deux minutes plus tard, dans une ambiance indescriptible, Agüero marque et offre à City son premier sacre depuis 1968, quatre ans après le passage du club sous pavillon saoudien. Le 23ème but de sa saison plonge la partie bleu clair de la ville dans l'euphorie, même si l'on dit souvent que United est plutôt l'équipe des banlieusards (Old Trafford est situé dans la petite ville de Stretford, à une vingtaine de kilomètres du centre-ville).
mardi 3 février 2026
Pirès, talent multiple
Durant l'été 2002, le feuilleton de la cuisse de Zidane, blessé à cinq jours du début du Mondial asiatique lors d'un dernier match amical de préparation face à la Corée du Sud, avait fait couler beaucoup d'encre et tenu la France en haleine. Attendu comme le messie pour le dernier match de poule face à Danemark, Zizou, diminué et sur une jambe, n'avait pu à lui seul empêcher le désastre et une inimaginable sortie de route au premier tour des champions du monde et d'Europe en titre. On avait beaucoup moins parlé de l'absence de Robert Pirès, gravement touché au genou en mars à l'occasion d'un match de Cup contre Newcastle, qui avait pourtant marqué le début d'une sorte de série noire de très mauvaise augure pour les Bleus de Roger Lemerre. Car le joueur doué mais timide qu'Aimé Jacquet avait sérieusement secoué en 1998 lors d'une causerie restée dans les mémoires (le fameux "muscle ton jeu, Robert") s'était mué à presque trente ans en un élément incontournable du groupe France et l'un des piliers de l'Arsenal de Wenger, alors une des meilleures équipes du continent. Son forfait pour la Coupe du Monde fut une véritable catastrophe pour les Bleus, dont on n'avait pas tout à fait mesuré l'ampleur à l'époque.
lundi 2 février 2026
Pourquoi City peut encore y croire
Battus dans le derby de Manchester et tenus en échec sur la pelouse de Tottenham après avoir mené 2-0 à la mi-temps, les Citizens ont laissé Arsenal, facile vainqueur à Leeds, prendre six longueurs d'avance en tête du classement. Tout semble indiqué que le chemin vers le titre est tout tracé pour les Gunners, pour qui c'est peut-être enfin la bonne année après trois secondes places consécutives. Les hommes d'Arteta tiennent un rythme de futur champion avec 16 victoires en 24 journées et une moyenne remarquable de 2,2 points par match. Ceux de Guardiola ont laissé filer beaucoup de points et concédé cinq défaites, soit autant que le rival United, qui a opéré une jolie remontée malgré un parcours chaotique. City n'a pas su profiter de la relative mauvaise passe d'Arsenal, qui n'a pris que huit points sur les cinq dernières journées, et on pourrait penser que les Mancuniens ont laissé passer leur chance de recoller. Pourtant, les motifs d'espoir et d"optimisme ne manquent pas pour les habitués des travées de l'Etihad Stadium.
dimanche 1 février 2026
Saint-Etienne ne répond plus
Le changement d'entraîneur et le limogeage d'Erik Horneland n'ont pas cassé la mauvaise dynamique stéphanoise. Encore présent sur le banc après avoir appris son licenciement quelques heures plus tôt, le technicien norvégien a terminé son séjour dans le Forez de la pire des manières, insistant impuissant à la défaite de ses joueurs à Geoffroy-Guichard contre Boulogne-sur-Mer, qui n'avait remporté que cinq matches jusqu'à présent. Un revers honteux qui fait suite à une déconvenue sur le terrain de Reims, concurrent direct pour la montée, et un succès minimal face à Clermont qui n'avait convaincu personne. Alors que Philippe Montanier, ancien portier des Verts, semble avoir donné son accord pour succéder à Horneland, l'ASSE s'enfonce tranquillement dans ce qui ressemble à une jolie crise, alors qu'on avait annoncé avant le coup d'envoi de la saison que les partenaires de Tardieu allaient littéralement écraser la Ligue 2.
samedi 31 janvier 2026
Berbatov, dandy dilettante
Dimitar Berbatov appartient à la catégorie de joueurs que l'insupportable Jean-Michel Larqué ("je préfère un Krychowiak qui court à un Bodmer qui marche", une certaine idée du football) aimait à vilipender à longueurs d'émissions: celle des aristocrates des pelouses qui s'appuient exclusivement sur leurs facilités techniques et ne s'abaissent pas par principe à courir et transpirer. Comme d'autres spécimens de cette espèce en voie de disparition dans le jeu dit "moderne" (Valderrama, Pirlo, Riquelme, Thiago Motta, tous milieux et non attaquants d'ailleurs), le Bulgare (qui n'a pas mauvais goût) a passé le plus clair de sa carrière à marcher sur le terrain, promenant un regard détaché sur le match sans jamais manifester le moindre intérêt pour le replacement défensif ou un semblant de replacement défensif: guère surprenant qu'il n'ait jamais joué pour Mourinho, qui était capable de faire jouer Eto'o arrière latéral et se serait arraché les cheveux devant tant de nonchalance. Mais quand on est le sosie footballistique d'Andy Garcia et le joueur le plus cher de l'histoire du football de son pays, on peut se permettre de s'octroyer certains privilèges.
vendredi 30 janvier 2026
L'indispensable Benjamin André
En l'absence de son capitaine Benjamin André, le LOSC avait enchaîné les revers, prenant même une véritable déculottée à Pierre Mauroy contre Strasbourg et laissant un OL euphorique s'échapper au classement. Et puis la blessure à l'épaule du monsieur a fini par cicatriser, le numéro huit nordiste a pu réintégrer le onze et, coïncidence notoire, Lille a signé son premier succès contre Fribourg après cinq défaites consécutives et obtenu son billet pour les barrages de la Ligue Europa. Vous l'aurez compris, fidèle et avisé lectorat de la présente et indispensable gazette, lorsqu'on nous parlons de coïncidence, nos propos sont teintés d'une certaine ironie qui n'est d'ailleurs pas sans évoquer les meilleurs pages de Pierre Desproges. Car on ne mesure pas suffisamment l'importance prépondérante d'André dans le système de jeu lillois, sa colossale influence et le caractère tout simplement indispensable de sa présence dans l'entre-jeu de l'équipe de Génésio.
jeudi 29 janvier 2026
Real Sociedad, la métamorphose
Voir une équipe aussi complète et talentueuse que la Real Sociedad galérer autant en Liga relevait de l'aberration pure et simple. Après une quinzaine de journées, le club basque avait déjà trouvé le moyen de s'incliner sur la pelouse du promu Oviedo et d'Alaves et de perdre à domicile face au Rayo Vallecano. Enchaînant les prestations insipides ou consternantes, les hommes de Sergio Francisco, habitués à jouer les équipes poil à gratter et difficiles à manœuvrer dans le championnat espagnol, se traînaient lamentablement dans les profondeurs du classement. Jusqu'à ce que les dirigeants, lassés de la situation, décident de montrer la lourde à Francisco et d'engager l'entraîneur italo-américain Pellegrino Matarazzo, qui a successivement occupé les bancs du VFB Stutgart et du TSG Hoffenheim avant de vivre sa première expérience espagnole. Et dès lors, quasiment du jour au lendemain, tout a changé et les nuages ont disparu.
mercredi 28 janvier 2026
L'exception Hoffenheim
Hoffenheim est une bourgade de 3000 habitants située dans le Land du Bade-Wurtemberg, au sein de la municipalité de Sinsheim, au sud de l'Allemagne, à une centaine de kilomètres de Stuttgart. Son club de football, le Turn und Sport Gemeinschaft (TSG, à ne pas confondre avec une célèbre équipe parisienne), propriété du milliardaire Dietmar Hopp, qui a fait fortune dans l'informatique, a été fondé en 1899 et a évolué en huitième division jusqu'à l'arrivée de l'homme d'affaires. Grâce aux investissements de cet ancien joueur du club, le TSG parvient à monter jusqu'en troisième division, puis finalement jusqu'à l'élite en 2008, avec un certain Ralf Rangnick, ancien entraîneur de Schalke 04, du VFB Stuttgart et du Hanovre 96 qui officiera ensuite sur le banc de United et occupe aujourd'hui le poste de sélectionneur de l'équipe nationale d'Autriche.
lundi 26 janvier 2026
Lyon, une pluie de bonnes nouvelles
Grâce au revers cinglant d'un LOSC plongé en pleine crise de résultats face à un Strasbourg revigoré (faut-il voir un lien direct de cause à effet entre l'absence de l'indispensable Benjamin André et la mauvaise passe actuelle de Lille?), voilà l'OL seul quatrième du classement ce matin, avec une moyenne proche des deux points par match, onze succès en dix-neuf journées et à deux unités seulement du podium. Quand on sait par quels moments compliqués est passé le club rhodanien l'été dernier (coup de semonce de la DNCG, départs conjugués de Lacazette, Almada, Cherki et Mikautatdze, sans oublier la longue suspension de Fonseca), le bilan des partenaires de Tolisso (peut-être accessoirement le meilleur milieu français du championnat, il n'y a bien que vous savez qui pour ne pas s'en rendre compte) est aussi inattendu qu'exceptionnel. Surtout que le technicien portugais doit composer avec un groupe restreint d'une quinzaine de joueurs qui, comme nous avons déjà eu l'occasion de l'écrire sur la présente et indispensable gazette, semble investi d'une véritable mission.
vendredi 23 janvier 2026
Lens, les raisons d'une réussite
Pour qu'un club tourne bien, il faut que tous les étages de la fusée fonctionnent parfaitement et que les différentes composantes opèrent en symbiose. C'est le cas au RC Lens, surprenant et magnifique champion d'automne, où le président a su faire le ménage dans les comptes, où le directeur sportif et la cellule recrutement ont fait un travail absolument remarquable et où l'entraîneur bénéficie d'une confiance totale de la part de ses dirigeants. Joseph Oughourlian, Jean-Louis Leca et Pierre Sage: voilà les trois hommes à qui le RCL doit en grande partie sa réussite actuelle, sur qui personne n'aurait misé un kopeck avant le coup d'envoi de la saison. Pourtant, dès le départ, tous les éléments du puzzle étaient réunis pour que la saison lensoise bascule dans l'exceptionnel, et non dans l'irrationnel, tant il est vrai que tout a été superbement pensé du sol au plafond. Le parcours des partenaires de Thauvin évoque celui du LOSC en 2020-21, avec le bon coup Burak Yilmaz, l'émergence de Botman, David et Maignan et le travail de Galtier.
jeudi 22 janvier 2026
Champions League, une formule qui marche
Puisque les progrès récents vers le meilleur se font plutôt rares dans le football (la dernière trouvaille de génie étant le VAR, qui a encore démontré à l'occasion de la dernière finale de la CAN à quel point il pourrissait notre sport chéri), avouons que nous étions carrément sceptiques à la veille du coup d'envoi de la nouvelle mouture de la Champions League. Habitués depuis des lustres aux huit groupes de quatre équipes avec deux qualifiés, un reversé en Ligue Europa et un éliminé de toute compétition européenne, nous redoutions que l'UEFA nous fasse le coup du "plus de matches pour plus de pognon" au mépris de l'intérêt sportif. Quoi, une poule unique avec tirage au sort assisté par ordinateur, huit qualifiés directement pour les huitièmes et seize barragistes? Mais qu'est-ce que c'était encore que ce coup de Trafalgar à la mords-moi la jambe de l'amiral Nelson? Quel genre d'usine à gaz footballistique était-on tranquillement en train de mettre sur pied? Or, un an et demi après le lancement de la chose, il faut bien convenir que la formule mise au point par les instances continentales fonctionne fort bien et comporte beaucoup plus d'avantages que de mauvais côtés.
lundi 19 janvier 2026
La balade d'Olise
L'espace d'un instant, on a pu croire que le Bayern, mené à la mi-temps sur la pelouse du RB Leipzig et sérieusement secoué par son adversaire du jour, allait peut-être perdre son premier match de la saison en Bundesliga. Que nenni évidemment. Les hommes de Kompany en ont tout simplement claqué cinq en deuxième mi-temps, histoire de rappeler à tout le monde qui étaient les tauliers et d'éteindre tout semblant de suspense quant à l'identité du futur champion. Voilà donc les partenaires de Kane nantis de 50 points après 18 journées (16 victoires et 2 nuls), d'onze unités d'avance sur le Borussia Dortmund et dix-sept sur Hoffenheim, surprenant troisième. Ils en outre planté la bagatelle de 71 pions, soit quasiment une moyenne ahurissante de quatre buts par match, pour une différence de buts de +57. Jamais peut-être les Bavarois n'avaient écrasé la concurrence nationale de cette manière, faisant de la Bundesliga le championnat majeur le moins intéressant du vieux continent.
dimanche 18 janvier 2026
L'Inter au-dessus
Avec 49 points et 16 succès en 21 journées, l'Inter trône en tête de la Serie A avec six longueurs d'avance sur le Milan AC (qui compte un match de moins) et Naples, dix sur la Roma et la Juventus, piteusement battue hier à Cagliari. Bien décidés à reprendre le titre aux Napolitains, les hommes de Christian Chivu signent un parcours remarquable en championnat et continuent à afficher une régularité métronomique. Le derby de la Madonnina, prévu le 8 mars prochain à l'occasion de la 28 journée, pourrait bien décider en grande partie de l'identité du futur champion. En Champions League, les nerazzuri occupent la sixième place du classement avec 12 points, soit autant que le Real, Liverpool et l'Atletico, mais il leur faudra cravacher pour se maintenir parmi les huit premiers et éviter les barrages car les deux dernières rencontres leur réservent la réception d'Arsenal et un déplacement périlleux à Dortmund. Mais l'on connaît le savoir-faire des intéristes dans cette compétition, et il ne fera pas bon croiser leur route lors des prochains tours.
vendredi 16 janvier 2026
Pirlo, la classe à l'italienne
La carrière d'Andrea Pirlo faillit ne jamais vraiment décoller. Après sa formation et ses débuts professionnels sous les couleurs de Brescia, celui que l'on surnomme "le nouveau Baggio" pour son élégance et son toucher de balle rejoint l'Inter en 1998, à l'âge de 19 ans. Barré par des joueurs comme Baggio (justement) ou Djorkaeff, le petit prodige joue très peu sous le maillot nerazzuro, et se voit finalement prêté à la Reggina un an plus tard. Malgré des prestations correctes, Pirlo ne parvient pas à faire son trou à Milan et est envoyé à Brescia en 2001. Retour à la case départ. Celui qui vient de remporter l'Euro espoirs et de terminer meilleur buteur de la compétition ne réussit pas à s'imposer en club et son passage à l'Inter se solde par un échec. Lorsqu'il est vendu à l'autre club milanais à l'été 2001, on se pose beaucoup de questions en Italie sur sa capacité à se faire violence et exploiter un potentiel visible aux yeux de tous mais qui reste en sommeil. Et la lumière va venir de Carlo Ancelotti.
jeudi 15 janvier 2026
Real Madrid, le cycle infernal
On pouvait penser que Xabi Alonso avait toutes les qualités requises pour s'imposer sur le banc du Real: ancien joueur du club de 2009 à 2014 (une CL et une Liga remportée), il avait commencé sa carrière d'entraîneur en prenant en charge les Infantil A, l'équipe des moins de 14 ans du Real. On connaît la suite, surtout vous, fidèles et avisés lecteurs: la Real Sociedad B puis des résultats extraordinaires avec le Bayer Leverkusen, qu'il conduira au titre de champion en 2024 sans perdre un seul match de toute la saison en Bundesliga. Mais le Basque a eu le grand tort de vouloir instaurer une véritable méritocratie au sein de l'effectif et d'abolir les passe-droits, d'imposer des séances de tableau noir et d'essayer de renforcer le bagage tactique de ses joueurs et d'oser exiger de ses attaquants qu'ils participent au travail défensif. Il s'est lourdement trompé sur la véritable nature de l'équipe qu'il dirigeait, à savoir un agrégat d'individualités et d'egos surdimensionnés davantage qu'un véritable collectif dans lequel chacun accepte de faire les efforts pour les autres.
lundi 12 janvier 2026
Raphinha, l'homme fort du Barça
On a vraiment échappé au pire en septembre dernier lorsque le Ballon d'Or, récompense ô combien décrédibilisée mais toujours importante aux yeux du grand public, fut décerné à Dembélé et non à Lamine Yamal, la nouvelle idole des jeunes à peau à problèmes qui avait bénéficié d'une campagne monstrueuse sur les réseaux sociaux. Si la baballe dorée était revenue au gamin, non seulement on aurait remis le prestigieux prix à un joueur qui n'avait qu'une saison et demie dans les jambes, mais on n'aurait surtout pas honoré d'autres joueurs du Barça qui le méritaient autant sinon davantage, à savoir Pedri, génial maestro de l'orchestre catalan, Lewandowski, toujours performant et à la tête d'une œuvre colossale, et Raphinha, auteur d'une saison extraordinaire au sens premier du terme. Pas totalement ignoré, le Brésilien s'est classé cinquième derrière Vitinha et Salah mais devant Hakimi, Mbappé et Kane, mais certains estiment qu'il aurait été digne du trophée, à commencer par l'intéressé lui-même, qui a admis s'être senti lésé, ou des entraîneurs comme Diego Simeone.
dimanche 11 janvier 2026
Le réveil de l'Atalanta
Le début de saison de l'Atalanta Bergame avait été difficile, avec le départ de l'entraîneur historique Gasperini vers la Roma durant l'été, la perte du meilleur buteur de Serie A Mateo Retegui qui a fait le choix du cœur avec l'Arabie Saoudite , les états d'âme de Lookman qui voulait à tout prix quitter le club pour l'Inter, la blessure de Scamacca qui l'a éloigné des terrains pendant un mois et demi, deux résultats nuls face à Parme et Pise pour commencer et une rouste infligée par le PSG au Parc lors de la première journée de Champions League. Depuis, Scamacca est revenu sur les terrains et a planté à cinq reprises, Lookman, remarquable avec le Nigeria à la CAN, semble s'être mis la tête à l'endroit et avoir retrouvé son football et le discours de Palladino, ancien attaquant international qui officiait sur le banc de la Fiorentina la saison dernière, semble passer plus facilement auprès du groupe que celui de son prédécesseur Ivan Juric. Les résultats s'en ressentent, et même s'il sera difficile d'obtenir un strapontin pour la prochaine Champions League parmi le clan des cinq cadors, une place finale dans le premier tiers du classement paraît un objectif réalisable.
vendredi 9 janvier 2026
Premier League, un cru oubliable?
On s'attendait à une saison de feu en Premier League, avec le recrutement pharaonique de Liverpool, l'arrivée de Gyökeres à Arsenal, le titre de champion du monde des clubs remporté par Chelsea, les signatures de Kudus et Xavi Simons à Tottenham, les promesses qui entouraient la nouvelle connexion Cherki-Haaland, les progrès affichés par Bournemouth ou encore le mercato XXL du promu Sunderland. On espérait fébrilement un feu d'artifice de chocs dantesques semaine après semaine, un feuilleton passionnant comme jamais et à l'issue incertaine, une lutte de titans armés jusqu'aux dents prêts à en découdre sur toutes les pelouses du royaume. On pensait vivre une année véritablement exceptionnelle, farcie de beaux gestes, de scenari renversants et de rencontres d'une intensité folle. On fantasmait secrètement sur la ribambelle de régalades footballistiques au menu tel un fin gourmet s'installant à la table d'un restaurant étoilé. Or, après une vingtaine de journées, la déception est à la hauteur des espérances, et il semble bien que ce cru 2025-2026 ne soit pas franchement destiné à entrer dans la grande légende du jeu comme un millésime d'exception. Bien au contraire.
jeudi 8 janvier 2026
Igor Thiago, l'exception brésilienne
Il est vrai que les grands attaquants brésiliens, sans doute peu enclins à affronter les frimats du climat anglais, n'ont jamais fait de la Premier League leur terrain de jeu favori, préférant de loin, à l'image des Romario, Bebeto, Ronaldo, Anderson ou Rivaldo, enfiler les pions comme des perlouzes dans le championnat espagnol. Aucun joueur auriverde n'a passé la barre des cent buts dans le championnat anglais, et les cinq meilleurs buteurs brésiliens de l'histoire de la Premier League se nomment Firmino (82), Gabriel Jesus (77), Richarlison (71), Willian (47) et Coutinho (47). Il s'agit d'une véritable exception, puisque si l'on considère la liste de ceux qui ont franchi le seuil fatidique, on trouve, outre les Angliches évidemment, des Français (Henry, Anelka), des Néerlandais (Van Persie, Hasselbaink), un Argentin (Aguero), un Sud-Coréen (Heung-min Son), un Egyptien (Salah), un Irlandais (Keane), un Trinitéen (Yorke), un Belge (Lukaku), un Sénégalais (Mané), un Norvégien (Haaland), un Portugais (Ronaldo) et un Ivoirien (Drogba).
mardi 6 janvier 2026
Villareal, objectif podium
Les nostalgiques et connaisseurs se souviennent sans doute de l'épopée européenne de Villareal en 2005-2006, qui, avec les Riquelme, Forlan, Cazorla, Tacchinardi, Arruabarena et autres Senna, avait atteint le dernier carré de la Champions League après avoir fini en tête de son groupe puis sorti les Rangers et l'Inter avant d'échouer d'un rien devant Arsenal à se qualifier pour la finale. Curieusement, lorsqu'on évoque les cadors de la Liga, on songe immédiatement à l'immuable trio Barcelone-Real-Atletico, voire à l'Athletic Bilbao, au FC Séville ou à la Real Sociedad, mais on tend trop souvent à négliger le sous-marin jaune qui a pourtant décroché une belle cinquième place la saison dernière avec vingt succès et occupe actuellement une superbe troisième position avec le remarquable bilan de 38 points et 12 victoires en 17 journées. Les hommes de Marcelino ne se sont inclinés qu'à trois reprises sur la pelouse de l'Atletico, au Bernabeu et à domicile contre le Barça, devraient finir une nouvelle fois dans le top cinq et peuvent même viser une place sur le podium.
lundi 5 janvier 2026
Un OM surcoté
Alors que Roberto De Zerbi avait déclaré très humblement avant le coup d'envoi de la saison ne pas être la pour finir deuxième, l'OM occupe ce matin la troisième place du classement à huit points du leader lensois et sept du rival parisien. Ses hommes ont réussi l'exploit de s'incliner 2-0 au Vélodrome face à Nantes, qui n'avait remporté que deux matches et comptait le mirifique total de onze points après seize journées. Non contents de se montrer totalement indigents dans le jeu, les Phocéens ont totalement perdu les pédales, à l'image de Vermeeren, coupable d'un tacle inconsidéré et dangereux sur Lopes, et Nadir, qui a récolté deux cartons jaunes en trois minutes et laissé ses partenaires finir le match à neuf. Alors que les Canaris ne parvenaient pas à faire le break, ils ont eu droit à un petit coup de main de l'inévitable Pavard, auteur d'une faute sur Abline qui a offert le penalty décisif à Cabella, un ancien de la maison: difficile de faire pire comme bilan.
dimanche 4 janvier 2026
Sulc, l'homme providentiel
On savait que, sur le papier, l'OL disposait d'une solide charnière centrale, de bons latéraux, d'un milieu de terrain complet (même si, après quelques bonnes prestations, Tessmann a replongé et forcé Fonseca à installer Abner dans l'entre-jeu) et d'ailiers de qualité, avec Fofana notamment. On se demandait simplement qui allait bien pouvoir mettre la chique au fond pour concrétiser les mouvements offensifs de l'équipe, étant donné qu'on ne savait rien du niveau réel d'Afonso Moreira et que Satriano, désigné buteur en chef, plantait ces dernières saisons avec la même régularité métronomique que Marcus Thuram avec les Bleus. Le vieil et juste adage footballistique rappelle que sans un gardien décisif et un buteur efficace, il n'y a point d'ambitions possibles, et on ignorait tout du degré de compétence de Greif, sauf ceux qui frisent la monomanie et savaient qu'il avait grandement contribué à qualifier Majorque pour la finale de la Coupe du Roi en 2024. Bref, le doute subsistait à certains postes clé, et on se demandait de quel côté la saison lyonnaise allait bien pouvoir basculer.
samedi 3 janvier 2026
Di Maria, un héros très discret
Pour des raisons mystérieuses et inexplicables, le génial Angel Di Maria fait rarement partie de la discussion lorsqu'il s'agit d'évoquer les plus grands joueurs de l'histoire de l'Argentine et du 21ème siècle. On en fait (avec raison) des caisses sur Messi, qui malgré ses huit baballes dorées ne sera jamais l'égal de Maradona, ni sur le terrain, ni en dehors. On songe naturellement à Kempes, sombre héros d'un Mondial 78 ignoble, à Batistuta, insatiable goleador, à Ardiles, idole de Tottenham, à Redondo, joueur d'une élégance folle, à Crespo et ses statistiques dingues ou encore, pour les véritables esthètes, à Riquelme, le dieu vivant de la Bombonera. Mais Di Maria, probablement parce qu'il s'agissait d'un homme humble, modeste et qui n'a jamais cherché à tirer la couverture à lui, restera toujours dans l'ombre des légendes de l'Albiceleste, malgré une carrière aussi longue qu'exemplaire et un palmarès long comme le bras droit de Wembanyama.
vendredi 2 janvier 2026
82-86: la France qui gagne enfin
En 1970 et 1974, les Bleus, victimes d'un énorme creux générationnel, échouent à se qualifier pour le Mondial, après n'avoir pris qu'un seul point en 1966 en Angleterre avec Gondet, Herbin et Müller. Puis arrivent les Platini, Rocheteau, Lacombe, Bossis et Trésor. Le 16 novembre 1977, seize ans avant le cauchemar américain et Kostadinov, la France s'impose face à la Bulgarie au Parc grâce à des pions signés Rocheteau, Platoche et Dalger et s'assure de s'envoler pour l'Argentine (même si certains, comme l'ange vert, auront des scrupules à participer à la propagande du terrible régime de Videla). Porté en triomphe par ses joueurs, Hidalgo, nommé un an auparavant, a réussi son pari et remis la France sur la carte du football. Tombés dans un groupe très difficile, ses hommes s'inclinent face à l'Albiceleste (qui ne doit pas perdre) et l'Italie et sont éliminés au premier tour. Mais peu importe: la machine est lancée, la France s'est trouvée une équipe, un leader charismatique et un grand sélectionneur.
dimanche 28 décembre 2025
Villa ne blague pas
Incroyable mais vrai, comme disait Jacques Martin: grâce à son succès contre Chelsea (un Chelsea qui est peut-être, tout compte fait, un colosse aux pieds d'argile) à Stamford Bridge, Aston Villa vient d'enchaîner une onzième victoire toutes compétitions confondues, la huitième consécutive en Premier League (les victimes se nomment Bournemouth, Leeds, Wolverhampton, Brighton, Arsenal, West Ham, United et donc Chelsea). Très mal parti avec seulement quatre points pris lors des six premières journées, le club de Birmingham occupe ce matin la troisième place du classement avec sept unités d'avance sur Liverpool et dix sur les Blues et pointe à seulement une longueur de City et trois du leader Arsenal avant un choc entre les deux équipes à l'Emirates qui s'annonce explosif. L'imperméable défense des Gunners, toujours privée de Gabriel Magalhaes, résistera-t-elle à une attaque qui a trouvé le chemin des filets au moins une fois à quinze reprises lors des seize dernières journées? That is the question, pour reprendre les dires d'un fameux prince du Danemark (et on ne fait pas d'Hamlet sans casser des œufs, comme vous le savez, cher et fidèle lectorat).
mardi 23 décembre 2025
Les cigares d'or 2025
LPC sacrifie à la tradition en cette fin d'année qui est toujours l'heure des bilans et choisit de décerner ses prestigieux cigares d'or (un hommage à Hergé, quelque part entre "Le crabe aux pinces d'or" et "Les cigares du pharaon"), la plus prestigieuse récompense du football que le monde entier nous envie. Nous aurions volontiers donné notre onze européen de l'année, mais dans la mesure où au moins sept Parisiens y auraient figuré (plus Pedri, Haaland et Kane), nous ne voyions pas franchement l'intérêt de la chose. En avant Guingamp donc pour un petit coup d’œil dans le rétroviseur.
dimanche 21 décembre 2025
Sunderland, promu prometteur
Après sa victoire lors du derby du Tyne and Wear et un nul méritoire obtenu sur la pelouse de Brighton, Sunderland occupe ce matin une surprenante sixième place. Avec sept succès et 27 points au compteur, les hommes de Régis Le Bris ne pointent qu'à deux petites unités de grosses cylindrées comme Chelsea et Liverpool. Lors des cinq dernières journées, les Black Cats ont pris huit points, ne s'inclinant qu'à l'Etihad Stadium contre un City difficilement jouable en ce moment. A Brighton, ils étaient pourtant privés de cinq joueurs retenus par leurs sélections respectives pour la CAN: Chemsdine Talbi (Maroc), Noah Sadiki (RDC), Arthur Masuaku (RDC), Bertrand Traoré (Burkina Faso) et Reinildo Mandava (Mozambique). Mais l'entraîneur français du club peut s'appuyer sur un effectif particulièrement complet et étoffé et se permettre de faire rentrer un joueur comme Habib Diarra, acheté 36 millions et ancien capitaine du RC Strasbourg, à l'heure de jeu, ou d'envoyer Wilson Isidor sur le pré à vingt minutes du terme.
jeudi 18 décembre 2025
Nantes, le chaos organisé
L'inénarrable Waldemar Kita avait déclaré avant le coup d'envoi de la saison qu'il serait criminel de ne pas laisser de temps à Luis Castro et qu'il allait falloir se montrer patient avec le technicien portugais. Recruté pour ses bons résultats obtenus avec Dunkerque et la qualité du football pratiquée par son équipe en Ligue 2, le natif de Guimaraes a pris la lourde après à peine quatre mois et payé le bilan catastrophique du FC Nantes (onze points en seize journées et deux petits succès seulement). C'est le même refrain désormais bien connu tous les ans: on installe un technicien prometteur aux manettes (Gourvennec, Aristouy, Gourcuff, Conceiçao), on panique au haut lieu devant la situation au classement et on fait appel à Kombouré ou Der Zakarian pour jouer les pompiers de service et assurer le maintien de justesse. Il n'existe aucun projet, aucune cohérence sportive, aucune vision à long terme. Cette fois-ci, c'est Ahmed Kantari, ancien international marocain et ex-adjoint de Kombouaré, qui s'y colle. Et nous lui souhaitons bien du courage.
dimanche 14 décembre 2025
Le Paris FC en glissade
On s'attendait à ce que, avec le recrutement de joueurs confirmés comme Simon et Lees-Melou et les moyens indécents de la famille Arnault, le Paris FC ne soit pas tout à fait un promu comme les autres. Qu'il se maintienne aisément, finisse dans le ventre mou du classement pour sa première saison dans l'élite avant de sortir l'artillerie lourde lors du mercato estival suivant pour jouer les premiers rôles dans l'hexagone. Or, à mi-saison, les pensionnaires de Jean Bouin n'occupent que la quatorzième place du classement avec seulement une unité d'avance sur le HAC et trois sur le barragiste auxerrois, deux formations qui n'ont pas encore joué à l'occasion de la seizième journée. Les hommes de Stéphane Gili n'ont pris que deux malheureux points sur les cinq dernières journées et viennent de prendre une véritable rouste contre le TFC à domicile, une contre-performance qui donne une toute autre couleur à leur première moitié d'exercice. Les voilà désormais engagés dans une lutte pour leur survie, alors que le club s'appuie sur le quatrième budget de Ligue 1(130 millions d'euros, soit quatre à cinq fois plus que des équipes comme Auxerre, Le Havre, Angers ou Metz).
lundi 8 décembre 2025
Le Barça sur un fil
Après son succès sur la pelouse du Betis et la réjouissante défaite à domicile d'un Real catastrophique face au Celta Vigo, le Barça occupe ce matin la première place de la Liga avec quatre unités d'avance sur son rival historique. Depuis sa défaite au Bernabeu fin octobre, la formation catalane a repris huit points aux partenaires de Mbappé, l'homme qui cache la misère et les problèmes structurels mais ne gagnera probablement encore rien avec son club cette saison. En outre, ce sera au tour des hommes d'Hansi Flick, qui possèdent accessoirement une bien meilleure différence de buts, de recevoir les merengue au Camp Nou lors de la phase retour. Les blaugrana semblent donc se diriger tout droit vers un nouveau sacre qui serait le troisième en quatre saisons et validerait l'idée d'une main-mise barcelonaise sur le championnat, une dizaine d'années après la fin de l'ère Xavi-Iniesta-Busquets (rappelons que depuis 2005 et la disparition des radars du FC Valence, seul l'Atletico est parvenu par deux fois à briser l'hégémonie des deux géants du football espagnol).
lundi 1 décembre 2025
La menace Chelsea
Quand on achète une centaine de joueurs en trois ans (nous exagérons à peine, pas le genre de la maison) et qu'on place un entraîneur compétent sur le banc, un noyau d'éléments compétitifs et un onze type finissent forcément par se dégager: c'est ce qui est arrivé à Chelsea, qui possédait encore la bagatelle de 43 joueurs sous contrat fin juillet et a fait signer une dizaine de jeunes talents lors du dernier mercato estival (Joao Pedro, Gittens, Garnacho, Estevao, Hato, Delap, Essugo, sans oublier Sarr et Paez, immédiatement prêtés à Strasbourg). On estime que le club a claqué pas loin de deux milliards d'euros sur les quatre dernières années et depuis l'arrivée aux commandes de Todd Boehly, homme d'affaires américain également copropriétaire des Lakers et des Dodgers. Chelsea s'est montré tellement actif sur le marché qu'on en vient à oublier la présence de certains éléments dans l'effectif. Qui se souvient par exemple que Disasi et Sterling sont toujours des joueurs de Chelsea, sans parler de Mudryk, recruté pour plus de cent millions et actuellement suspendu pour dopage?
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